Archives par mot-clé : rhinocéros

Conservation : 8 rhinocéros noirs meurent pendant leur transfert entre plusieurs parcs au Kenya

Un transfert de rhinocéros noirs entre plusieurs parcs naturels au Kenya s’est soldé par une tragédie : 8 animaux sont morts, entraînant ainsi  l’arrêt immédiat de l’opération, a rapporté science et avenir.fr.

Appartenant à la famille de Diceros bicornis, une sous-espèce en grand danger d’extinction,  ces  rhinocéros meurent  après avoir été déplacés dans une nouvelle réserve du sud du Kenya, a annoncé  le gouvernement kényan.

Informé, le  ministre du Tourisme et de la Faune, Najib BALALA, a ordonné au Service kényan de la faune (KWS) de « suspendre immédiatement les transferts en cours de rhinocéros noirs, après la mort de huit d’entre eux« , ont indiqué ses services dans un communiqué. Le KWS n’a pour sa part pas officiellement commenté la mort de ces rhinocéros. Ces huit animaux décédés faisaient partie d’un groupe de 11 rhinocéros noirs qui avaient été déplacés en juin 2018 des parcs nationaux de Nairobi et Nakuru vers celui du Tsavo-Est.

Le déplacement vers un nouvel habitat d’animaux menacés, qui doivent être endormis le temps du voyage, n’est pas sans risque. Mais la mort d’animaux durant ce type d’opérations est rare. Entre 2005 et 2017, 149 rhinocéros avaient été déplacés de cette manière au Kenya et seulement huit étaient décédés, selon le ministère du Tourisme.

Face à cette situation quasi-inhabituelle, les recherches préliminaires  suggèrent que les huit rhinocéros noirs pourraient être décédés d’un  empoisonnement au sel« , après avoir bu dans leur nouvel environnement une eau différente de celle à laquelle ils étaient accoutumés, a indiqué le ministère.

Une enquête complète a été ordonnée et ses résultats devraient être connus au cours de ce mois de  juillet 2018. « Une sanction disciplinaire sera assurément prise si les conclusions pointent vers une négligence ou une conduite non professionnelle de la part de membres du KWS« , a ajouté le ministère. Paula KAHUMBU, la directrice de Wildlife Direct, une organisation de protection des animaux, a appelé les autorités à prendre leurs responsabilités et à expliquer ce qui s’était passé. « Des rhinocéros sont morts, nous devons le dire ouvertement quand ça arrive et pas une semaine ou un mois plus tard« , a-t-elle déclaré. « Quelque chose n’a pas marché et nous voulons savoir quoi »

Selon l’organisation Save the Rhinos,  on dénombre à ce jour  moins de 5.500 rhinocéros noirs dans le monde, vivant tous en Afrique, dont 750 vivent au Kenya

Thierry-Paul KALONJI

Biodiversité : 500 kilos de cornes de rhinocéros seront vendus aux enchères en Afrique du Sud

Une vente aux enchères de cornes de rhinocéros sera organisée cette semaine en Afrique du Sud. La décision controversée a été prise par la justice de ce pays, malgré l’interdiction du commerce international des cornes de rhinocéros. 


Les autorités sud-africaines ont tout fait pour bloquer cette vente en ligne prévue de lundi à jeudi, alors que ces pachydermes sont victimes d’un braconnage à grande échelle.

Pretoria refusait de remettre le permis de vente à John Hume , l’organisateur de ces enchères. Mais ce plus gros éleveur de rhinocéros au monde, a saisi en urgence la haute cour de Pretoria qui lui a donné raison ce dimanche. C’est aujourd’hui que l’équipe de John Hume doit récupérer le précieux document.

« Nous sommes contents. Nous espérons que le gouvernement a compris qu’il ne pouvait pas être injuste à notre égard », a commenté l’avocat de John Hume.

En somme, cinq cents kilos de cornes de rhinocéros doivent être proposés aux enchères. Ces cornes proviennent des quelques 1 .500 animaux que cet éleveur possède dans sa ferme en Afrique du sud. Elles ont été découpées sans blesser les pachydermes, qui ont été anesthésiés pour cette procédure qui dure 15 minutes.

C’est grâce à un récent changement dans la législation de la nation arc -en- ciel que ces enchères sont possibles. En avril, après une longue bataille judiciaire, John Hume a obtenu la levée du moratoire sur le commerce intérieur de la corne de rhinocéros, en vigueur depuis 2009.

Mais le commerce international quant à lui reste interdit. La corne de ces grands mammifères est composée de la kératine. Une substance très prisée en Asie, où la médecine traditionnelle lui attribue plusieurs vertus thérapeutiques, non prouvées scientifiquement.

Cette forte demande asiatique signe l’arrêt de mort d’environ un millier de rhinocéros chaque année en Afrique du Sud, pays qui abrite 80 % de la population mondiale de rhinocéros.

Bien que John Hume prétende répondre à la demande avec la corne prélevée de façon indolore sur ces animaux, ces détracteurs l’accusent d’exacerber le braconnage et alimenter le marché noir.
Thierry-Paul KALONJI