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Forêt : des scientifiques visitent les tourbières récemment découvertes en RDC

 Greenpeace Afrique organise du  27 au 29 octobre, une  expédition au village Lokolama, situé à près de 45 kilomètres de Mbandaka, Chef-lieu de l’ancienne province de l’Equateur. Les scientifiques, les autorités nationales, accompagnés de médias nationaux et internationaux  se rendrons dans les tourbières des forêts du Bassin du Congo  pour comprendre leur importance dans la lutte contre les effets des  changements climatiques.

Au cours de cette expédition, les scientifiques qui ont récemment découvert ces tourbières, vont continuer leur recherche et  mesurer la profondeur ainsi que le potentiel que ces gigantesques espaces renferment.

Selon les organisateurs, l’objectif de cette expédition est de montrer l’existence des tourbières dans les forêts intactes de la République Démocratique du Congo. Il s’agit surtout de montrer l’importance de ces tourbières dans la régulation du climat grâce leur grande capacité de stockage du dioxyde de carbone.

Les scientifiques auront donc l’opportunité d’expliquer aux journalistes et aux représentants du secteur forestier, l’importance de protéger les forêts du bassin du Congo et de conserver les zones de tourbières, précise le communiqué.

Après l’expédition, une journée d’échanges sera organisée sur le navire Esperanza avec les décideurs politiques, les scientifiques et les médias, afin de montrer les résultats de cette expédition et de discuter des solutions de conservation à mettre en oeuvre avec les communautés. Ensuite, certains participants vont raconter cette découverte cruciale dans la lutte contre le changement climatique à la COP23 à Bonn, à partir du 6 novembre, informent les organisateurs.

Cette expédition dans les tourbières s’inscrit dans cadre de la campagne “Donne une chance aux forêts du bassin du Congo” initiée par Greenpeace Afrique du 13 octobre au 10  novembre 2017 au Cameroun, en RDC et au Congo-Brazzavillle. Elle est appuyée par la présence du navire Esperanza, le plus grand navire de la flotte de Greenpeace, dans les eaux de la RDC depuis le 24 octobre 2017.

 

Alfred NTUMBA

 

Biodiversité : deux commerçants interpelés à Mbadaka pour détention illégale d’un crocodile

Deux commerçants ont été interpelés à Mbandaka, le vendredi 04 août 2017, par les éléments de la Police nationale congolaise (PNC) en collaboration avec l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN). Il leur est reproché, la détention illégale d’un crocodile vivant (Faux-gavial d’Afrique). Le dossier se trouve actuellement au niveau du Parquet de Grande Instance de Mbandaka.

L’origine de ce crocodile, sa taille et le lieu de sa capture n’ont pas été révélés. Les présumés commerçants seront jugés conformément à l’Arrêté interministériel n° 03/CAB/MIN/ECN-EF/2006 et n°099/CAB/MIN/FINANCES/2006 du 13 juin 2006 portant fixation des taux des droits, taxes et redevances à percevoir, en matière de faune et de flore, à l’initiative du Ministre de l’Environnement, Conservation de la Nature, Eaux et Forêts, et la Loi n° 82-002 du 28 mai 1982 portant réglementation de la chasse. Affirment des sources judiciaires.

Pour rappel, le Crocodile du Nil de moins de 1,50m (Crocodile niloticus), et le Crocodile à museau étroit ou faux Gavial de moins de 1,50m (Crocodulus cataphractus), sont intégralement protégés.

Tandis que, le Crocodile à nuque cuirassée de plus de 0,50 m de longueur (Osteolaemus tetraspis), le Crocodiles du Nil de plus de 1,50m (Crocodiles niloticus), et le Crocodile à museau étroit ou faux gavial de plus de 1,50m (Crocodiles cataphractus), sont partiellement protégés.

NB : Il faut noter que le niveau de protection de ces espèces dépend de leur taille (ainsi en cas de doute il faut les mesurer). Mais dans tous les cas, elles sont protégées soit totalement, soit partiellement.
Alfred NTUMBA

Ressources naturelles : quand la RDC fait la chasse aux sorciers

Un réalisateur français et l’un des employés non congolais travaillant pour Greenpeace se sont vus expulsés du sol congolais, malgré toutes les autorisations nécessaires et l’accréditation officielle délivrés par le Ministère de Communication et Média de la République démocratique du Congo. C’est ce qu’annonce un communiqué de Greenpeace publié ce mercredi, 01 mars 2017 à Kinshasa.

Le réalisateur et l’équipe qui l’accompagnait, se trouvaient dans la Province de l’Equateur où ils filmaient le quotidien des communautés locale dans la zone d’Imbongo, près de la concession forestière des Etablissements MOTEMA, appartenant à l’Amiral Baudouin Liwanga Mata, précise ce communiqué.
« Ils étaient présent légalement dans le pays. Leur expulsion est une nouvelle inquiétante de la manière dont certains officiels congolais essaient de limiter le rôle des medias et de la société civile dans le pays, pour protéger notamment les intérêts de grandes entreprises », a dénoncé Irène Wabiwa Betoko, Responsable de la campagne forêt à Greenpeace Afrique.

Le réalisateur ainsi que l’employé de Greenpeace dont les noms n’ont pas été révélés aux medias, ont été arrêté le vendredi 17 février dans leur lieu de tournage, et acheminé à Mbandaka, Chef- lieu de la Province de l’Equateur où leur matériel vidéo et passeport ont été confisqué. « Personne n’a été placé en détention. Le réalisateur a été interrogé par les autorités de la Direction générale de Migration (DGM), avant que lui et l’équipe qui l’accompagnait soit renvoyé à Kinshasa. Les bases légales pour leur brève arrestation et expulsion qui a suivi restent floues », précise Madame Wabiwa.

Du côté de la RDC, aucune explication n’a encore été fournie sur cette expulsion.

Un règlement des comptes ?

En février dernier, Greenpeace a publié un nouveau rapport mettant en cause les autorités congolaises d’avoir violé le moratoire sur les forêts instauré en 2002. Ce rapport qui avait pointé du doigt l’ancien Ministre de l’Environnement, Robert Bokpolo Bongeza, avait été l’objet de vives critiques auprès de différents bailleurs des fonds internationaux.
A en croire les autorités de Greenpeace Afrique, tout porte à croire que les actions menées par la RDC à l’endroit des organisations de défense des droits de l’environnement visent à limiter leurs champs d’action. « Le fait que notre employé et qu’un réalisateur documentant les activités des communautés dans les concessions forestières soient expulsés sans aucune raison légale, seulement quelques semaines après nos révélations est très inquiétant, et nous laisse penser que cette décision a été influencé par les intérêts de grandes entreprises forestières pour limiter le rôle critique de Greenpeace », a insinué Irène Wabiwa.

Signalons qu’en juin 2016, deux employés de Global Witness ont été expulsés de RDC dans conditions similaires.
Alfred NTUMBA