Archives par mot-clé : Union européenne

Conservation : l’Union européenne étend son intervention à Bili-Uélé

3 millions d’euros, c’est le montant que l’Union européenne  vient d’allouer  au Domaine de chasse de Bili – Uélé dans la partie  nord de la RDC.  La signature de la convention de subvention entre la délégation  de l’UE et l’Ong AWF ( African Wildlife Foundation), a  eu lieu à Kinshasa, le mardi, 16 janvier.

Ces financements s’inscrivent  dans le cadre du programme ECOFAC VI,  lancé l’année  dernière à  Douala  au Cameroun.  Ils sont destinés à renforcer la gestion  de cette aire  protégée et promouvoir le développement  durable des activités agricoles en vue d’assurer le développement  économique  des communautés  riveraines.  Continuer la lecture de Conservation : l’Union européenne étend son intervention à Bili-Uélé

ECOFAC VI : La RDC bénéficiera de 120 millions d’euros de l’Union européenne

La République démocratique du Congo bénéficiera d’une enveloppe globale de 120 millions d’euros de l’Union européenne, dans le cadre de l’exécution de la sixième phase du programme des « Ecosystèmes Fragilisés d’Afrique Centrale » (ECOFAC VI). La Représentante de l’Union européenne, Chantale Marissen, l’a révélé aux médias, lors de la clôture de la 17ème réunion du Partenariat pour les forêts du Bassin du Congo (PFBC), qui s’est tenue à Douala du 24 au 27 octobre 2017.    

Chantale Marissen , Représentante de l’UE, lors de la 17ème  réunion du PFBC à Douala (Cameroun), Photo – Alfred NTUMBA/ Environews RDC

« La RDC est un pays riche en biodiversité. Nous lui avons affecté 120 millions d’euros, et nous sommes en train de voir si nous pouvons affecter plus d’argents à ce pays », a-t-elle précisé.

Outre cette enveloppe, l’Union européenne entrevoit la possibilité de financer davantage la RDC, grâce au volet de la coopération régionale de l’ECOFAC VI, sensé financer la création d’une zone  transfrontalière de conservation entre la RDC, la RCA et le Tchad. « Nous lançons ECOFAC VI, mais nous sommes en train de négocier avec la CEEAC (Communauté Economique des Etats d’Afrique Cetrale), pour un montant supplémentaire. Ce qui ne sera pas financé  par ECOFAC VI, le sera par ces financements additionnels », a-t-elle déclaré.

L’Union européenne se félicite de son  partenariat avec la RDC, et du sérieux de différents acteurs avec lesquels elle travaille au quotidien. Chantale Marissen a également révélé que son institution va bientôt célébrer les 30 ans de partenariat et de succès avec le Parc National des Virunga, situé dans la partie Est du pays.

Après le lancement au mois de juillet, à Libreville (Gabon), de la sixième phase du programme des « Ecosystèmes Fragilisés d’Afrique Centrale » (ECOFAC VI), l’Union européenne a lancé le volet Cameroun de ce programme à Douala, le mercredi 25 octobre 2017. Viendra en suite le lancement d’autres volets dans le pays membres de la Commission des forêts d’Afrique centrale (COMIFAC).

 

Depuis Douala, Alfred NTUMBA

Les médias environnementaux sont-ils neutres? (Chronique de Romain Calaque)

Vous qui détenez ou même cherchez la vérité, la neutralité, l’objectivité, l’impartialité et l’apolitisme, je vous invite à passer votre chemin, cela nous évitera des conflits stériles : en effet, je propose ici des chroniques qui sont subjectives, partiales et politiques, qui ne détiennent ni ne cherchent la vérité, mais plutôt l’émancipation.

Romain Calaque, facilitateur de l’Union européenne, lors d’une interview accordée à la rédaction d’environews.
Crédit photo/environews RDC

Je trouve qu’il existe en Afrique un peu plus de médias qui traitent de l’environnement, avec des rubriques sur la protection de la nature :
Ca me semble être une excellente nouvelle !

Il s’agit le plus souvent de médias en ligne et non payants, financés principalement par des donateurs internationaux (comprendre occidentaux), étatiques ou privés. Les articles, reportages ou éditoriaux que j’y trouve sont produits par des journalistes (rarement par des praticiens), qui globalement ressemblent à la majorité de leurs homologues d’Occident : ils ou elles sont en majorité issus des classes dites moyennes, diplômés du supérieur, citadins et salariés précaires.
Probablement davantage qu’en Occident, ces journalistes environnementaux Africain-e-s sont jeunes.

Est-ce déterminé par cette sociologie, mais je constate que les médias environnementaux d’Afrique et les médias (mainstream) d’Occident propagent également les mêmes idées concernant leur rôle et leurs pratiques. Sans pouvoir entrer dans les détails, je dirais que, tant par leur fond (sujets traités, formulations des titres) que par leur forme (illustrations, mise en page), ces médias prétendent à la neutralité, l’objectivité, l’impartialité et l’apolitisme. Autrement dit : ils se veulent indépendants de toutes les parties-prenantes et de leurs idées.

La journaliste Aude Lancelin a récemment décliné cette prétention à l’indépendance des médias dominants occidentaux en 7 idées, les plus fréquemment mises en avant, ici.

Je vous propose d’en adapter la formulation au secteur des médias environnementaux d’Afrique : les donateurs de ces médias ne les influencent pas, ces médias recourent aux donateurs parce qu’ils n’ont pas d’alternative, ceux qui critiquent ces médias critiquent le journalisme, ceux qui parlent de «  médias environnementaux » comme d’un ensemble homogène font erreur car ces médias sont divers, leurs journalistes se doivent d’être neutres, ces médias sont par essence des forces démocratiques à défendre quoiqu’il arrive, et enfin, ces médias ne peuvent être tenus responsables des décisions prises dans le secteur environnemental car petits comme ils sont, ils n’y peuvent pas grand chose.

Dans sa tribune, Aude Lancelin explique en quoi, selon elle, ces idées répétées par les médias mainstream de France ou des USA sont fausses, en quoi ces médias (et leurs journalistes) ne sont pas neutres, mais que pour des raisons plus économiques et sociologiques qu’idéologiques, et parfois même sans s’en rendre compte, ils ont pris un parti : celui de ceux qui contrôlent le système, le parti dominant.

Et les médias environnementaux Africains ?

Leurs journalistes sont-ils, en majorité, dépendants des dominants ?
Et si oui, desquels ?
(Dominants d’ici, ou dominants d’ailleurs ? Dominants par la politique, par la géopolitique ou par les affaires ?)
J’ai ma petite idée sur la question, et je suppose que vous l’avez comprise.

Pourtant…
S’étant intéressés à mes recommandations de lectures sur LinkedIn, des journalistes d’Environews m’ont proposé de publier sur leur site internet des chroniques sur l’environnement, tout à fait librement.
J’en suis d’abord honoré et heureux !
Et j’en déduis ensuite que, compte tenu de ces recommandations de lectures, ils veulent ouvrir leurs colonnes à des points de vu différents de la pensée des dominants : alors que vive la diversité de la nature, et que vive la diversité des idées !

Climat : L’Union européenne invite la RDC à ratifier l’accord de Paris

S’adressant aux journalistes du réseau [Green Journalist Network], lors d’un café de presse organisé à Kinshasa, le jeudi 28 septembre 2017, l’Ambassadeur de l’Union européenne en RDC, Bart Ouvry, a souligné l’engagement de son institution en faveur du climat et l’importante implication attendue de tous les citoyens dans la lutte contre les effets des changements climatiques. Il a par la même occasion, lancé un appel à la classe politique congolaise l’invitant à un sursaut patriotique en vue de la ratification de l’Accord de Paris sur le climat.

Bart Ouvry, chef de la délégation de l’Union européenne à Kinshasa. (Crédit photo, la primature de la RDC)

« J’étais très content lorsque le président de l’Assemble nationale, lors de l’ouverture de la session de septembre, a appelé à la ratification de l’accord de Paris. Ce pays qui est l’un des grands poumons verts de la planète a un rôle plus important à jouer dans la mise en œuvre de cet accord. Il y’a objectivement un grand intérêt pour la RDC de rentrer dans cet accord, et être présente à Bonn pour défendre les intérêts de congolaises et congolais », a-t-il précisé.

Pour l’Union européenne, la lutte contre les changements climatiques est une manière de multiplier ses actions contre la déstabilisation de la RDC. « Beaucoup de congolais subissent tous les jours les effets des changements climatiques. Il nous faut agir, mais pas seul, car il y’a nécessité d’avoir un appui populaire et celui de la classe politique. Quel que soit leurs tendances et leurs provenances politiques, il est important d’avoir des acteurs politiques, un consensus le plus large possible sur ces questions  », a-t-il insisté.

Cet engagement de l’Union européenne se traduit naturellement dans sa coopération bilatérale avec la RDC, par un appui important à la protection de la biodiversité. « Aujourd’hui dans le cadre de 11ème FED (Fonds européen de développement), nous avons engagé 120 millions de dollars américains qui vont dans le domaine de l’environnement, de la biodiversité et l’appui à l’agriculture durable. Notre but est de renforcer le lien entre la conservation et l’augmentation de retombées économiques de la population », a-t-il précisé.

Bart Ouvry est tout de même revenu sur le succès que connait l’accord de Paris sur le Climat. « Parmi les 187 pays qui pourraient ratifier cet accord, nous en avons déjà 166 qui l’ont fait. Rarement dans l’histoire d’accords internationaux, nous avons vu dans un délais aussi rapproché, un tel enthousiasme et engagement de la large majorité des pays, partout sur la planète». A-t-il informé. « Aujourd’hui nous sommes dans une situation où la majorité des Etats partout dans le monde se rend compte de la problématique des changements climatiques. L’accord de Paris est un grand succès, et la réunion à Bonn sera très importante pour confirmer ce succès ».

Chaque année, l’Union européenne consacre environ 100 milliards de dollars américains à l’aide au développement des pays. Le 20% de cet investissement annuel est consacré au climat.

 

Alfred NTUMBA

Biodiversité : l’Union européenne présente son approche stratégique pour la conservation en Afrique

Une année après la publication d’« Au-delà des éléphants », l’Union européenne à travers sa délégation en République démocratique du Congo, a dévoilé ce jeudi 11 mai à Kinshasa, son approche stratégique pour la conservation de la nature en Afrique, liens avec l’Afrique centrale et la RDC. Continuer la lecture de Biodiversité : l’Union européenne présente son approche stratégique pour la conservation en Afrique

UE : l’avenir du marché carbone se décide à Bruxelles

Les gouvernements européens vont discuter énergie et gaz à effet de serre.
Les négociations seront serrées sur les droits à émettre du CO2 .

Une partie de la politique énergétique de l’Union européenne se décide, lundi et mardi, à Bruxelles. Réunis en conseil, les ministres de l’Energie ou de l’Environnement des vingt-huit pays se retrouvent autour de deux grands sujets. D’une part, un premier débat d’orientation va se tenir autour des propositions de la Commission concernant la politique énergétique de l’Union. L’occasion pour les Etats membres d’abattre leurs premières cartes. Puis, mardi, c’est le marché du carbone qui sera évoqué. Avec la possibilité, si les divergences sont dépassées, d’arriver à un accord entre Etats ouvrant la voie à une ultime négociation avec le Parlement européen.

Lundi, le débat portera sur la stratégie à mettre en oeuvre pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’Union européenne : réduire de 40 % ses émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 – par rapport au niveau de 1990. Les discussions tourneront autour de l’organisation du marché pour que les énergies renouvelables y aient toute leur place. Cela nécessite des mécanismes de fixation des prix assez prévisibles pour attirer les investissements.

La réflexion porte également sur le caractère intermittent de l’éolien et du solaire qui implique de développer les interconnexions et de faire plus de place aux producteurs locaux. Pour la France, l’un des enjeux de la discussion portera sur le mode opératoire de l’Union européenne : avec d’autres, Paris se méfie de l’ingérence potentielle de la Commission. Forte de son industrie nucléaire, Paris juge nécessaire que les Etats membres gardent la main sur leur stratégie pour concourir à l’objectif global d’une réduction des gaz à effet de serre.

Pour les uns, augmenter le prix des droits à polluer…

Mais c’est mardi qu’aura lieu la véritable négociation : l’avenir du marché du carbone baptisé « ETS » (Emissions Trading Scheme). La discussion s’annonce très politique, opposant trois groupes de pays, dont les objectifs sont distincts sans être frontalement opposés.

Pour un premier groupe, auquel appartient la France, la priorité est de faire en sorte que le prix des droits à polluer augmente. Alors que la tonne de CO2 évolue aujourd’hui sous les 5 euros, il semble nécessaire d’atteindre, au minimum, 4 fois cette somme pour que l’objectif initial, celui d’une incitation à investir dans des technologies propres, commence à être atteint.

Concrètement, l’enjeu est d’apurer le marché d’une trop grande quantité de quotas. Il est question d’augmenter le rythme de remplissage de la « réserve de stabilité », déjà créée pour rééquilibrer le marché. Mais Paris, Stockholm, La Haye et Luxembourg proposent aussi de mettre en place un mécanisme permettant de supprimer les droits à polluer retenus dans cette réserve depuis cinq ans. Paris en fait un point essentiel et se dit prêt à faire des concessions sur les autres sujets pour autant que cette disposition soit gravée dans le marbre.

… pour d’autres, accroître les quotas gratuits

Un second groupe de pays, mené par l’Allemagne, veut surtout sécuriser le fait que leurs industriels ne pâtissent pas trop des règles européennes. Il s’agit, là, d’assurer qu’un quota suffisant de droits à polluer soit accordé gratuitement aux industries fortement consommatrices d’énergie et tentées d’aller s’installer sous des cieux moins contraignants. Alors que la Commission propose que 43 % des droits à polluer soient distribués gratuitement, la tentation serait d’augmenter cette proportion – et le Parlement européen est prêt à l’envisager. La France, elle, se méfie des effets d’aubaine, déjà constatés par exemple chez les cimentiers, et veut veiller à un usage strict des quotas gratuits.

Les pays de l’est de l’Europe entendent, eux, surtout défendre le « fonds de modernisation » prévu à leur effet et l’autonomie avec laquelle ils pourront en faire usage, c’est donc un grand marchandage qui se profile, où les alliances de circonstance rendent l’issue finale incertaine. « On peut s’attendre à une discussion jusqu’à ce que mort, ou accord, s’en suive », plaisante un proche des négociations.

Avec Les Echos