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FORET : 500 camions transportant du bois rouge en provenance de la RDC bloqués en Zambie

Une délégation du ministère congolais de l’Environnement s’est rendue vendredi en Zambie pour tenter de résoudre l’affaire relative à l’interception sur le territoire zambien de près de 500 camions transportant du bois rouge congolais.

Depuis Lubumbashi, la capitale cuprifère congolaise, Mgr Fulgence Muteba applaudit des deux mains la décision des autorités zambiennes d’intercepter 500 camions chargés de bois rouge en provenance de la RDC. C’est une « prise de conscience au niveau de la région », soutient-il, ce vendredi 7 avril, à Jeune Afrique.

« Si la RDC ne parvient pas à remplir son devoir de protéger l’environnement, les autres pays de la région ont la responsabilité de décourager cette exploitation anarchique du bois rouge congolais », poursuit l’évêque du diocèse de Kilwa-Kasenga, dans l’ex-province du Katanga. C’est dans sa circonscription ecclésiastique en effet que prospère depuis plusieurs mois l’exploitation illégale du bois rouge.

Moïse Katumbi, ex-gouverneur de cette province, tirait déjà la sonnette d’alarme il y a trois semaines. À l’en croire, « plus de 100 hectares de forêts sont coupés chaque jour sur la route entre Kasenga et Pweto. Et plusieurs camions sont mobilisés pour transporter du bois rouge vers l’extérieur du pays ».

Ces convois passent par la Zambie, puis le bois rejoint l’Asie, selon des sources sécuritaires locales.

Kinshasa appelé à la rescousse

Des exploitants concernés par ce blocus de leurs « marchandises » à Lusaka appellent Kinshasa à la rescousse. « Nous avons dépêché aujourd’hui même [7 avril] le vice-ministre de l’Environnement et une équipe d’experts congolais pour aller s’enquérir de la situation », fait savoir Athys Kabongo, ministre congolais de l’Environnement et du Développement durable.

« S’ils sont en règle avec la législation congolaise en la matière, ils doivent être autorisés par la Zambie à reprendre leurs camions, 499, 500 ou 1 000 soient-ils ! » tempête ce dernier. « La RDC est un pays forestier : il y a donc des espèces [du bois rouge] exploitables et celles qui sont protégées. On ne doit pas faire croire qu’il y aurait une interdiction formelle d’exploiter du bois dans notre pays », ajoute-t-il.

Peu importe pour le ministre si l’exploitation de ce bois se poursuit même dans le parc national de Kundelungu. « Dès lors qu’on respecte la méthode spécifique mise en place par la stratégie nationale d’exploitation de nos forêts pour ne pas dévaster le pays. C’est que nous appelons le Redd [un processus de réduction des émissions liées à la déforestation et à la dégradation forestière, ndrl] », théorise Athys Kabongo. Traduction : il y donc aurait une « politique nationale de reboisement dans les concessions forestières du pays ».

« Depuis le départ de Katumbi… »

« Faux », rétorque de son côté Mgr Fulgence Muteba, très impliqué localement dans la lutte contre l’exploitation illégale du bois rouge dans le Haut-Katanga. « En 2013, nous avions alerté Moïse Katumbi, alors gouverneur de province. Ce dernier avait instruit des forces de sécurité pour remettre de l’ordre. Des exploitants illégaux avaient alors été arrêtés », raconte le membre du clergé.

Cette exploitation à forte intensité du bois rouge ne profite guère aux communautés locales, selon Mgr Muteba.

Et de déplorer : « Depuis son départ, on assiste à la destruction méchante du patrimoine forestier de la région : des officiers de l’armée, des étrangers − Tanzaniens, Maliens mais surtout des Chinois venus pour construire des routes − s’adonnent, souvent sans titres, à ce trafic sans se préoccuper du reboisement. »

Mgr Muteba regrette que cette « exploitation à forte intensité du bois ne profite guère aux communautés locales ». Et invite enfin les autorités congolaises à respecter les lois du pays et leurs engagements internationaux, notamment ceux souscrits à Paris lors du COP21.

 

Par jeuneafrique

Forêt : Moïse Katumbi dénonce l’exploitation illégale de bois dans le Parc national de Kundelungu

L’opposant congolais Moïse Katumbi Chapwe a dans une interview accordée à Jeune Afrique,  dénoncé  l’exploitation illégale du bois rouge dans le Parc national de Kundelungu situé dans la province du Haut-Katanga, l’une des quatre provinces issues de la décentralisation de l’ancienne  et riche province du Katanga.

Alerté par les habitants du terroir, Moïse Katumbi s’est aussi dit profondément préoccupé par la multiplication des cas d’exploitation illégale de bois rouge dans le Haut-Katanga, qu’il a dirigé entre 2007 et 2015. « Après les mines, on s’attaque désormais à nos forêts », a-t-il informé ce lundi 13 mars.

Moïse Katumbi révèle  que plus de 100 hectares de forêts sont coupés chaque jour sur la route Kasenga et Pweto. Et plusieurs camions sont mobilisés pour transporter du bois rouge vers l’extérieur du pays. Cette situation met en mal la faune et la flore dans cette partie de la République.

 » A cette allure, c’est le parc national de Kundelungu qui se trouve dans la zone de cette exploitation illégale, qui risque de disparaître totalement « , a-t-il déploré.

L’opposant congolais, tire la sonnette d’alarme sur des « risques de sécheresse et ses conséquences sur les barrages hydroélectriques » dans cette partie du pays.

Moïse Katumbi entend saisir par écrit l’Union Africaine à ce sujet. « Je compte envoyer un courrier à l’UA et à d’autres institutions internationales spécialisées, pour les interpeller et faire arrêter ces attaques contre l’environnement », poursuit-il tout en dénonçant des actes qu’il qualifié du « vrai mercenariat contre la nature ».

Il a par ailleurs exhorté le Président Kabila à s’intéresser à cette situation.

Alfred NTUMBA