Archives par mot-clé : ivoire

Cameroun : 106 défenses d’éléphants saisies à Yen

Une cargaison de 106 pointes d’ivoire d’éléphants a été saisie par les écogardes de la Réserve de la Biosphère de Dja. Trois individus en possession de ces défenses d’éléphants enfouies dans le coffre d’une vielle voiture ont été appréhendés dans le nuit du 03 au 04 mai 2018, dans la localité de Yen sur l’axe Djoum-Oveng, Région du Sud. 

Pointes d’ivoire saisies à Yen (Crédit photo, droit tierce)

Dans un communiqué émis par le Ministère des Forêts et de la Faune du Cameroun, le Gouvernement a réaffirmé sa ferme détermination à poursuivre le combat contre la criminalité faunique sous toutes ses formes.

A en croire ce communiqué, une procédure sera engagée pour traduire les contrevenants devant les tribunaux conformément à la réglementation en vigueur.

Notons par ailleurs que le Cameroun est considéré comme une plaque tournante du trafic illégal d’ivoire, qui menace la survie des éléphants d’Afrique Centrale. Plusieurs coup de filet sont souvent lancé pour décourager les contrebandiers qui exerce dans cette zone géographique.

Nelphie MIE

 

 

Conservation : Deux pointes d’ivoires saisis à Kinshasa

La police nationale congolaise, Commissariat provinciale de Kinshasa a arrêté deux trafiquants d’ivoires, ce lundi 26 mars, à Kinshasa. Lors de cette opération menée en collaboration avec l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature), deux pointes d’ivoires et une queue d’éléphant dissimulés dans un sac, ont été saisis. 

Les présumés trafiquants arrêtés pour la détention d’une espèce intégralement protégée ont été auditionnées le même jour au commissariat Provincial de la ville de Kinshasa. Ils devront comparaitre devant la justice congolaise, et ils risquent une peine allant d’un an à 10 ans de prison et d’une amande de cinq à vingt millions de francs congolais, conformément à la loi n°14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.

Cette opération coup de poing a été rendue possible grâce à la collaboration entre la Police, l’ICCN et les autorités judiciaire de la ville de Kinshasa avec l’aide de WWF et de l’USAID.

BIATI BONGONGO Youvanie

Conservation : une quantité importante d’ivoire d’éléphant saisie en RDC entre Janvier et Mars 2018

Au total 3 saisies d’ivoire d’éléphant ont été réalisées en RDC entre Janvier et Mars 2018 par l’ICCN et ses partenaires, avec le concours de la Police nationale congolaise et des services douanières de la République démocratique du Congo.

Des objets en ivoire exposés sur un étalage au marché Bikeko à Kinshasa. (Photo, droit tierce)

Après la fermeture du célèbre marché Bikeko à Kinshasa en avril 2017, et des actions conséquentes des deux années précédentes, les autorités congolaises, ont continué à maintenir les efforts afin d’éradiquer le commerce de l’ivoire d’éléphant dans le pays. Continuer la lecture de Conservation : une quantité importante d’ivoire d’éléphant saisie en RDC entre Janvier et Mars 2018

Conservation : après la Chine, Hong-Kong abolit à son tour le commerce de l’ivoire

Quelques mois après l’interdiction totales par la Chine des ventes d’ivoire, entrée en vigueur en 2017, Hong Kong a à son tour tourné le dos au commerce de l’ivoire. Les députés hongkongais ont voté mercredi dernier en faveur de l’interdiction progressive des ventes de cet or blanc. Une décision bien accueillie par les défenseurs de l’environnement qui déploraient le rôle que jouait cette région de la Chine considérée comme une plaque tournante de la contrebande de l’ivoire, responsable de la décimation des populations d’éléphants d’Afrique.

C’est à une large majorité que se sont exprimés les députés de cette ancienne colonie Britannique revenue en 1997 dans le giron de la Chine, pour cette interdiction qui entrera en vigueur en 2021.

Hong-Kong a toujours été au cœur des ténèbres pour ce qui est du commerce d’ivoire avec 6700 tonnes de stocks lorsque le commerce international avait été interdit en 1989. Cette mesure visant à interdire le trafic d’ivoire sur son sol pourrait dissiper l’animosité que nourrissent beaucoup d’organisations de défenses des animaux, contre Hong Kong.

Pour beaucoup des défenseurs de l’environnement, fermer ce marché massif va fournir une possibilité de survie aux éléphants.

«  Aujourd’hui est un grand jour pour les éléphants », a déclaré Alex Hoffard du groupe WildAid Hong Kong.

En juillet, les autorités hongkongaises avaient annoncé la plus importante saisie d’ivoire en trois décennies, après la découverte de plus de sept tonnes d’ivoire d’une valeur estimée à plus de sept millions d’euros.

Durant les mois précédant le vote, les députés ont entendu des récits de meurtres et de souffrances, de gardiens de parcs africains tués par balles ou noyés en tentant de protéger les animaux.

L’ivoire africain est très recherché en Chine. Sa vente a pu atteindre 1.100 euros le kilo. L’ivoire est considéré comme un symbole de statut social élevé. La forte demande du pays a alimenté le massacre de dizaines de milliers de pachydermes africains par an.

A en croire l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), la population des éléphants d’Afrique a enregistré ces dix dernières années sa plus importante baisse depuis un quart de siècle. Le compte ne dénombre à ce jour que 415.000 têtes, soit 111.000 moins que lors de la dernière décennie, s’alarme l’UICN.

Thierry-Paul KALONJI

Conservation : Les marchés domestiques de l’ivoire disparaissent de plus en plus en Afrique centrale

Une étude complète sur le commerce illégal d’ivoire dans cinq pays d’Afrique centrale vient d’être publiée, après près de 20 ans d’enquêtes sur terrain.
Réalisé par TRAFFIC, ce rapport dont Environews RDC s’est procuré une copie, présente les résultats des investigations sur les marchés d’ivoire dans les principales villes de cinq pays d’Afrique centrale ( Cameroun, République démocratique du Congo, Congo, République centrafricaine et le Gabon), en 2007, 2009 et 2014 et 2015.

D’après les résultats de cette enquête, l’Afrique centrale a été au cours de ces dernières années l’une des principales sources d’approvisionnement illégal en ivoire du commerce national d’ivoire non réglementé dans les pays de la sous-région, dans toute l’Afrique de l’Ouest et dans les destinations étrangères, en particulier en Asie.

La grande révélation de ce rapport est qu’en Afrique centrale, les marchés domestiques ouverts d’ivoire disparaissent principalement en raison des efforts d’application de la loi et de la concurrence avec les réseaux criminels souterrains. A leur place, un commerce international sophistiqué s’installe, favorisé par un haut niveau de corruption et une faible gouvernance.

Si la législation actuelle interdit le commerce domestique de l’ivoire dans tous les pays d’Afrique centrale, à l’exception du Cameroun, le rapport souligne cependant que l’interprétation de la loi dans chaque pays est vague et ambiguë, non seulement de la part des autorités chargées de l’application de la loi, mais aussi de nombreux autres acteurs. La corruption reste donc un véritable frein au respect de l’interdiction de ce commerce.

Tout au long de ces investigations, les recherches de terrain ont montré que les marchés ouverts à la vente illégale d’ivoire en Afrique centrale disparaissent ou deviennent souterrains, souvent face à la pression croissante des autorités qui mènent des opérations fréquentes d’application de la loi.

Les enquêteurs de TRAFFIC ont enregistré moins de 1 kg de produits en ivoire exposés publiquement en 2014/2015 en RDC, au Congo, au Gabon et Cameroun, contre environ 400 kg en 2007 et plus de 900 kg en 1999 parmi les quatre pays.

Le marché de l’ivoire à Kinshasa, en RDC reste la seule exception, avec plus de 400 kg de produits en ivoire enregistrés en 2015. Cependant le pays s’est récemment engagé à renforcer l’application de la loi contre le marché illégal de l’ivoire à Kinshasa, une étape importante soutenue par TRAFFIC et WWF.

Des actions doivent donc être prises sur l’ensemble de la chaine commerciale, dans les pays sources d’Afrique centrale (lutte contre le braconnage, les marchés noirs et la corruption, renforcement de la gouvernance..), aux niveaux régional et international pour lutter contre les organisations criminelles liées à la faune sauvage, et dans les pays consommateurs en Asie pour réduire la demande. Recommande cette étude.
Thierry-Paul KALONJI

Goma : Condamnation de deux trafiquants d’ivoire et autres spécimens protégés

Le Parquet de Grande instance de Goma (Nord-Kivu), a condamné à 3 ans et 2 ans de prison ferme, deux commerçants d’ivoire et autres produits de faunes interdits par la loi congolaise. Le verdict est tombé ce lundi 14 août 2017.

Monsieur Muhindo Paluku et Jérôme Kasereka, ont été condamnés respectivement à 3 ans et 2 ans de prison. Le premier devra en plus, payer une amende de 1,5 millions de Francs congolais, pour trafic des spécimens protégés. Le second doit également verser une amende de 1 millions de Francs congolais pour complicité.

Les deux trafiquants ont été interpellés à Goma au mois de juins dernier lors d’une opération coup de poing organisée par l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), en collaboration avec la Police nationale congolaise (PNC). Au cours de cette opération, 24 Kg d’ivoire d’éléphant, de dents d’hippopotame et 2 peaux de léopards, dont l’une récente et fraiche ont été saisis.

Dans une communication faite à ce sujet, TRAFFIC – RDC se félicite de l’aboutissement de ce procès, et réitère ses félicitations aux autorités provinciales ainsi qu’à celle de l’ICCN, de la Justice et de la PNC pour leurs efforts dans la lutte contre la criminalité faunique in et ex situ.

 

Alfred NTUMBA

Afrique : Incinérer l’ivoire, solution miracle pour sauver l’éléphant ?

Si la question ne se pose pas encore sur la place publique, cependant, elle vaut son pesant d’or, dans la mesure où depuis quelques décennies, le continent africain est secoué par une vague d’incinération de l’or blanc. Cette pratique est soutenue par certains experts qui pensent que « l’ivoire n’a de place que sur l’éléphant ». Paradoxalement, face à la situation dramatique de l’éléphant africain, le remède miracle ne semble pas porter les vertus lui dévolues.

Incinération de l’ivoire au Kenya en 2016 (photo droit tierce)

Depuis 1989, la vague d’incinération de l’ivoire s’est propagé à travers les pays d’Afrique. En 2016, le Cameroun et le Kenya ont brulé l’ensemble de leurs réserves nationales en ivoire. Pour le Kenya, Il s’agit de la plus grande incinération d’or blanc organisé en Afrique. Au total 105 tonnes soit 5 % du stock mondial d’ivoire, estimés à plus de 200 millions de dollars américains, sont partis en fumée dans un braisier qui avait brulé pendant plusieurs jours.

Le président Kenyan, Uhuru Kenyatta qui a donné le premier coup de torche, a appelé à « l’interdiction totale du commerce de l’ivoire ». Car avait il insisté, « la survie des éléphants ne sera jamais assurée tant qu’une demande existe ».
Avant le Kenya et le Cameroun, la Zambie, le Denver, la France, la Malaisie et la République du Congo, et tant d’autres pays du monde s’étaient inscrits dans cette logique.

La République démocratique du Congo s’apprête elle aussi à incinérer son stock d’ivoire, avait annoncé le Directeur général de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN), Pasteur Cosma Wilungula.

Plus de deux décennies après ce mouvement d’incinération, qui hante encore le milieu de la conservation en Afrique et dans le monde, l’heure n’est-elle pas arrivée pour s’arrêter un moment et faire le bilan de toutes ces actions qui font perdre à l’Afrique plusieurs milliards de dollars ?

D’aucun pense que ce geste loin d’être dépourvu de sens, nécessite davantage d’être accompagné par des stratégies efficientes et efficaces de lutte anti braconnage, et des mesures draconiennes susceptibles de décourager les trafiquants qui œuvrent sous la bénédiction de certaines autorités locales et de communautés.

L’ivoire et les guerres en Afrique


Après le diamant du Sierra Léone, le pétrole de l’Angola et le coltan de la RDC, l’ivoire semble être la nouvelle ressource dont l’exploitation est nourrie par les guerres en Afrique.

Puissant et rentable, le commerce illicite de l’ivoire génère aux trafiquants 3 milliards de dollars américains chaque année. Quoi de plus normal que ce business florissant puisse attiser l’appétit de contrebandiers.

Des rebellions armées comme, l’Armée de Résistance du Seigneur (LRA), qui opère activement dans la partie allant du sud de l’Ouganda jusqu’au Nord – Est de la République Démocratique du Congo, les milices somaliennes (les Shebab et les Janjawid) au Darfour se financent en partie grâce à ce trafic.

Ces ivoires moissonnées en Afrique, finissent leur course dans certains pays asiatiques notamment la Chine, en tête avec une demande estimée à 70%, suivie de la Thaïlande et du Japon.

Souvent condamnée à tord et à raison, la Chine ne  cache pas sa volonté politique de combattre le trafic de l’ivoire sur son sol. Au cours de cette année 2017, le pays a pris la ferme décision de fermer son marché intérieur de l’ivoire. Une mesure qui a conduit à la fermeture de plusieurs ateliers de fabrications artisanales d’objets en ivoire.

Si cette mesure a été saluée par plusieurs, cependant, de l’avis des experts,  elle pourrait aussi favoriser la prolifération des marchés clandestins qui deviendraient  par la suite une épine dorsale dans la lutte contre le braconnage.

En 2013, la Convention sur le commerce International des Espèces de Faunes et de la Flore (CITES), sur base de résultats obtenus grâce à l’analyse et l’interprétation des saisies des produits d’éléphants et d’autres données d’informations sur le commerce de la faune au moyen du système d’ETIS, a identifié huit pays les plus fortement impliqués dans la chaine du commerce illégale de l’ivoire. En tant que pays d’origine, de transit ou de destination de l’ivoire à savoir, Kenya, Tanzanie, Ouganda, Malaisie, Philippine, Chine, Thaïlande et Vietnam.

Une brèche ouverte par la CITES 

La seule mesure efficace de conservation qui a mis fin pendant huit ans à ce trafic a été l’interdiction du commerce d’ivoire en 1989, lorsque 70.000 éléphants étaient tués chaque année et que la moitié de la population avaient été décimée pendant la décennie précédente pour passer de 1,3 millions à 640.000.

Cette mesure a été en partie levée en 1997 sous la pression du Japon, ouvrant ainsi la voie au braconnage des éléphants. Ces activités se sont nettement accélérées suite à l’autorisation en 2008 par la CITES, de la vente d’ivoires au Japon et à la Chine, par trois pays d’Afrique subsaharienne à savoir le Botshuana, la Zimbabwe et la Namibie.

L’année 2011 reste marquée par un regain du trafic de l’ivoire des éléphants d’Afrique. 38,8 tonnes d’ivoire d’ivoires ont été saisi par les douanes dans le monde ce qui représente près de 4000 éléphants abattus.

Le trafic illégal d’ivoire qui menace la survie des éléphants en Afrique est concentrée géographiquement sur deux régions du continent. Une étude publiée l’année dernière par une équipe de chercheurs de l’université de Washington démontre que 85% d’ivoires des éléphants de forets interceptés entre 2006 et 2014 venaient d’une zone protégée s’étendant entre le Cameroun, le Congo et le Gabon. Et plus de 85% de l’ivoire d’éléphants de savane provenaient de l’Est du continent, surtout de la Tanzanie.

Ce crime transnational formé des réseaux sophistiqués et groupes criminels experts dans la contrebande est commandité en dehors de l’Afrique, mais avec la complicité d’une main d’œuvre locale.

L’Afrique qui voit ses populations d’éléphants connaitre un déclin, doit prendre cette menace à bras le corps, en mettant en place des mesures et stratégies efficaces de lutte contre le braconnage de l’éléphant.

Pour rappel, chaque année, entre 25.000 et 30.000 éléphants sont tués en Afrique sur une population restante estimée à 450.000 éléphants sur l’ensemble du continents. Plus de 75% d’éléphants d’Afrique ont été braconnés depuis le début du 21ème siècle. Des chiffres qui en disent trop sur la menace grandissante qui pèse sur ce pachyderme, considéré comme le plus grand jardinier de la forêt.

Si rien n’est fait, d’ici dix and, l’extinction de l’éléphant d’Afrique pourrait l’emporter.
Alfred NTUMBA

Conservation : un important lot d’Ivoire d’éléphant et des peaux de léopards saisis à Goma

24 Kg d’ivoire d’éléphant, de dents d’hippopotames et 2 peaux de léopards (dont l’une est récente et encore fraiche), ont été saisi à Goma, ce samedi 24 juin, par les autorités provinciales de l’Institut congolais pour le Conservation de la nature (ICCN), avec l’appui de la police judiciaire de la province du Nord-Kivu.

Cette deuxième opération coup de poing a été menée dans le quartier Kahembe, précisément au parking des camions des fousso [ndlr : mot utilisé par les trafiquants, qui désigne sacs]. Deux personnes ont été arrêtées lors de cette opération. Les prévenus seront transférés ce lundi 26 juin, aux instances compétentes pour l’instruction du dossier.

Selon les sources policières, les colis saisis à Goma, provenaient  de la ville de Ishasha dans le territoire de Rutshuru. Le spécimens seront remis à l’ICCN pour leur garde. Cette opérations intervient après  celle lancée  en septembre 2106. Les organisations de  lutte anti braconnage basées dans cette province se félicitent de cette action, et entendent sensibiliser davantage les autorités qui interviennent dans la chaîne de l’application de la loi pour plus d’efficacité, ainsi qu’à celles de l’ICCN, de la Justice et de la PNC pour leurs efforts dans la lutte contre la criminalité faunique in et ex situ.

 

Alfred NTUMBA

Chine : fin du commerce et du travail artisanal d’ivoire

D’ici à fin 2017, la Chine aura mis fin au commerce et au travail artisanal des objets en ivoire, selon le quotidien officiel Renmin Ribao. C’est ce qu’annonce une circulaire gouvernementale émise le 1er janvier pour protéger les éléphants menacés et combattre le trafic. Les 34 ateliers et 143 points de vente seront progressivement fermés.

Dessin de hachfeld

Néanmoins, afin de préserver la technique ancienne de la sculpture, le ministère de la Culture encouragera leur transmission dans des musées, sur des matériaux alternatifs. Les matières premières déjà acquises pourront continuer à être utilisées sans profits

Alfred NTUMBA