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Foncier : Vers la consécration de la plateforme de la Stratégie Nationale d’Engagement 2019-2021 en RDC

En République démocratique du Congo, les parties prenantes engagées dans les questions du foncier se sont retrouvés à Kinshasa pour mener des réflexions autour de l’institution de la Stratégie Nationale d’Engagement (SNE) pour la période 2019-2021. L’atelier de présentation de la SNE a été lancé ce lundi 19 avril. Il devra durer deux jours.

« Cette initiative qui fait appel à toutes nos organisations mérite notre attention. L’autorité coutumière est disposée à faire partie de l’acte constitutif de la SNE et y donner de l’énergie nécessaire », a indiqué Mfumu Difima, autorité coutumière.

L’objectif général de cet atelier national est de consacrer l’engagement des acteurs nationaux dans la Plateforme et de valider les actions de la Stratégie Nationale d’Engagement (SNE), afin de permettre aux membres de se l’approprier. 

« Au niveau de la SNE, nous avons une diversité qui marque sa particularité. Nous n’allons pas nous limiter à la seule politique foncière. La SNE va travailler à mobiliser tous les acteurs autour d’autres questions qui touchent à la terre et aux communautés », a précisé Espérance Nyota, membre de la SNE.

Notons que la deuxième journée de cet atelier sera consacrée notamment à la signature de l’acte constitutif de la SNE, et à la formulation de ses principes. La Coalition Internationale pour l`accès à la Terre (ILC) est une alliance mondiale des organisations œuvrant à garantir un accès équitable à la terre et à la sécurisation des droits fonciers des groupes vulnérables. 

Alfred NTUMBA

Sommet Biden sur le Climat : Et si Tshisekedi capitalisait la loi sur les pygmées de la RDC

Les 22 et 23 avril se tiendra le Sommet des Dirigeants sur le Climat convié par le Président Joe Biden. Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi est l’un des 40 dirigeants mondiaux conviés à cette rencontre. Le choix de la RDC à ce sommet est justifié par son importance en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment par ses forêts, qui constituent la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et jouent un rôle crucial dans la régulation du climat, aussi bien sur le plan régional que global.

Suite à l’annonce du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris, cette rencontre a pour objectif de « souligner l’urgence – et les avantages économiques – d’une action climatique plus forte », selon les termes de la Maison Blanche. 

Une oppotunité également pour le Président Tshisekedi de mettre en lumière son engagement de voir les communautés locales et peuples autochtones jouer un rôle de premier plan dans la préservation des forêts primaires, des tourbières, de la biodiversité, pour lutter contre les changements climatiques, tout en favorisant un développement durable.

 « Ce sommet mondial est une opportunité d’affirmer le rôle de leader de la République Démocratique du Congo dans la lutte contre les changements climatiques. Mais de quelle manière ? Le Président Tshisekedi mettra-t-il les peuples autochtones pygmées au-devant de la scène internationale ?Se félicitera-t-il de l’avancée historique que constitue la récente adoption par les députés nationaux d’une loi sur les droits des peuples autochtones, et du potentiel de cette loi dans les efforts du Chef de l’Etat et de son Gouvernement en matière de climat et de développement durable ? »,s’interrogent certains acteurs et associations des droits pygmées.

Une occasion majeure pour le Président Tshisekedi de souligner l’importance capitale de mettre à profit l’interdépendance entre préservation des forêts primaires et développement durable, et d’affirmer la volonté de la République Démocratique du Congo de faire de cette interdépendance une orientation stratégique nationale, transversale, intersectorielle.

Un engagement politique qui se traduit en avancée historique

En 2020, le Chef de l’Etat s’engageait à « sécuriser juridiquement les terres et terroirs ancestraux des Autochtones Pygmées sous forme de grandes réserves naturelles, écologiques et communautaires, selon la volonté et sous le contrôle de ces peuples ». Le 7 avril dernier, l’Assemblée Nationale a adopté à la quasi-unanimité la loi sur les droits des peuples autochtones pygmées.

Le président de l’Assemblée nationale de la RDC au sortir du vote de loi. sur les pygmées.

Un évènement historique qui vient appuyer l’engagement du Chef de l’Etat, et qui pourrait permettre de voir les peuples autochtones pygmées jouer un rôle de premier plan dans la préservation des forêts primaires du pays et la lutte contre les changements climatiques.

Une avancée historique en RDC qui doit être saluée et appuyée par la communauté internationale

Sécuriser les droits des peuples autochtones sur les terres et les ressources qu’ils possèdent, occupent ou utilisent traditionnellement, conformément à la lettre de cette nouvelle loi, est l’une des mesures les plus rentables pour préserver les forêts tropicales.

A la veille des Conférences des Parties de 2021, ces développements positifs en RDC appellent à des engagements clairs et concrets de la part des décideurs de ce monde. D’une part pour garantir les droits à la terre et aux ressources des peuples autochtones dans les accords internationaux sur le climat et la biodiversité, mais aussi garantir la sécurisation de ces droits dans la pratique. Et d’autre part, pour assurer un appui politique, technique, financier cohérent et conséquent aux modèles de préservation et de gestion durable communautaires des écosystèmes forestiers.

Le Président Tshisekedi choisira-t-il de mettre à profit le Sommet convié par le Président des Etats-Unis pour faire montre de son engagement sur cette question, mais aussi de sa volonté de mobiliser les autres dirigeants sur la nécessité de placer aussi bien les peuples autochtones que les autres communautés locales dépendantes des forêts au centre des initiative et efforts visant à préserver les forêts tropicales et leur biodiversité ?

Une incohérence qui doit être corrigée

Un récent rapport de la Rainforest Foundation Norway montre que dans les pays tropicaux, la sécurisation des droits à la terre et la gestion forestière des peuples autochtones et communautés locales (PACL) n’ont reçu au cours des dix dernières années qu’une part minime du financement des bailleurs internationaux. Cela équivaut à moins d’un pour cent de l’aide publique au développement pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques sur la même période.

Le rapport présente également un résumé de la littérature scientifique sur les effets de la sécurisation des droits à la terre et de la gestion forestière des PACL sur la protection des forêts, montrant pourquoi il s’agit de mesures efficaces et indispensables pour faire face aux crises du climat et de la biodiversité. Des recommandations sont adressées dans ce sens aux bailleurs et aux autres acteurs sur comment augmenter et canaliser les financements plus efficacement.

Un plaidoyer pour un développement durable, qui dépend du climat et de la biodiversité

Sécuriser les droits à la terre et aux ressources des peuples autochtones pygmées ne permettrait pas seulement à ces peuples de continuer à jouer leur rôle de gardiens des forêts primaires. Cela contribuerait également à jeter des bases solides pour leur propre développement durable, dans le respect de leurs connaissances, cultures et aspirations traditionnelles.

Le développement durable de la RDC, pour le bénéfice des générations présentes et futures, dépend directement de la préservation des forêts tropicales et de leur biodiversité.

La rédaction

Le vaccin Astra Zeneca sera bel et bien administré aux congolais à partir de ce lundi 19 avril 2021

La problématique de la vaccination contre la Covid-19 demeure la question de l’heure en République Démocratique du Congo. Le Ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo a annoncé, le début de la vaccination ce 19 avril au cours d’une réunion de la Task Force présidentielle du 13 avril à Kinshasa.

D’aucuns se demandent pourquoi le Gouvernement s’obstine à vouloir vacciner la population avec un vaccin qui est refusé ou suspendu dans d’ autres pays, après avoir causé des maladies graves dans certains organismes. Pour la Directrice du Programme Elargi de Vaccination PEV, un travail de sensibilisation des cibles est en train d’être fait. 

« Beaucoup de rumeurs ont été diffusées à travers les réseaux sociaux et la stratégie c’est donner la bonne information, sensibiliser et répondre aux questions pour un changement de comportement, le 1er comportement ayant été développé sur base des fausses informations. Nous allons commencer par vacciner la population de Kinshasa et nous allons étendre la vaccination dans les autres provinces, une semaine ou dix jours plus tard », a-t-elle déclaré au cours d’une conversation accordée vendredi 16 avril à Environews.

Arrivé en RDC le 02 mars par l’intermédiaire de Covax en partenariat avec la coalition pour les innovations en matière de vaccin, AstraZeneca ne cesse d’être sujet à controverses. 

Prévue initialement le 15 mars, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a été suspendue par mesure de précaution. Cela suite aux rapports de cas de formation des caillots sanguins chez des personnes qui ont été vaccinées dans d’autres pays, notamment le Danemark, la Norvège, l’Islande, l’Estonie, la Lettonie, l’Autriche, l’Italie, la Bulgarie et le Luxembourg, Selon un communiqué de presse rendu public par le Ministre de la Santé le 13 mars 2021. La majorité de personnes interrogées par Environews à Kinshasa a affirmé ne pas être prête à recevoir ce vaccin.

Pendant que les autres pays comme la France continuent à enquêter sur l’Astra Zeneca, l’Organisation Mondiale de la Santé OMS avait déclaré la semaine dernière qu’il devrait continuer à être utilisé. A quoi vont servir les résultats des enquêtes ?  La population congolaise va-t-elle adhérer facilement à la vaccination pendant que les rumeurs sur la mauvaise composition de ce vaccin continuent à être à la une ? Pourquoi n’avoir pas commencé par une campagne de vaccination minutieuse pour effacer le doute ? Qu’en est-il du Manacovid ou de l’Articovid, deux produits locaux qui ont démontré leur capacité à combattre efficacement la Covid-19 ?

Tous nos efforts pour joindre les Dr Eteni Longondo et Jean Jacques Muyembe Tamfum en vue d’obtenir des réponses à ces questions ont été vains.

Sarah MANGAZA

Environnement : Eve Bazaiba, l’heure du casting a sonné !

Près de cinq jours après la publication du gouvernement Sama Lukonde, les prouesses d’heureux nommés laissent peu à peu la place au casse-tête. Chaque membre du gouvernement cherche à constituer son équipe de Warriors juniors de l’ombre qui peuvent l’aider à réussir la lourde mission qui l’attend. 

Mais hélas, la tâche est aussi plus rude que l’on peut bien s’imaginer. D’une part, les ministres sont censés composer avec le quota des partis politiques auxquels ils appartiennent. Et de l’autre, s’en tenir au devoir du résultat sur base duquel, ils seront jugés.

Cette deuxième option est beaucoup plus complexe car elle renvoie aux choix des compétences, qui parfois ne se retrouvent pas dans son parti politique. Comment concilier les exigences de son appartenance politique et l’efficacité du travail ? L’équation est à double inconnus.  

L’heure n’étant pas notre allié ! La semaine prochaine, si tout marche comme prévu, ce gouvernement des Warriors devra être investi. Alors dans les différents QG l’on se bouscule pour avoir droit au chapitre. 

Dans tout ça, le maître du jeu reste le membre du gouvernement. Car au finish, c’est lui qui devra répondre. Toute chose restant égale par ailleurs, si le casting est biaisé, la suite le serait aussi. Diantre ! Pour un secteur aussi technique que sensible, Eve Bazaiba a le choix entre réussir ou échouer lamentablement. 

De bons profils

Eve Bazaiba tombe dans un domaine qui a vu plusieurs ministres avant lui couler comme une pierre dans l’eau. S’entourer des bonnes personnes pourrait constituer une clé de réussite de son mandat à la tête de ce ministère élevé au rang de vice primature. Des hommes et des femmes compétents et capables d’apporter leurs expertises aux côtés de la Vice-Premier ministre chargée de l’Environnement existent, mais il faut bien les trouver. 

Cependant, ces pièces rares ne se retrouvent souvent pas dans les partis politiques, et surtout au MLC (Mouvement de Libération du Congo) où Eve Bazaiba a occupé de très hautes fonctions.

Elle doit creuser dans l’administration environnementale pour dénicher des perles, qui ne vont surtout pas l’induire dans les erreurs répétitives du passé, comme cela a été le cas de ses prédécesseurs.

Un bon casting aiderait à dénicher ces compétences. Toutefois, elle devra y ajouter une bonne dose de rigueur pour relever le défi, et aussi veiller à ce que les conseillers ne lui fassent ombre. C’est aussi ça la complexité de ce casting. 

Une bonne communication 

Au-delà des aspects politiques, techniques et administratifs de ce ministère, Eve Bazaiba doit se trouver un très bon conseiller en communication environnementale. A la tête de ce secteur, la langue de bois n’a absolument pas de place. Tout doit être clair, limpide et diplomatique. Car, les enjeux sont de taille.

Au niveau national, Bazaiba doit apprendre à faire face à des résistances parfois qui ne disent pas leurs noms. Tandis que l’extérieur attendra d’elle une voix officielle d’une interlocutrice en qui il faut faire confiance. Alors, tout est communication ! Mais, il faut la modeler à la hauteur des attentes. Surtout loin des déclarations politiques d’autres fois, qui aujourd’hui semblent la coller à la peau.

Une bonne diplomatie

Le secteur de l’environnement transcende les clivages continentaux. Chaque partie y joue pour gagner. La RDC dont le potentiel environnemental n’est plus à démontrer, éprouve cependant d’énormes difficultés à développer ses communautés. Un contraste qui nécessite une thérapie de choc. 

Pour y arriver, il faut mobiliser les moyens financiers et techniques. C’est à ce niveau qu’une diplomatie bien pensée et bien ficelée peut apporter une solution efficace et durable. Pour cela, Eve Bazaiba se doit d’y travailler avec des expertises qu’elle peut identifier dans l’administration ou en dehors de celle-ci.

Surtout ne pas se fier aux apparences, car le secteur qu’elle va gérer ne pardonne pas. Tous les projecteurs sont désormais fixés sur elle. 

Nous y reviendrons dans notre prochain édito.

Alfred NTUMBA

Alimentation : Un nouveau projet pour assurer la sécurité alimentaire dans 3 provinces de la RDC

La FAO a lancé le projet « Strengthening the livelihoods of vulnerable populations facing COVID-19 in the DRC ». Ce projet de 18 mois doit renforcer les moyens d’existence des populations vulnérables dans trois provinces de la République démocratique du Congo. Il permettra d’appuyer 8 500 ménages pour la production alimentaire, la gestion post récolte et l’accès au marché ​ ainsi que 3 000 autres bénéficiaires, en particulier les femmes et les jeunes pour la diversification des sources de revenus et d’épargne/crédit.

Ce projet sera exécuté dans les provinces de l’Ituri (Territoire d’Irumu), du Kasaï (Territoire de Kamonia) et du Kasaï Central (Territoire de Kazumba). Il sera financé à hauteur de 3 000 000 de dollars canadien (CAD), par le Canada. 

« Ces territoires sont déjà parmi les zones les plus vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. Leur situation a été exacerbée par la pandémie de COVID-19 et pourrait également conduire à la perte des acquis d’autres interventions déjà réalisées pour l’amélioration de la sécurité alimentaire », indique le communiqué annonçant ce projet.

23 des 26 provinces de la RDC ont été directement touchées par la pandémie de COVID 19. Cette situation a entraîné plusieurs conséquences sur le plan économique et social entre autres : la réduction d’accès aux actifs de production (intrants, main-d’œuvre, capital, accès à la terre, etc.), la flambée des prix des denrées alimentaires due à des fluctuations des taux de change et un ralentissement de la commercialisation des produits agricoles. 

L’impact de la pandémie à Covid-19 sur la sécurité alimentaire et les moyens d’existence des communautés de ces trois provinces a été brutal, rapide et sans précédent, a précisé le représentant de la FAO en RDC, Aristide Ongone Obame. 

« Les systèmes alimentaires et les chaînes d’approvisionnement ont été profondément fragilisés au point où la disponibilité alimentaire a été rompue », a-t- il déclaré. 

Notons par ailleurs que les bénéficiaires de ce projet seront sélectionnés selon des critères bien définis de vulnérabilité socio-économique à la pandémie de COVID-19. 

« Le ciblage suivra les recommandations du cluster sécurité alimentaire et inclura les PDI (personnes déplacées internes), les rapatriés, les retournés, les ménages avec des enfants souffrant de malnutrition, etc. Un système avancé d’identification numérique des bénéficiaires est actuellement mis en place », conclut ce communiqué.

Alfred NTUMBA 

Environnement : Greenpeace Afrique invite Eve Bazaiba à démontrer un nouvel élan en respectant les lois congolaises et les obligations internationales de la RDC

Réagissant à la nomination de Eve Bazaiba Masudi comme vice premier ministre chargée de l’Environnement, Greenpeace Afrique prend acte et invite la nouvelle locataire à démontrer un nouvel élan en respectant les lois congolaises et les obligations internationales de la RDC. 

« La nouvelle Ministre a le devoir de démontrer un nouvel engagement envers les droits de l’Homme, en particulier les droits de communautés locales et de peuples autochtones qui vivent et dépendent de la forêt», a précisé Irène Wabiwa Betoko.

Les relations entre cette Ong internationale avec les différents ministres qui ont défilé à la tête de ce ministère ont toujours étaient tortueuses.  Greenpeace Afrique demande à la ministre Bazaiba de faire respecter le moratoire sur les nouvelles concessions forestières industrielles violé sans scrupules et à plusieurs reprises par son prédécesseur en complicité avec des entreprises chinoises et congolaises. 

Les allégations auxquelles fait face monsieur Nyamugabo doivent faire l’objet d’une enquête judiciaire afin d’établir toutes les responsabilités dans cette affaire et qu’un jugement soit rendu selon la rigueur de la loi”, précise ce communiqué.

Et de conclure que la mise à l’écart de l’ancien ministre Claude Nyamugabo était réclamée par un groupe de la société civile congolaise  à cause de ses nombreux déboires dans la violation du moratoire, notamment par les attributions illégales d’au moins 13 concessions forestières industrielles.

Alfred NTUMBA

Environnement : Eve Bazaiba Masudi, une Warrior dans la jungle avec ou sans arme ?

Eve Bazaiba est la nouvelle locataire du Ministère de l’Environnement et Développement durable de la République démocratique du Congo. Contrairement à ce que nous affirmé dans notre précédent article, Eve Bazaiba est la deuxième femme à occuper ce poste, après Véronique Kiaba Lessendjina qui a inauguré le tout 1er ministère de l’environnement en RDC en   devenant Commissaire d’état (ministre) de 1975 à 1980, sous le règne de Mobutu. Un ministère élevé aujourd’hui au rang de vice primature, le lundi 11 avril 2021, par ordonnance présidentielle.

Surnommé « Gouvernement Warrior », la mouture présentée ce lundi, est le résultat d’un casting qui a duré 57 jours. Eve Bazaiba fait partie des Warriors qui composent l’équipe de Sama Lukonde, premier ministre de ce gouvernement de l’Union sacrée pour la nation. Une nouvelle coalition au pouvoir en RDC.

Femme politique au parcours éloquent dans « l’opposition », depuis plusieurs dizaines d’années. Elle est appelée aujourd’hui à gérer le secteur de l’environnement, l’un des plus stratégiques et critiques du pays.

Va-t-elle relever les défis qui l’attendent dans ce domaine ? Les plus sceptiques diront non, tandis que les optimistes diront le contraire. Car, elle sera tenue au devoir du résultat. Mais, à quel prix ? Va-t-elle s’y atteler avec ou sans armes ?

Comme dans un film de fiction, « les Warriors », ces personnalités mythiques sont souvent réputées pour leurs techniques de guerre assez exceptionnelles. Ce héros, l’est réellement lorsqu’il y va et revient avec la victoire. En effet, pour Eve, la victoire tient à beaucoup des paramètres, lorsqu’on sait percevoir les attentes innombrables de ce secteur.

Bien s’entourer

Bazayiba devra profiter de ce temps pour mener un casting rigoureux sans état d’âme pour se choisir de bonnes personnes. Elle doit s’entourer non pas d’experts de pacotilles, mais plutôt de personnes qui dispose de la fibre environnementale capables de lui apporter une vraie expertise dont elle a besoin pour atteindre des résultats, et sortir tête haute.

Elle devra se méfier du recrutement basé sur l’appartenance politique et ou tribale. Car, le domaine de l’environnement de la RDC ne pardonne pas. « Nos yeux sont grandement ouverts », ont réagi les acteurs et activistes de l’environnement, après sa nomination.

Certes, Eve Bazaiba est larguée dans une jungle aux allures d’un labyrinthe. Dans une forêt où les feuilles d’arbres sont l’argent qui coule à flot. Pourvue que l’on soit sevré du détournement et enrichissement illicite. Sinon, la tentation de s’enrichir hante toujours et toujours ceux qui s’y trouvent.

Des établissements classés aux ventes, mieux l’attribution, réattribution des concessions forestières. Les mots ne manquent jamais dans ce fourre tout. Bref, chaque vocable conviendrait et son verbe conjugué au temps voulu pourvu que l’on atteigne l’objectif. Alors, TIKA (laisser) serait le bon verbe de parole à utiliser quand l’envie de s’enrichir pourrait dominer le sens patriotique.

Se former et s’informer

Comme il en est de coutume en RDC, la vice primature en charge de l’Environnement est occupée par une femme politique. Bien que originaire d’une des provinces forestières du pays, Eve Bazaiba n’a rien d’environnement en elle. Du moins, au regard de son parcours. C’est pour la première fois qu’elle va gérer la chose publique. Parfois entre les ambitions et la réalité, il existe souvent un écart.

Si elle a passé presque toute sa jeunesse dans l’opposition, c’est bien sûr pour apporter sa touche particulière à la gestion de la Respublica. Ainsi, elle devra s’informer régulièrement, et se former sur l’état.

Dans ce domaine technique où tout est question du temps, celui-ci ne sera jamais son allié. Car, d’une part, la nation attend les résultats et de l’autre, la planète, sa réactivité.

Comprendre le sens de la diplomatie environnementale aujourd’hui serait un atout qui l’aidera à transcender les difficultés systémiques, pour s’engager dans un réel « Battle » entre Etats. Une véritable guerre sans merci, pour la conquête des opportunités et l’établissement d’un véritable leadership fort et redoutable de la RDC, comme deuxième puissance environnementale au monde.

On y reviendra…

Alfred NTUMBA

Environnement : Eve Bazaiba nommée à la tête du Ministère de l’Environnement de la RDC

Eve Bazaiba Masudi a été nommée Vice-premier ministre en Charge de l’Environnement et développement durable de la république démocratie du Congo. Elle remplace à ce poste, Claude Nyamugabo Bazibuhe. L’ordonnance de sa nomination a été lu à la télévision nationale congolaise.

Ancienne secrétaire nationale du Mouvement de Libération du Congo (MLC), de Jean-Pierre Mbemba, Eve Bazaiba Masudi est une combattante de la première ère.  Ancienne de l’UDPS, parti du Chef de l’Etat, elle a travaillé dans l’opposition avec le sphinx de Limete.

Elle est la deuxième femme qui occupe ce poste après Véronique Kiaba Lessendjina qui a inauguré le tout 1er ministère de l’environnement en RDC en   devenant Commissaire d’état (ministre) de 1975 à 1980, sous le règne de Mobutu.

Pour les observateurs, le Fait d’avoir ramené l’Environnement et Développement durable à la vice primature, est un signe qui marque l’importance qu’accorde le chef de l’Etat, Félix Tshisekedi, à ce secteur. 

Alfred NTUMBA

Conservation : Vers un appui de l’ONUDC dans la lutte contre les crimes environnementaux en RDC

L’Office des Nations Unies contre la Drogue et le Crime (ONUDC), pourrait appuyer la République démocratique du Congo dans la lutte contre la criminalité faunique et floristique. Les échanges autour de cette problématique ont eu lieu entre le ministre de l’Environnement et développement durable, Claude Nyamugabo et le Chef du Programme mondial de lutte contre les criminalités liées à la faune et à la flore pour l’Afrique centrale, Jorge Eduardo, ce vendredi 09 avril, à Kinshasa.

Il s’agira surtout de lutter contre les crimes souvent organisés par des troupes armées bien préparées. Une donne qui a anéanti depuis plusieurs années, les efforts de la RDC dans l’éradication de l’insécurité dans certains parcs de l’est du pays.

« Nous allons supporter le ministère et le CorPPN avec des formations en ce qui concerne la chaîne pénale. Surtout en ce qui concerne l’aspect des crimes au niveau forestier. Nous allons les aider également à mener des enquêtes après interaction avec le gouvernement congolais au sujet de la loi régissant ce secteur », a renseigné Jorge Eduardo.

Cette coopération vise à tout prix à barrer la route aux grandes organisations criminelles qui détruisent l’écosystème, mais surtout la biodiversité de la République démocratique du Congo, considérée comme le deuxième poumon vert de la planète.

« Nous voulons développer une intervention opérationnelle avec le CorPPN qui est naturellement notre partenaire dans le travail que nous aurons à faire. Nous aurons également une discussion dans le but de savoir comment est-ce que nous pouvons faire pour réduire les attaques contre les écogardes à travers notre intervention », a révélé Jorge Eduardo.

Au moment où la contrebande des espèces bat son plein au pays, cette organisation des nations unies entend apporter son expertise afin de mettre fin à l’exploitation criminelle de la faune et de la flore de la RDC.

Cette lutte contre la criminalité faunique et environnementale se focalisera surtout sur le trafic illicite des espèces de faune et de flore, du bois et des ressources naturelles de la RDC et de l’Afrique. L’ONUDC compte travailler non seulement avec le gouvernement mais aussi avec les agences et la société civile.

Albert MUANDA

Conservation : La Rainforest Foundation Norwey salue l’adoption de loi portant promotion et protection de droits des pygméeS

La Rainforest Foundation Norway a manifesté sa satisfaction de voir la loi portant promotion et protection des droits des peuples autochtones pygmées de la RDC être adoptée, au cours de la plénière de l’Assemblée nationale, le 07 avril. La RFN se félicite d’avoir accompagné toutes les démarches entreprises pour l’atteinte de ce grand résultat. 

« Cette adoption vient participer à une sorte de mouvement politique qu’on observe ce dernier temps.  La RDC semble adopter une approche progressiste en termes de protection de l’environnement et promotion des droits des peuples autochtones longtemps marginalisés »,a déclaré Kevin Sasia, directeur pays du RFN.

Après dix ans de lutte, il y’a lieu de reconnaître le rôle que jouent ces peuples dans la préservation des forêts primaires du pays, a rappelé le directeur national du RFN. Cette Ong internationale entend voir les autres institutions du pays s’impliquer dans la réussite de cette loi.   

Pour RFN et ses collaborateurs, doter ces peuples des droits est une preuve convaincante de reconnaissance du rôle des gardiens des forêts congolaises que l’on attribue à ces différentes communautés. 

La Rainforest Foundation Norway appuie plus de 13 organisations de la société civile sur les questions liées à l’environnement, à la protection et promotion des droits des communautés autochtones pygmées.

Malgré cette prouesse, les organisations qui travaillent dans l’accompagnement des peuples autochtones pygmées vers le recouvrement réel de leurs droits, sont autant conscientes du défi de l’appropriation de cette loi par les pygmées eux-mêmes d’abord. 

« Il y’a lieu de marteler aussi sur la mobilisation des ressources pour arriver à bien mener ce travail. La mise en œuvre de cette loi ne va pas seulement retomber sur l’Etat congolais. Il nous revient également la tâche d’accompagner l’Etat pour que cette mise en œuvre soit effective »,a précisé le coordonnateur de la DGPA, Patrick Saidi. 

Nelphie Mie