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Sud-Kivu : la Réserve naturelle d’Itombwe, un bien sans maître ?

Depuis plusieurs années, la Réserve naturelle d’Itombwe dans la province du Sud-Kivu, a été prise d’assaut par les groupes armés, les exploitants miniers et les braconniers qui fusent de partout. Les différents acteurs de la société civile de la province cette province, œuvrant aux alentours de cette réserve, déplorent le laisser–aller observé dans cette aire protégée. L’exploitation minière et le braconnage y sont  pratiqués, même, par les non-congolais. Dans une interview accordée à Environews RDC, ce mercredi 01 novembre 2017, le président de la Société civile de Mwenga, Richard Minyota Kaseke,  évoque le manque d’arrêté ministériel devant réglementer si pas interdire l’accès à cette réserve.

« Je suis déçu de constater que depuis plusieurs années, la Réserve d’Itombwe ne fonctionne qu’avec un édit provincial provisoire qui la délimite. Et pourtant cette aire protégée est sensée bénéficier d’un arrêté ministériel au niveau national. L’édit provincial est tellement fragile et moins contraignante que, même les non-congolais y exploitent des minerais et d’autres y pratiquent le braconnage », a-t-il déclaré, avant d’inviter le Ministre national de l’Environnement et développement durable, à s’en occuper afin de protéger la biodiversité dans ce site. « Les étrangers venus du Burundi et de la Tanzanie pratiquent la chasse dans ce site sans en être inquiétés. Ils pratiquent le braconnage à outrance, sans tenir compte de périodes de reproduction des animaux ».

Outre le braconnage, Richard Minyota, confirme l’existence des réseaux d’exploitation illégale de bois d’œuvre, et des minerais par les groupes armées qui y opèrent, notamment les FDLR et FNL venus respectivement du Rwanda et du Burundi.

Cette réserve qui est subdivisée en 7 différents axes à savoir, Basile, Wamuzimu, Itombwe, Lwindi, Burhinyi et Bafuliru est partagée par 418 452 habitants, qui selon le président de la Société civile de Mwenga, les communautés locales de ces différents villages vivent au dépend de ressources naturelles de cette aire protégée.

D’une superficie d’environ 12.000 km², la Réserve naturelle d’Itombwe dispose d’un massif central qui abrite d’importantes populations de chimpanzés de l’Est, et des gorilles de Grauer, espèce menacée d’extinction.

 

Janvier Barhahiga

 

Sud-Kivu : La production du café a atteint un million de tonnes en 2017

850 mille tonnes, telle est la quantité du café produit par la province du Sud-Kivu depuis le début de cette année. Et ce, malgré la fraude qui gangrène ce secteur dans cette partie du pays. Une hausse de production consécutive aux efforts fournis dans la traçabilité de la vente et de la chaîne de valeurs depuis les champs jusqu’à la consommation à l’extérieur du pays.


Le monde célèbre le 02 octobre de chaque année la journée mondiale du Café. C’est à cette occasion que le Directeur provincial de l’Office national de café Sud Kivu a peint un tableau sur la production de cette matière dans son entité.

Le Territoire de Kalehe et de d’Idjwi figurent en tête de cette production. Mais le café de Kalehe a épaté le monde et est aujourd’hui qualifié de meilleur au monde. A Idjwi , l’on déplore des pertes causées par l’infiltration du marché rwandais. Pointé du doigt, le contrôle maritime occasionne de pertes de plusieurs tonnes de café qui se vendaient au Rwanda, au Burundi et au Nord Kivu.
Pour endiguer les fuites de capitaux, une usine de traitement devrait voir le jour d’ici à décembre.

Malgré ces performances de production, les responsables de l’Office national de café restent tout de même insatisfaits car ceux qui vendent à l’étranger profitent plus qu’eux.

« Au niveau local, nous nous heurtons à un problème d’évacuation suite aux multiples taxes exorbitantes et plusieurs services, une situation qui ne peut que réduire la compétitivité du café sur le marché international », craint Ephraïm KIVAYAGA, Directeur de projet au centre de promotion rurale à Idjwi.

Signalons que le Sud Kivu possède plusieurs centres et station de dégustation de café.
Janvier Barahiga

Ressources naturelles : Banro Mining doit 7 millions de dollars américains à la province du Sud-Kivu

Le ministre provinciale des mines, énergie et hydrocarbures, Apollinaire Bulindi a informé que la société canadienne d’exploitation de l’or au Sud-Kivu et Maniema Banro mining corporation doit à la province sept millions de dollars américains, en termes de redevances dues à la Province du Sud-Kivu. L’annonce a été faite par le ministre, lors d’une interview accordée à notre correspondant, ce jeudi 21 septembre.

Installation de Banro Mining.

«Cette société aurifère ne veut pas payer cette importante somme d’argent à la province. La défense de Banro soutient que l’exploitation a débuté alors que le pays était en guerre », a déclaré Monsieur Bulindi, et de renchérir, « Banro exporte plusieurs tonnes d’Or en provenance de la province du Sud-Kivu, et doit seulement retourne 1% de l’exploitation à la province, mais cette entreprise tire des couvertures de différents bureaux, pour échapper à cette redevance ».
En 2015, Banro devait à la province du Sud-Kivu, la somme de 1,2 million de dollars sur un bénéfice de 33 millions de dollars américains qu’elle a réalisé. Cela a été reconnu par le chargé de relations avec le gouvernement de l’entreprise, lors d’une réunion à Kinshasa, en septembre 2016. Depuis, rien n’a été fait.

« Ils ont 800 milles à donner à la province sur une taxe à titre de royaltie de 2 millions qu’ils ont gagné. Ils nous doivent encore 432 mille dollars de taxes sur la superficie de concessions minières et 1% de rémunération de services sur l’exploitation », a précisé le ministre, qui réclame haut et fort cette somme d’argent car a-t-il déclaré, « je suis l’objet des pressions de la part des sociétés civile et des chefferies où œuvre Banro Mining ».

Depuis le début de ses activités en novembre 2011, Banro Mining a déjà exploité plus de 18 tonnes d’or dans la seule province du Sud-Kivu.

 

Janvier Barahiga