CONSERVATION

Faux rapport de Minority Rights Group contre le parc de Kahuzi Biega, l’Allemagne menace
Conservation : Faux rapport de Minority Rights Group contre le parc de Kahuzi Biega, l’Allemagne menace


Les allégations de violations des droits de l’homme contre la population autochtone dans le parc national de Kahuzi-Biega doivent être clarifiées, indique un communiqué de presse du gouvernement allemand, de ce mardi 12 avril. Cette réaction fait suite à un rapport de Minority Right Group, une organisation britannique qui affirme ces allégations. Des allégations contestées par la majorité des organisations de la société civile congolaise sur place dans le Sud-Kivu.

« L’Allemagne est l’un des pays donateurs qui financent la conservation de la nature dans le parc national. Nous prenons ces allégations très au sérieux. S’ils sont corrects, il y aura des conséquences, y compris pour le soutien allemand au parc national. C’est pourquoi il doit maintenant y avoir une enquête rapide et indépendante », a indiqué Jochen Flasbarth, secrétaire d’État au Développement.

Il a par ailleurs fait savoir qu’il en a discuté tour à tour avec le directeur général de l’ICCN (Institut Congolais pour la Conservation de la Nature), et la vice-premier ministre à l’Environnement, Eve Bazaiba. « Je m’attends à ce que la clarification sur place soit vigoureusement poursuivie et que tous les partenaires travaillent de manière crédible pour protéger les droits de l’homme. Cela dépendra de la possibilité de poursuivre le financement », a-t-il précisé.

Selon l’Allemagne, la conservation de la nature ne peut réussir à long terme que si la population locale, en particulier la population indigène, est impliquée et si ses droits humains sont pleinement respectés.

Minority Rights Group se tire une balle dans le pied

C’est l’une des organisations britanniques respectées pour sa qualité d’enquêtes estiment certains acteurs et observateurs de cette scène. Depuis la publication de son enquête « des gardes du parc national de PNKB, financés par l’Allemagne et les États-Unis, ont violé et assassiné des membres de la communauté autochtone batwa », cette organisation internationale semble perdre tout son crédit à cause de faussetés et mensonges racontés dans ce rapport.

Plusieurs acteurs sérieux qui accompagnent les peuples pygmées autour du parc de Kahuzi Biega s’interrogent sur la réelle motivation de Minority Rights Group à se loger une balle dans le pied en publiant une enquête qui ne reflète pas la réalité.

D’autres acteurs de la société civile vont même plus loin pour insinuer que l’enquêteur en chef, Robert Flummerfelt se serait servi des Ongs qu’il a soudoyé pour mettre en scène ces horribles allégations qui n’ont pour objectifs que de ternir l’image de la république démocratique du Congo, de ses institutions et de son armée. 

Certains pensent qu’il s’agit d’une stratégie mise en place pour priver le parc national de Kahuzi Biega des financements nécessaires afin de faire son travail.  Devant la presse ce lundi 11 avril 2022, le directeur de communication de ce parc n’a pas caché la volonté de son institution de traduire en justice cette organisation britannique.

Une nouvelle enquête en cours

Selon des sources concordantes, une nouvelle enquête a été initiée par l’ICCN, pour faire la lumière sur cette situation. Cette enquête connaît notamment la participation de l’armée congolaise, de la cellule des droits humains de l’ICCN, des services des renseignements, ainsi que de de certains membres de la société civile.

« L’ICCN, qui est responsable du parc, a convoqué une commission en appui à l’enquête pénale sur les allégations et en consultation avec le BMZ, dans laquelle l’auteur du rapport Minority Rights Group est également représenté. Le travail de la commission est suivi de près et soutenu par des représentants de la mission de l’ONU dans l’est du Congo, la MONUSCO. Le travail de la commission est également accompagné d’un expert international financé par des fonds de projets allemands », confirme le communiqué du gouvernement allemand.

Aux dernières nouvelles, la MONUSCO aurait désisté de cette tâche.  Tous nos efforts pour joindre la cellule des droits humains de l’ICCN sont restés vains.

Alfredo Prince NTUMBA

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