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Conservation : 9 écogardes tués en RDC au cours de l’année 2016 (Rapport)

Au moins 9 écogardes ont été tués en République démocratique du Congo, sur les 20 meurtres de gardes de parcs enregistrées dans le monde au cours de l’année 2016. C’est ce que révèle le rapport de Global Witness publié ce jeudi 13 juillet.

Dans ce rapport intitulé, « Défenseurs de la Terre: homicides mondiaux de défenseurs de la terre et de l’environnement en 2016 », Global Witness a recensé et enregistré en moyenne 200 cas de décès de défenseurs de la terre et de l’environnement.
Ces massacres ont eu lieu dans 24 pays du monde dont la RDC.

Le Rapport a révélé que près de 4 personnes ont été assassinées chaque semaine par des entreprises minières, forestières et agricoles en voulant protéger leurs terres, leurs forêts et leurs rivières. «Avec des limites sévères à l’information disponible, il est probable que le nombre réel d’assassinats soit en fait beaucoup plus élevé», peut-on lire dans ce rapport dont une copie a été envoyée à ENVIRONEWS RDC.

« Cette marée de violence est motivée par une lutte intensifiée pour les terres et les ressources naturelles, alors que les entreprises minières, forestières, hydroélectriques et agricoles piétinent les gens et l’environnement dans la poursuite du profit », renseigne ce rapport. « À mesure que de plus en plus de projets extractifs ont été imposés aux communautés, beaucoup de ceux qui ont osé parler et défendre leurs droits ont été brutalement réduits au silence ».

Le rapport indique qu’il est de plus en plus clair que les gouvernements et les entreprises à l’échelle mondiale « échouent dans leur devoir de protéger les militants à risque». « Ils permettent un niveau d’impunité qui permet à la grande majorité des auteurs de se promener librement, en encourageant les vrais assassins », a déclaré le rapport.

« Les États enfreignent leurs propres lois et manquent leurs citoyens de la pire manière possible », a déclaré dans un communiqué, Ben Leather, un militant de Global Witness. « Les militants courageux sont assassinés, attaqués et criminalisés par les personnes qui sont censées les protéger. Les gouvernements, les entreprises et les investisseurs ont le devoir de garantir que les communautés soient consultées sur les projets qui les concernent, que les militants sont protégés de la violence et Que les auteurs soient traduits en justice », a-t-il ajouté.

Global Witness pointe du doigt, le secteur minier comme le plus vorace. « L’exploitation minière est encore le secteur le plus dangereux, avec moins 33 personnes tuées au cours de l’année 2016 ».

Le rapport a recommandé aux gouvernements, aux entreprises, aux investisseurs et aux partenaires commerciaux et au développement de prendre des mesures afin de protéger les défenseurs des terres et de l’environnement.

Pour Global Witness, 2016 est l’année la plus marquée par des atrocités et des meurtres de défenseurs de l’environnement par rapport à 2015 où l’on a enregistré 185 cas dans 16 pays en 2015.
Alfred NTUMBA

Santé : La pollution de l’environnement tue 1,7 million d’enfants par an

Deux nouveaux rapports de l’OMS pointent cette fois les dangers de la mauvaise qualité de l’air intérieur, de l’eau, le tabagisme passif et le manque d’hygiène comme les principaux facteurs de la mortalité infantile dans le monde.

Scène de liesse d’enfants à Itipo, province de l’Equateur /Photo Alfred NTUMBA – Environews

Selon ses deux nouveaux rapports, ces facteurs entraînent le décès de 1,7 million d’enfants de moins de cinq ans chaque année. « Ces enfants sont particulièrement vulnérables à la pollution de l’air et de l’eau, car leurs organes et leur système immunitaire sont en cours de développement et leur organisme, et notamment leurs voies respiratoires, sont de petite taille », rappelle le Dr Margaret Chan, directeur général de l’OMS, cité par le point.fr.

Le premier rapport (intitulé Inheriting a Sustainable World : Atlas on Children’s Health and the Environment) révèle qu’une grande partie des pathologies potentiellement létales pour les très jeunes – maladies diarrhéiques, paludisme et pneumonie – peuvent être évitées grâce à un accès à l’eau potable et à l’utilisation de combustibles propres pour la préparation des repas. Le second rapport (Don’t pollute my future ! The impact of the environment on children’s health), dresse le panorama des conséquences de la pollution de l’environnement. Chaque année, par exemple, 570 000 enfants de moins de cinq ans meurent d’infections respiratoires attribuables à la pollution de l’air et 361 000 de maladies diarrhéiques par manque d’eau potable, de moyens d’assainissement et d’hygiène.

Il faut y ajouter les 270 000 enfants qui décèdent peu après leur naissance de diverses affections, dont la prématurité, qui pourraient être évitées.

Et manifestement, cela ne risque pas de s’arranger. « Les nouveaux dangers environnementaux, tels que les déchets électroniques et électriques (comme les téléphones portables usagés) qui ne sont pas correctement recyclés, exposent les enfants à des toxines qui peuvent entraîner une diminution des aptitudes cognitives, un déficit de l’attention, des lésions pulmonaires ou encore un cancer », estime l’OMS. Elle prévoit que la quantité de déchets électroniques et électriques aura augmenté de 19 % entre 2014 et 2018, pour atteindre 50 millions de tonnes.

Les expositions dangereuses peuvent débuter pendant la grossesse et accroître le risque de naissance prématurée. En outre, lorsque les nourrissons et les enfants d’âge préscolaire sont exposés à la pollution de l’air intérieur et extérieur et au tabagisme passif, ils risquent de contracter une pneumonie pendant l’enfance et une affection respiratoire chronique telle que l’asthme tout au long de la vie.

L’exposition à la pollution atmosphérique peut aussi faire augmenter le risque de cardiopathie, d’accident vasculaire cérébral et de cancer tout au long de l’existence révèle ces rapports.

Décidément, tous les voyants sont au rouge concernant la pollution. Nul n’y échappe. Les photographies récurrentes de villes placées sous une chape de brouillard chimique le prouvent bien. Aujourd’hui. Il y’a urgence d’agir conclut ces rapports.

Biodiversité : la vie sauvage mise à mal par les échanges commerciaux

Une fois de plus, la science vient de prouver que les activités anthropiques demeurent la principale cause responsable de l’érosion spectaculaire de la biodiversité. Une étude publiée ce 04 janvier dans la revue Nature Ecology & Evolution dresse un atlas mondial indiquant par nuances de couleurs, les zones de biodiversité les plus affectées par le commerce international.

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La déforestation, la surpêche ou le braconnage entraînent une dégradation étonnante de la biodiversité partout sur la planète. Et l’un des principaux moteurs de cette surexploitation des ressources naturelles réside dans la production de biens et services destinés à l’exportation. Cette étude qui vient entériner ce triste constat, permet d’identifier précisément quels consommateurs, dans un pays, menacent quelles espèces dans un autre.

Les responsables de ce rapport pointent du doigt les routes économiques internationales ayant le plus grand impact sur la faune sauvage, afin d’améliorer les politiques de conservation. Selon le WWF, plus de la moitié des populations de vertébrés ont disparu dans le monde par rapport à 1970, si cette tendance se perpétue, les deux tiers d’entre elles pourraient suivre d’ici à 2020.

La consommation principalement par les pays développés de café importé, de thé, de sucre de textiles, de poisson et d’autres articles manufacturés affecte ainsi la biodiversité des pays producteurs.

Au Brésil par exemple, la survie du singe-araignée commun est compromise par l’exploitation forestière et la production agricole entraînées par la consommation de biens aux Etats-Unis. Le bois de Malaisie largement commercialisé en en Europe et en chine a lui un peu plus privé d’abri l’éléphant, l’aigle criard et l’ours malais.

Les auteurs de ce rapport espèrent que cet atlas peut aider les entreprises à faire un choix judicieux de leurs intrants et atténuer leurs impacts sur la biodiversité, car il y a bel et bien urgence.
Thierry-Paul KALONJI