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Climat: les îles Fidji organiseront la COP23 en 2017

Les îles Fidji seront les organisateurs de la 23e conférence de l’Onu sur le climat, qui devrait exceptionnellement avoir lieu à Bonn (Allemagne) fin 2017, ont annoncé vendredi la présidence marocaine de la COP22 et les autorités fidjiennes.

fidjiLa COP23 se déroulera en Allemagne pour des raisons logistiques, l’archipel du Pacifique n’étant pas en mesure d’accueillir 15 à 20.000 personnes sur un seul site et de les loger à proximité.

Bonn est le siège du siège de la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC), sous l’égide de laquelle se déroulent les négociations internationales entre plus de 190 pays.

« C’est une grande responsabilité pour un petit Etat insulaire », a déclaré à la presse Frank Bainimarama, le Premier ministre fidjien, au dernier jour de la COP22 à Marrakech.

En tant que « petit Etat insulaire du Pacifique, nous avons besoin de montrer au monde les problèmes que nous traversons », a poursuivi le responsable fidjien, en faisant le lien entre « changement climatique et développement ».

A ses côtés, Salaheddine Mezouar, le président de la COP22, a souligné que c’était « la première fois qu’un petit Etat insulaire, un Etat du Pacifique organise une COP ».

Fidji « trouvera auprès du Maroc toute l’assistance et le soutien nécessaires pour faire en sorte que la COP23 soit à la hauteur de toutes les attentes » et puisse « poursuive la dynamique de Marrakech pour orienter les COP vers l’action et la mise en œuvre concrète de l’accord de Paris », a-t-il assuré.

Les petits Etats insulaires sont particulièrement exposés aux conséquences du changement climatique comme la hausse du niveau des océans et l’accentuation de certains phénomènes météorologiques extrêmes.

La COP22, qui a tenté de progresser dans l’application de l’accord de Paris scellé il y a moins d’un an, doit clore ses travaux vendredi.

L’aide financière aux pays en développement pour s’orienter vers un modèle sans énergies fossiles, en particulier le charbon, et pour se protéger des impacts du réchauffement (sécheresses, inondations, hausse du niveau des océans, etc.) était encore vendredi au coeur des discussions.

Dans l’accord de Paris, la communauté internationale s’est fixée comme objectif de contenir la hausse du thermomètre mondial « bien en dessous 2°C » et de revoir à la hausse les engagements des pays, actuellement insuffisants pour respecter cette limite préconisée par les scientifiques.

© AFP

Ce qu’il faut retenir de la COP22

Les quelque 200 pays réunis à Marrakech à la COP22 se sont mis d’accord vendredi 18 novembre aux alentours de minuit pour mettre au point d’ici à décembre 2018 les règles d’application de l’accord sur le climat conclu l’an dernier à Paris. Entre déception et avancées, RFI dresse le bilan de cette conférence sur le climat à l’issue de deux semaines de discussions sur le réchauffement climatique.

Une détermination à aller de l’avant pour relever le défi climatique

La fin de cette COP22, sous présidence marocaine, sonne aussi la fin du mandat de Laurence Tubiana en tant que championne du climat pour les Nations unies. « Le premier message très important est le fait que tous les pays se soient mis d’accord sur une proclamation de soutien à l’accord de Paris », souligne celle qui fut l’une des artisanes de l’accord sur le climat signé à Paris l’an dernier.

« Evidemment, les aléas politiques font peser des incertitudes sur les positions de tel ou tel pays, mais voilà il y a 195 pays qui ont dit ‘’nous, on continu’’. Et puis ça a été accompagné de déclarations de beaucoup d’entreprises, d’abord à Marrakech, mais aussi plus généralement d’entreprises mondiales. Je crois que les villes et les régions ont aussi réaffirmé leur soutien à l’accord de Paris », précise l’experte avant de nuancer : « Je ne vais pas vous faire non plus une image rose, on est très en retard. C’est une lutte qu’on a commencée. »

A la tribune de la COP22, le 17 novembre 2016 à Marrakech (Maroc).REUTERS/Stringer

Un bilan mitigé pour l’Afrique

Le Maroc a tenu sa promesse : placer au cœur des débats des sujets qui préoccupent l’Afrique.Mais dans les faits, les avancées sont assez maigres.

Sur la finance par exemple, le continent africain espérait plus d’argent pour financer des projets d’adaptation comme des constructions de digues, des surélévations d’habitats rendus nécessaires par les changements climatiques. Autre déception : l’agriculture, qu’il faut aider à se réformer. Il en a été question, mais faute de consensus, les discussions ont été repoussées à l’an prochain.

Finalement, la principale avancée reste la mise en place d’une feuille de route pour les années à venir et la promesse d’accélérer le rythme. Des points d’étape sont prévus pour vérifier que la conformité des Etats vis-à-vis de leurs engagements et que dès 2018, les pays développés revoient leurs promesses à la hausse.

Une COP22 de l’action, vraiment ?

« La COP22, c’est une opportunité manquée, une opportunité pour les Etats de montrer qu’ils sont prêts à faire plus, plus loin, plus ambitieusement et plus concrètement pour l’action climatique, et qu’ils sont aussi prêts à mettre en place une solidarité envers les pays les plus vulnérables. C’est quelque chose qu’on n’a pas réussi à voir dans cette COP qui devait être la COP de l’action et la COP africaine », déplore Lucile Dufour, membre du Réseau action climat.

Et d’ajouter : « On avance, mais on avance lentement. On se met d’accord pour régler tous les détails et les règles de l’accord de Paris d’ici à 2018. Maintenant on attend des pays qu’ils soient plus ambitieux et beaucoup plus concrets dans leurs annonces et puis aussi au niveau national qu’ils aillent plus loin. »

Pour l’experte, « des initiatives concrètes » ont en revanche été faites « sur les côtés des négociations », citant l’exemple de l’initiative africaine sur les énergies renouvelables. Lucile Dufour regrette au passage que ces projets ne soient pas « portés par les Etats ».

Des ONG réclament « des actions concrètes »

Les activistes climatiques rassemblés pendant ces deux semaines à l’espace autonome dans une université en marge de la COP ont publié leur appel : la déclaration de Marrakech. Et pour cause : ils estiment que les avancements de la COP sont loin d’être suffisants.

« Nous, mouvements sociaux, marocains, maghrébins, africains et internationaux rassemblés à Marrakech réaffirmons notre détermination à défendre la justice climatique et à agir pour maintenir le réchauffement climatique sous la barre de 1,5° », peut-on lire. Même si le ton est solennel, le message est vif : « Zéro fossile, 100% renouvelable, c’est notre lutte, c’est notre horizon », affirme Nicolas Haeringer de l’ONG 350.org.

Pour les signataires de cette déclaration, la vraie mobilisation se passe en dehors de la conférence. « La COP a cette capacité à produire une sorte d’abstraction, on parle d’un problème extrêmement concret pour des millions, des centaines de millions de personnes comme si c’était quelque chose de très abstrait et sans conséquence dramatique. Nous, on va dans les COP pour faire un petit pas de côté et ramener dans les négociations les questions qui ne sont pas traitées », poursuit Nicolas Haeringer.

Avec la Rfi