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FORÊT : YANGAMBI, QUAND LA RESTAURATION RIME AVEC L’ AMELIORATION DES CONDITIONS DE VIE DE POPULATION

La croissance démographique, la pauvreté et le besoin croissant en énergies figurent parmi les principales causes de la perte du couvert forestier en Afrique.  Chaque année, le continent  perd plus de 2 millions d’hectares de forêt. La production de charbon de bois, de bois de chauffe et l’aménagement de l’espace pour des  activités agricoles figurent parmi les causes de cette déforestation. Cette perte du couvert forestier entraîne avec elle aussi la dégradation ou l’appauvrissement du sol, rendant ainsi difficile toute activité agricole.

Transplantation des plantules à la pépinière d’Isalowe ( photo THK)

La République Démocratique du Congo n’est pas épargnée par cette réalité. A Yangambi, dans la province de la Tshopo, la croissance démographique, l’absence de l’électricité, le manque d’emploi durable ainsi que la pauvreté ont poussé la population à exercer une énorme pression sur la réserve biosphère de Yangambi.  Une pression qui dénombre parmi les conséquences, la déforestation qui a entraîné avec elle la dégradation du sol, plongeant ainsi une grande partie de la population dans la pauvreté. C’est ainsi que le Centre de Recherches Forestières Internationale (CIFOR) développe depuis 2017 plusieurs activités dans cette contrée, en vue du développement durable, entre autres la restauration et la sensibilisation des populations. Pour palper du doigt la réalité, nous avons décidé d’effectuer une descente sur  terrain à Yangambi.

Yangambi, un site chargé d’histoire

Après plus de deux heures de navigation sur le majestueux fleuve Congo en partant de la rivière Tshopo puis la rivière Lindi, nous accostons enfin à Yangambi. Dès notre arrivée, nous sommes captivés par les vieux bâtiments datant de l’époque coloniale et quelques vestiges, qui  témoignent de la vie mouvementée qui autrefois animait ce lieu.  Avec la station de recherche  de l’INERA, l’Institut Facultaire Agronomique (IFA/Yangambi) et sa réserve de biosphère, Yangambi fût il y a quelques décennies,   un des grands pôles scientifiques du monde, où se donnaient rendez-vous plusieurs chercheurs et scientifiques venant de tous les coins du monde, pour apprendre et échanger des connaissances sur l’agronomie et la foresterie.

Malheureusement, les guerres qu’a connues la province de la Tshopo n’ont pas épargné Yangambi. Aujourd’hui, ce district de plus d’un million d’âmes porte encore les stigmates de ces sombres pages de l’histoire.  Comme un phénix, ce site rempli d’histoire renaît de ses cendres, grâce au projet Formation, Recherche et Environnement dans la Tshopo (FORETS) du CIFOR, financé par l’Union européenne. « Le partenariat que nous avons avec le projet FORETS, nous permet de récupérer des anciennes terres devenues pratiquement incultes. Ceci est pour nous une façon non seulement de récupérer ces terres, mais de rendre aussi viable le paysage de Yangambi », s’est félicité Michel Lokonda, Directeur de l’INERA-Yangambi.

Des centaines d’hectares recouverts d’arbres

Chargement des plantules dans une remorque (photo THK)

A Yangambi, il était question pour nous d’assister aux activités de restauration lancées depuis 2018 dans le cadre du projet FORETS. Notre arrivée a coïncidé avec la clôture de la grande saison de plantation 2020. Aussitôt arrivés, nous nous sommes donc rendus sur le site où se fait le reboisement. A notre approche, nous apercevons un groupe de gens très motivés. Tenant dans leurs mains ensablées des machettes et houes, elles attendent impatiemment la prochaine remorque des plantules. Nous approchons un jeune homme d’une trentaine révolue. Coiffé d’une casquette noire, machette à la main, Jérôme Isangi est un des  employés du projet FORETSdans le cadre des activités de reboisement. « Je suis enseignant, mais je fais ce travail depuis bien longtemps en attendant que je  sois mécanisé par l’Etat. J’ai fait le reboisement à Bangala et à Nutricen. Ici, je suis à ma troisième plantation », a-t-il renseigné.

Le CIFOR s’est fixé comme objectif de reboiser 600 hectares par an. Un projet ambitieux qui vise non seulement à restaurer le paysage de Yangambi, mais aussi à maintenir le cadre de vie décent des populations, tout en sensibilisant la population sur l’éducation environnementale.

« Depuis le lancement de ces campagnes de restauration, plus de 800 hectares ont été reboisés, et près de 700 mille arbres ont été mis en terre », a expliqué Brice Djiofack, expert junior du projet FORETS. « Pour cette saison, nous avons planté plus de 12 mille arbres par jour, une grande avancée pour le projet », a-t-il renchéri.

Au cours de ces campagnes de plantation, le choix des arbres est porté sur les acacias, les arbres indigènes et les arbres fruitiers. Bien qu’il soit une espèce à croissance rapide, l’acacia est une légumineuse qui favorise la restauration des sols épuisés grâce à la fixation de l’azote, ce qui rend possible la production agricole. Cette espèce a également un haut pouvoir calorifique, ce qui le rend idéal pour produire  la biomasse. Et parmi les arbres autochtones, il y a les arbres à chenilles et autres plantes médicinales. Pour permettre la disponibilité des plantules, deux pépinières ont été mises en place.

La sélection des espaces pour la plantation se fait de manière systémique. « Les terres de Yangambi appartiennent à l’INERA, et ce reboisement est précédé par une prospection qui consiste à choisir des terrains sur lesquels il faudra planter les arbres », a renseigné Fai Colins, facilitateur du terrain du projet FORETS à Yangambi.

Une fois queles terres à repeupler d’arbres sont connues, les campagnes de sensibilisation sont mises en place pour expliquer à la population le bien fondé du projet. Ceci, dans le but de les emmener à participer et s’approprier cette initiative, qui ne vise qu’à améliorer leur bien-être.  Moustapha Mbola, vulgarisateur du projet FORETS, nous explique qu’au départ il y a parfois une certaine méfiance de plusieurs personnes. Mais après échanges, elles finissent par adhérer à l‘idée, s’en approprier et devenir même nos interlocuteurs du projet  auprès des autres personnes encore sceptiques.

La restauration, une activité rémunératrice

En poursuivant notre visite sur les sites de plantation, nous sommes tombés sur un groupe de travailleurs,   dominé par les femmes. Nous débarquons à l’heure de la pause. L’équipe profitait de ce moment pour se restaurer, en attendant la prochaine livraison des plantules. Notre regard  s’est jeté sur une jeune dame au visage rayonnant. Attirés par son sourire, nous nous décidons de l’approcher. Augustine Botoko, c’est ainsi qu’elle se nomme. Cette ancienne commerçante se dit contente et fière de planter des arbres, activité qu’elle entreprend depuis une année. « Je suis mère de six enfants que je prends en charge grâce à ce travail. Depuis que je suis employée ici, ma situation économique s’est beaucoup améliorée. Que Dieu bénisse les initiateurs de ce projet », a-t-elle déclaré sourire aux lèvres.  Motivée par le témoignage de sa collègue, Justine Lola a jugé bon de se confier aussi à nous, concernant cette activité de reboisement à laquelle elle prend part depuis un mois. Pour elle, le plus important n’est pas seulement le fait d’être payée, mais plutôt le fait de bénéficier de ces arbres dans le futur.

Finalement, Daris Lifenda, un jeune qui nous a affirmé qu’il garde des bons souvenirs de ce travail de restauration initié par le projet FORETS, décide de nous emmener à son domicile. A quelques mètres, nous entendons le bruit de vrombissement d’un moteur. Arrivés sur place, nous découvrons un moulin et des gens tout autour venus moudre le manioc, le soja et le maïs. « Ce moulin, je l’ai acheté grâce aux économies que je faisais avec ma rémunération. Il fonctionne avec du gasoil et aide beaucoup de gens de mon quartier, et ceux des quartiers lointains », a-t-il témoigné.

Ce jeune homme de 19 ans nous a confié avoir acheté un deuxième moulin.  Pour chaque saison, c’est presque 500 personnes  qui sont employées dans les plantations.  La plupart d’entre elles reconnaissent qu’au-delà du recouvrement du couvert forestier de leur village, les activités de restauration leur permettent de résoudre certains problèmes comme la scolarisation les enfants, se nourrir, et créer d’autres activités pour avoir un moyen de subsistance.

Des arbres qui alimenteront la centrale à biomasse de Yangambi

Chantier de la centrale à biomasse de Yangambi ( Photo THK)

Hormis la fertilisation du sol, la restauration du couvert forestier, la fabrication du charbon de bois, l’agroforesterie et l’apiculture, le reboisement de Yangambi vise un autre objectif majeur qui pourrait transformer la vie de cette population, il s’agit de la mise en place d’une centrale à biomasse. Cette centrale utilise des substances qui peuvent brûler pour produire de l’énergie qui peut être transformée en électricité. Pour Paolo Cerutti, directeur du projet FORETS, la mise en place de cette centrale vise à développer les entreprises locales comme les PME, ce qui va rénover le substrat économique et contribuer à la lutte contre la déforestation et l’agriculture sur brûlis.  « Nous avons conduit plusieurs études de faisabilité, et es experts ont conclu qu’une centrale de biomasse à Yangambi est possible », a-t-il argumenté. « Nous avons déjà lancé l’appel d’offre pour les premières machines, et nous travaillons de sorte que  tout soit prêt au plus tard novembre 2021 », a dit-t-il.

Cette centrale sera alimentée dans un premier temps avec les arbres des anciennes plantations d’hévéa et des palmiers qui pullulent à Yangambi, en attendant que les arbres plantés atteignent la maturité.

Bien que les forêts soient les principales sources de revenus pour la population, ce modèle d’investissement du projet FORETS à Yangambi prouve qu’il est possible de concilier la préservation des celles-ci et le  maintien d’un cadre de vie décent des populations. Ceci passe par la sensibilisation et la mise en place des alternatives capables de réduire la pression de l’homme sur la forêt, notamment la multiplication des sources de revenus.

Ce reportage a été réalisé avec le soutien du Rainforest Journalism Fund en partenariat avec Pulitzer Center

                                               De retour de Yangambi, Thierry-Paul KALONJI

Forêts : Exploitation illégale du bois, la  CNCEIB  évalue ses activités  dans les ports de Kinkole

La Coalition nationale contre l‘exploitation illégale du bois (CNCEIB), a grâce à l’appui du  WWF tenu des réunions de suivi et évaluation sur la lutte contre l’exploitation illégale du bois dans les ports de Kinkole à Kinshasa. Organisées dans strict respect des règles édictées par les autorités sanitaires en cette période où sévit le COVI-19 , ces rencontres qui  ont réuni  les agents  des différents services impliqués  dans les ports , avaient pour but de s’assurer que ceux-ci  utilisent  à bon escient  les connaissances qu’ils ont engrangées lors des précédentes  formations de renforcement des capacités sur le contentieux forestier.

Durant deux jours  soit du 23 au 24 avril, la CNCEIB a échangé avec ces agents  afin de s’enquérir sur le  déroulement de travail dans ces ports, considérés comme le ventre mou dans   du commerce illégal du bois à Kinshasa. Ceci, du fait que tout le bois artisanal et principalement le bois  d’origine illégale passe par ces ports. C’est dans cette optique que  la CNCEIB  avait jugé  utile de renforcer les capacités du pouvoir judiciaire pour qu’ensemble  avec les  inspecteurs de l’environnement, que soit créé  un cadre dans lequel l’Etat pourra  réprimer les criminels forestiers, ce qui permettrait la diminution  des quantités de bois illégal  en provenance des provinces forestières ( Maindombe,Equateur, Tshuapa, Tshopo, Mongala etc..) qui arrivent  en forme de radeaux par voie fluviale dans les ports de Kinshasa.

« J’ai remarqué qu’il y a une volonté dans le chef des agents de l’Etat pour lutter contre l’exploitation illégale du bois, malgré les conditions de travail difficile. Mais il ne faut pas  ignorer qu’il y a des pesanteurs  car il n’y a pas encore une conjugaison d’efforts entre tous ces services comme prévu», a souligné Jean Marie Bolika, responsable de la gouvernance forestière chez WWF RDC. «  Nous sommes à l’écoute  des services, et la CNCEIB pour proposer des recommandations à l’autorité compétente  afin qu’il  y ait une collaboration  entre les services à travers le  cadre de concertation proposé par la société civile »  a-t-il conclu.

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Santé : Ce qu’il faut savoir sur le corona virus

La République démocratique du Congo a enregistré son premier cas de décès suite au Coronavirus. Une triste nouvelle qui contredit toutes les mauvaises informations parmi lesquelles, le coronavirus est une maladie des blancs, ou encore l’Afrique n’est pas un lieu propice pour la transmission de cette maladie. Il est temps de changer des habitudes, de se conformer aux règles élémentaires d’hygiène édictées par les professionnelles de santé, et observer un strict respect des mesures prises par les autorités pour éviter la propagation de cette maladie. Avec 23 cas confirmés, il n’est pas exclu que le nombre des cas puisse évoluer, au regard de la  vitesse exponentielle de propagation de ce virus.

Pour éviter toute désinformation, la rédaction de Environews se propose de vous donner quelques informations de base sur le covid-19.

Le covid-19 est le nom contracté de « coronavirus desease 2019 », il fait référence à la maladie pulmonaire que l’on peut contracter avec ce virus, et non le virus lui-même. Quant au mot coronavirus, il fait référence à une famille de gros virus en forme de couronne très contagieux comme le SRAS de 2003. A la différence du SRAS, entre 2 et 5% des personnes contaminées par le Covid-19 meurent contre 10% pour le SRAS.

Contrairement aux parasites et aux bactéries, le Virus est incapable  d’exister de façon autonome et résiste aux antibiotiques. Il faut donc une substance médicale pour attaquer son génome qui est très résistant, car il a réussi à passer au-delà des barrières de l’hygiène moderne.

Comment se transmet le Covid-19 ?

Dans la majorité de cas, lorsqu’une personne a attrapé un virus, elle en contamine deux ou trois personnes dans un environnement proche. Le virus se transmet par les gouttelettes projetées quand une personne malade éternue ou tousse. Ne pouvant pas survivre en dehors de l’organisme humain, le virus meurt quelques  heures après être sorti de celui-ci. Selon les scientifiques, pour qu’une personne soit infectée par une personne contaminée, il faut que celles-ci restent très proches pendant au moins 10 minutes.

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Forêt : Claude Nyamugabo s’en va en guerre contre la déforestation en RDC

Le ministre de l’environnement et développement durable Claude Nyamugabo, a procédé ce 19 mars à Kinshasa, au lancement de la campagne contre la déforestation en RDC, en promouvant l’utilisation de gaz butane. Intervenant à deux  jours de la journée internationale des  forêts, cette initiative lacée en collaboration avec l’entreprise SOGAZ n’a pour objectif principal que la réduction sensible de la pression humaine sur les forêts. Une pression consécutive au faible taux d’accès à l’électricité et au manque de promotion  des alternatives au charbon de bois et bois de chauffe, principale source d’énergies pour plus 80% de la population congolaise d’une part, et à l’agriculture itinérante sur brûlis d’autre part.

Aerial view of forest in East Cameroon.
Photo by Mokhamad Edliadi/CIFOR
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«  D’après une étude menée par des experts, il a été démontré qu’en RDC, la production totale de bois de chauffage a dépassé 80 millions de mètres cubes. Des chiffres alarmants qui nécessitent des efforts considérables », a renseigné Calude Nyamugabo, ministre de l’environnement et développement durable.

C’est pour renverser cette tendance que le ministre de l’environnement promeut le recours à la butanisation.  Une solution qui selon lui revêt plusieurs avantages notamment économique, environnemental. A ceux-ci s’ajoute  également le gain de temps.

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Santé : En RDC, après doute et tergiversation, les congolais prennent en fin au sérieux le COVID-19

En RDC, moins de 24 heures ont suffi  pour faire basculer la perception des congolais sur le corona virus. Jusque dans la matinée du 18 mars où le pays ne  dénombrait que sept cas confirmés, c’est avec une légèreté presque criante que Kinshasa balayait d’un revers de la main cette nouvelle, tout en taxant les autorités d’affairisme.  Vers midi,  le ministre de la santé Eteni Longondo annoncera que le pays venait d’enregistrer sept nouveaux cas, portant ainsi à quatorze le nombre total des cas confirmés. Sans transition, c’est tout le pays qui est en émoi, et reste suspendu à l’adresse  du Chef de l’Etat, pour prendre connaissance des mesures arrêtées par le gouvernement pour limiter la propagation de ce virus  qui  continue sa course effrénée et sinistre à travers le monde.

Ce 19 mars, c’est sur une ville de Kinshasa un peu différente de celle des jours passés que le soleil s’est levé. Une ville dans laquelle le COVID-19 a fini par s’être bien fait comprendre après avoir contaminé quatorze personnes. Une situation sans doute relative aux mesures annoncées par le président de la République dans la dernière nuit.

L’augmentation du nombre de personnes portant l masques et gants,   et de celles qui  débattent sur le corona virus, en dit un peu long sur la considération  de la menace par les congolais.

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Coronavirus : RDC, malgré 4  cas confirmés,  les congolais oscillent   entre réalité et affairisme

En République démocratique du Congo, précisément dans la capitale, l’annonce  par les autorités de la présence du Corona virus peine à convaincre les Kinois qui accusent le ministre de la santé Eteni Longondo d’affairisme.  Pour des nombreux Congolais, la gestion de la dernière épidémie d’Ebola, qui a poussé le Chef de l’Etat à prendre lui-même les choses en main renforce leur conviction.   Avec quatre  cas confirmés et plus de 600 personnes ayant été en contact avec ces sujets infectés, la situation risque de s’aggraver si la population continue de faire la sourde oreille aux différents messages relatifs aux normes d’hygiène et conduite à adopter pour arrêter la propagation de cette pandémie qui a  déjà fait plus de 7 000 morts à travers le monde, laissant ainsi impuissants et terrifiés les pays développés et pauvres.

Découvert en Chine en 2019, le corona virus a fait plus de 3 000 morts et contaminé plus 80 000 personnes dans ce pays considéré comme l’épicentre de l’épidémie. C’est à partir du  19 février que trois pays notamment la Corée du Sud, l’Italie et l’Iran ont enregistré une hausse  étonnante du nombre de cas sur leurs territoires. Depuis, la maladie a calmement poursuivi son chemin, en s’installant dans plus de 80 pays à travers le monde. Face à cette vitesse de propagation, l’OMS n’a pas tardé à déclarer le COVID-19 une pandémie. A ce jour, l’Italie semble dépassée par cette épidémie qui ne cesse d’allonger son nécrologe. Plusieurs grandes villes à travers le monde tournent désormais au ralenti. Des championnats de football suspendus, des écoles fermées, des rassemblements interdits, des confinements imposés, des vols en provenance de pays touchés interdits, des frontières fermées, telles sont autant de mesures prises par certains pays pour contrôler l’épidémie, malheureusement en RDC, la vie suit son cours normal, comme-ci le pays était sur une planète autre que celle qui ploie sous le corona virus.

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Biodiversité : La coordination du projet passe en revue la mise en œuvre des activités inscrites dans le PTBA 2019

La coordination du projet  d’Accès aux ressources génétiques et le partage des avantages (APA-RDC/PNUE ) a en collaboration avec le ministère de l’Environnement et Développement Durable organisé à Kinshasa, un atelier sur la mise en œuvre du Plan de Travail Annuel Budgétisé 2019  (PTBA 2019). Ayant réuni toutes les parties prenantes impliquées dans le processus APA comme le secteur public, le secteur privé et la société civile, cette réunion technique avait pour but d’inspecter méthodiquement  la réalisation des actions prévues dans le PTBA 2019 d’une part, et recueillir de ces parties  prenantes des orientations pour l’élaboration du PTBA 2020.

« L’activité d’aujourd’hui représente un cadre qui nous permet de passer en revue la PTBA 2019. Etant donné que ce plan a été élaboré ensemble avec toutes les parties prenantes, il est de bon aloi  qu’on se réunisse de nouveau aujourd’hui  pour revisiter ce qui a été fait en 2019 », a renseigné Henri Muyembe, coordonnateur du projet APA/RDC PNUE.

Caractérisé par des échanges enrichissants, les participants à cette rencontre se sont accordés pour relever que les activités prévues dans le PTBA 2019 n’ont pas toutes étaient réalisées suite à quelques contraintes financières et techniques.

Selon le coordonnateur de ce  projet, cette situation se justifie par le fait que le fonds destiné à réaliser ces activités a été alloué en retard.

«  Il y a beaucoup à améliorer, et nous pensons que cette fois-ci nous allons faire mieux , car nous espérons que le fonds sera versé dans notre compte en temps utile », a-t-il rassuré.

Pour rappel,  l’APA constitue l’un des trois objectifs de la Convention sur la Diversité Biologique, qui a  fait l’objet d’un Protocole spécifique traitant de l’APA, signé en depuis octobre 2010 à Nagoya au Japon, et entré en vigueur en 2014.

Ce protocole a été ratifié par la RDC en 2015, alors qu’elle l’avait déjà intégré depuis 2014 au travers de la loi n°14/003 du 21 février relative à la conservation de la nature.

Pour sa part,  Nicki Kingonia chargé de suivi et évaluation du projet APA/RDC-PNUE estime que, «  Le bilan de la RDC en matière d’APA depuis la ratification du Protocole de Nagoya est quand même positif. Le pays a pu mettre en place  et valider  un certain nombre d’outils dans le cadre des plusieurs projets avec l’appui des partenaires comme la Coopération allemande ou le PNUE. Il nous reste qu’à faire signer ces documents, afin de disposer d’un arsenal des textes juridique sur l’APA ».

 

Signalons qu’à l’issue de cette réunion technique, les parties prenantes ont formulé des recommandations relatives aux actions à entreprendre pour l’exercice 2020 du projet. Elles ont en  outre défini les grandes lignes de décisions à prendre  par le comité de pilotage lors de sa prochaine réunion.

Thierry-Paul KALONJI

 

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Environnement : Villes et territoires durables au cœur du prochain sommet France-Afrique

La ville de Bordeaux en France accueillera du 4 au 6 juin prochain, la vingt-huitième édition du sommet France-Afrique. Pour la première fois, cette rencontre entre la France et les pays Africains revêt un caractère innovant  du fait qu’elle sera dédiée à la ville et aux territoires durables, tout en associant les décideurs publics et privés.  Une annonce faite ce mercredi 12 février à Kinshasa par l’Ambassade de la France au cours d’une conférence de presse. Agriculture, transports, énergies, assainissement et accès à l’eau potable figurent parmi les matières qui seront au menu de ce grand rendez-vous.

«  Ce sommet présente un caractère novateur  par ce qu’à côté des chefs d’États qui vont se réunir, il y aura beaucoup d’acteurs privés et publics du secteur durable. Nous avons déjà tracé avec nos partenaires congolais des axes prioritaires à ce qu’on pourrait faire ensemble. Il y a des domaines où l’expertise française est reconnue au niveau internationale comme dans la gestion des déchets ou encore de mobilité durable », a expliqué François Pujolas,  Ambassadeur de la France en RDC.

Appelée à relever plusieurs défis relatifs à l’environnement comme la gestion  des déchets,  la mobilité durable, l’accès à l’énergie ou encore l’agriculture, la République démocratique du Congo estime que ce sommet arrive à  un moment crucial où le pays s’active à créer une agence de transition écologique.  La participation des acteurs congolais à cette rencontre permettra à ceux-ci d’échanger avec leurs collègues venus d’autres pays, et leur permettra ensuite d’engranger  des connaissances qui pourront les aider à concevoir des projets bancables. Continuer la lecture de Environnement : Villes et territoires durables au cœur du prochain sommet France-Afrique

FORETS : UNIKIS-CIFOR, un partenariat qui dote la RDC d’une nouvelle génération d’experts forestiers

Le partenariat entre l’Université de Kisangani (UNIKIS)  et le Centre International de Recherche Forestière (CIFOR) est à ce jour considéré comme un modèle en ce qui concerne la préservation des forêts congolaises, et la formation des cadres devant assurer ladite  préservation.  Avec plusieurs résultats à son actif, ce partenariat a tracé et  balisé le chemin d’une gestion durable de la biodiversité et de l’aménagement  forestier en  République démocratique du Congo.

Du projet REAFOR ( Relance de la recherche agronomique et forestière) au projet FORETS ( Formation recherche et environnement dans la Tshopo) en passant par REFORCO (Recherche forestière au Congo) et FCCC ( Forêts et changement climatique au Congo), le CIFOR financé par l’Union européenne  a au travers de sa coopération avec l’UNIKIS  formé à ce jour  une importante masse critique au niveau de master et doctorat, capable de  relever le défi de cadres pouvant travailler tant  dans la formation de formateurs que dans l’accompagnement de l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN),  structure spécialisée dans la conservation de la nature en RDC.

« Avant notre partenariat avec le CIFOR, on avait constaté après  évaluation que la RDC ne disposait que de deux forestiers qualifiés, et d’un autre non qualifié, mais qui faisait quand même le tour du pays lorsqu’on devrait recourir à un expert. Cela était insuffisant avec la vision du gouvernement qui voulait que l’ICCN ait beaucoup de cadres qualifiés », a expliqué, Dhed’a Djailo Recteur de l’université de Kisangani. Continuer la lecture de FORETS : UNIKIS-CIFOR, un partenariat qui dote la RDC d’une nouvelle génération d’experts forestiers

Agriculture : INERA Yangambi, un phoenix et une histoire de succès des années 40

Donné pour disparu par les uns, et en état de mort cérébrale par les autres, l’Institut National d’Etude et Recherches Agronomiques (INERA) est loin de porter toutes les étiquettes qui lui sont collées. Située à Yangambi dans la province de la Tshopo, cette grande institution de recherche qui a tant fait la fierté de la République démocratique du Congo en matière agronomique est bel et bien fonctionnelle et continue de servir le pays dans plusieurs domaines, notamment dans la livraison de semences de base ou encore dans la lutte contre la mosaïque africaine de manioc.

«  L’INERA n’est jamais mort comme le confessent plusieurs langues, nous sommes toujours d’actualité et en activité pour accompagner notre pays à booster son développement », a déclaré Posho Ndola, Directeur général de l’INERA Yangambi. « Dans le domaine phytogénétique, nous avons un herbarium national le plus riche d’Afrique centrale regorgeant plus 150 mille spécimens. Et nous avons un intéressant domaine de recherche qui est d’actualité, dans lequel nous faisons aussi des études sur le biotope ».

Crée en 1933 par l’arrêté royal Belge dans le but d’assurer la promotion du développement de l’agriculture congolaise, en se penchant sur les observations, les études fondamentales et les expérimentations dans le domaine agronomique, l’INERA Yangambi entend avec l’appui de ses partenaires dont le projet FORETS (Formation Recherche et Environnement dans la Tshopo) du CIFOR reprendre sa place de leader dans le monde, surtout dans son domaine de prédilection, l’agronomie. Continuer la lecture de Agriculture : INERA Yangambi, un phoenix et une histoire de succès des années 40