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Conservation : L’ICCN met en place une Cellule des droits humains

L’Institut Congolais pour la conservation (ICCN) a procédé à la présentation de la Cellule des droits de l’Homme. Une cellule mise en place pour lutter efficacement contre les différentes violations des droits humains dans et autour des aires protégées gérées par cette institution.  Cette cellule a été présentée au public ce vendredi 23 avril, à Kinshasa.

Un exploitant artisanal des minerais interpelé dans le parc de Kahuzi Biega

Après plusieurs dénonciations sur la violation des droits humains par les éco-grades, la nécessité d’appliquer les principes du respect des droits de l’homme se font sentir actuellement dans les aires protégées de la République démocratique du Congo. Au sein de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN), les agents éco-gardes ont été pointés du doigt et accusés de violation des droits de l’homme dans l’exercice de leur travail.

« Les actes qui sont posés à tous les niveaux dans les aires protégées sont maintenant jugés. Parce que les peuples autochtones et communautés locales participent à cette conservation. L’ICCN ne pouvait pas rester sans imaginer des mécanismes de lutte contre ces différentes accusations qui de fois sont gratuites », a déclaré le directeur général de l’ICCN, Cosma Wilungula. 

Cette Cellule a pour mission, d’observer, d’évaluer, de former, de sensibiliser et de vulgariser les parties prenantes sur ‘’le comment agir’’ pour vivre le respect des normes des droits humains, lutter contre les actes de violations de ceux-ci dans la Aires Protégés de la République Démocratique du Congo. 

« Il y’a des personnes qui commettent des actes que l’on peut taxer de violation des droits de l’Homme. Elles méritent la sanction de la loi. Créer une cellule chargée des droits humains, c’est chercher à juguler toute action de violation des droits dans les aires protégées », a précisé Georges Chirusha, responsable de la cellule des droits de l’homme de l’ICCN. 

La CDH sera en même temps chargée d’enquêter sur toutes les actions taxables de violations de droits de l’homme dans le chef des agents éco-gardes dans l’exercice de leurs fonctions ainsi que réaliser des analyses des risques efficientes et utilisables afin d’emmener les uns et les autres à respecter les droits des populations riveraines des aires protégés. 

« La grande nouveauté est que c’est une implication très forte de l’ICCN. En matière des droits humains il y a des cas d’interpellations fondées d’autres non fondées. Dans chaque aire protégée il y aura un point focal de cette cellule qui est là pour donner la clarté sur ce qui se passe et en assurer la transparence », a indiqué Alain Huart, technicien et chef de mission à la CATCO. 

Notons que la Cellule des droits de l’Homme bénéficie du soutien des partenaires techniques et financiers dont l’Union européenne, la KFW, l’USAID et les autres.  Elle devra communiquer régulièrement sur les différentes actions qui seront menées suivant son plan de mise en œuvre des opérations liées au Cadre de Conformité aux droits de l’homme au sein des Aires protégées sous gestion de l’ICCN. 

Alfred NTUMBA

Sommet Climat : Félix Tshisekedi plaide pour l’équité et le réalisme climatique

L’invité du président Biden, Félix Tshisekedi a au cours du sommet Climat organisé par les Etats Unis d’Amérique plaidé pour l’équité et le réalisme climatique. C’est un président de la République démocratique du Congo qui a réellement mesuré la portée des enjeux climatiques, et l’apport de la RDC dans les solutions globales que les nations proposent pour lutter contre ce fléau du 21è siècle.

Le prix actuel du carbone forestier fixé à 5 dollars la tonne n’est ni équitable, ni réaliste. En outre, l’atteinte de la neutralité carbone ne pourra se matérialiser sans la prise en compte de la conservation et de la régénération des forêts. A cet effet, un prix juste du carbone forestier qui intègre les opportunités abandonnées devrait s’élever à au moins 100 dollars la tonne”, a-t-il précisé.

Il a par ailleurs souligné que ce Sommet de deux jours accélère la mobilisation de ressources financières additionnelles et conséquentes.

Cela exige aussi de simplifier les procédures d’accès aux financements climatiques pour les pays les moins avancés dont la majorité se trouve en Afrique”, a-t-il insisté. “A cet égard, je voudrais rappeler l’importance de l’engagement des pays développés à mobiliser 100 milliards de dollars par an à partir de 2020 et à le rehausser à l’horizon 2025”.

Notons que ce Sommet sur le climat marque le retour des USA dans l’accord de Paris sur le Climat, signé en 2015. Il est l’expression de l’engagement des Etats unis à corriger les erreurs du passé et poser des actes concrets pour la préservation du climat mondial.

Alfred NTUMBA

Foncier : Le PIDP sensibilise les femmes à Kinshasa sur les droits d’accès à la terre

Plusieurs femmes de Kinshasa ont été sensibilisées sur l’accès à la terre et l’équité des droits y relatifs. En vue de leur permettre de s’organiser pour conduire efficacement les plaidoyers. C’était au cours d’un atelier de sensibilisation organisé à Kinshasa, le 21 avril par l’ONG PIDP, en collaboration avec les organisations membres de l’ILC, le CBI4 et la SNE-RDC . 

Cet atelier a permis de mobiliser les femmes sur la question foncière. Elles ont été appelées à analyser et signer l’acte d’engagement et d’appropriation de l’engagement 4 de l’ILC (International Land Coalition), qui vise l’équité des droits fonciers entre hommes et femmes. 

« Ceque nous sommes en train de faire c’est de demander aux femmes de prendre au sérieux la question de terre, pour que leurs droits soient pris en compte dans les documents en cours l’élaboration en RDC », a précisé Diel Mochire Mwenge , directeur provincial du PIDP.

Au regard des enjeux lié à la terre et des reformes en cours en République démocratique du Congo, la femme congolaise doit jouer activement son rôle et s’impliquer davantage afin de faire entendre sa voix. 

Au cours de cet atelier, les échanges ont tournés notamment autour de l’autonomisation de la femme, l’accès à l’information,, les accaparements des terres à grande échelle, et la réduction de la pauvreté.

« La femme doit participer à l’activité. Car, on ne peut pas décider de ce qui la concerne sans qu’elle y soit. Ensuite, il faut un travail de plaidoyer qui doit suivre pour ramener cette question au niveau de la loi », a indiqué Marie Thérèse Lokenge, experte en suivi des droits des communautés locales et peuples autochtones à la CONAREF.

Pour les participantes, cette session d’échanges et d’éclairages sur la question foncière est une opportunité pour plus d’engagement et de détermination dans lutte vers l’équité des droits à la terre entre hommes et femmes.

« En tant que femme et chef coutumier, nous avons fait entendre notre voie. Nous sommes les processionnaires des terres. Ces travaux nous ont permis de parler directement avec tous les acteurs impliqués dans cette question », a indiqué le chef coutumier du village Buma. 

Notons que la situation de la femme en RDC reste beaucoup plus déplorable. En milieu rural, les femmes produisent environ 80% des récoltes, mais elles ne possèdent qu’une partie infime de la terre.

Alfred NTUMBA  

Forêt : Le Groupe Service réagit aux récentes allégations des Greenpeace Afrique

Le Groupe Service, une entreprise forestière des droits congolais a réagi aux multiples allégations de l’ONG Greenpeace Afrique. Elle a saisi l’occasion pour faire une mise au point sur la réattribution des concessions forestières en sa faveur. Des concessions forestières jugées convertibles. « L’acharnement de Greenpeace Afrique sur l’acquisition des quatre concessions forestières par Groupe Service et sur son Administrateur gérant, André Boluka Bomoh Lokolo n’est qu’une action préméditée avec intention de nuire aux intérêts de la société et de porter gravement atteinte à l’honneur et à la considération de ses dirigeants », peut-on lire dans un communiqué de l’entreprise, dont copie est arrivée à Environews. 

L’intégralité de sa déclaration 

  1. De l’existence de la société GROUPE SERVICES SARL et ses activités
  • La Société GROUPE SERVICES SARL, une entreprise congolaise avec un actionnariat 100% congolais, constituée légalement conformément à la loi de la République Démocratique du Congo (RDC).
  • La Société GROUPE SERVICESSARL, (ex KIN-SERVICES) existe en RDC depuis 1978 et  Immatriculée au R.C.C.M. de Kinshasa sous le numéro RCCM CD/KIN/RCCM/14-B-3463 (NRC 48070), et à l’Identification Nationale sous le Nº 01-910-N34790B, ayant son siège social, sis 16èmeRue Limete, N° 696, Commune de Limete (concession industrielle appartenant à GROUPE SERVICES SARL), dans la ville de Kinshasa, en République Démocratique du Congo et est  représentée par Monsieur André BOLUKA BOMOH LOKOLO agissant en qualité d’Administrateur Gérant.

GROUPE SERVICES SARL, contrairement aux publications de Greenpeace Afrique, est très bien connue dans le milieu bancaire de la RDC pour ses activités de Cash Management, Louage du Personnel, Agent Bancaire et le Nettoyage professionnel.

Dans le but de diversifier ses activités, depuis 2009 la société GROUPE SERVICES SARL avait intégrée dans son objet social les domaines ci-après : 

  • l’agriculture et développement forestier, avec l’achat de la société forestière SOKIBOIS et le développement des pépinières modernes pour la multiplication des plantes à Songololo (Kongo Centrale) et Kilima-Simba dans la commune annexe, Lubumbashi (Haut-Katanga) ;
  • La logistique transport routier, avec l’achat d’une partie de la flotte des sociétés en liquidations TRANSMAC, MEGATRANS et l’achat d’une des Concessions Industrielles de TRANSMAC à le 16 ieme Rue, commune de Limete (Kinshasa) ;  
  • La logistique transport fluviale, avec  le lancement du Bateau MB/ Ville de KIRI et autres ;
  • L’aviation, avec l’achat de la société aérienne Will Airlift SARL et la flotte des avions opérés par Will Airlift ;
  • De l’acquisition des 04 titres forestières par la société GROUPE SERVICES  

Pour contribuer au développement de nouvelles provinces de la RDC issues de découpage et  à la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales que fait face la population de la province du Mai-ndombe dont monsieur André BOLUKA BOMOH LOKOLO est originaire, de la Tshuapa et de Bas-Ueled’une part et déterminer à remplir son objet social tel que repris dans ses statuts à savoir l’exploitation forestière comprenant l’abattage, la transformation, la commercialisation du bois d’autre part, la société GROUPE SERVICES avait sollicité de la RDC avec l’appuis des gouvernements provinciaux du Mai-Ndombe et de Bas-Uele, une réattribution à sa faveur des forêts pour une exploitation forestière industrielle durable conformément au Nouveau Code Forestier (NCF) de la RDC et de l’esprit de la lettre d’intention pour la mise en place d’un partenariat entre le gouvernement de la RDC et l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) sur la mise en œuvre de la Stratégie‐Cadre Nationale REDD+1 de la RDC  et son Plan d’Investissement de la CAFI (voir page 15 point c): « Application des dispositions du Code forestier pour toutes les concessions industrielles existantes. Les concessions sans plan d’aménagement approuvé, ou tout au moins soumis formellement et de manière transparente selon les conditions et dates limites prescrites par la loi et les réglementations en vigueur, seront restituées à l’Etat au plus tard le 1er janvier 2019 ».

La réattribution des concessions forestières à GROUPE SERVICES par le gouvernement pour une exploitation forestière industrielle durables dans ces provinces répond à une série des besoins, notamment :

  1. Pour la province : la réalisation des recettes par le paiement de la taxe de la superficie  et  contribuer au développement économique dans la province;
  2. Pour la population : l’amélioration des conditions de vie de la population riveraine par la réalisation des obligations de l’exploitant forestier des clauses sociales de cahier des charges avec la communauté riveraine et la création de l’emploi rémunérateur dans le milieu rural ;
  3. Pour l’Etat Congolais : la gestion rationnelle et durable de ses ressources forestières derrière l’exploitation forestière durable conformément au NCF et la réalisation des recettes par les paiements de la taxe et de l’impôt ;
  4. Pour la Société GROUPE SERVICES : contribuer à la gestion rationnelle et durable des ressources forestières de la RDC, contribuer à la lutte contre la pauvreté et les inégalités sociales derrière les actions de développement communautaire exigées par le NCF, contribuer au développement socio-économique des populations riveraines, accompagner la population riveraine par des formations, la sensibilisation à des cultures pérennes pour éviter la déforestation liée à la culture traditionnelle et enfin la réalisation des bénéfices pour la société GROUPE SERVICES.  

Après examen du dossier de GROUPE SERVICES par les services techniques du Ministère de l’environnement, le Gouvernement de la RDC avait estimé nécessaire de mettre à la disposition du GROUPE SERVICES  des concessions forestières issues des anciens titres forestiers convertis en contrat de concession forestière sur base de la décision motivée[1]du Ministère de l’Environnement et Développement Durable conformément aux prescrits du Code forestier de 2002. 

Notons que Greenpeace Afrique n’a pas qualité et compétence en RDC pour examiner le niveau de la viabilité d’un exploitant congolais en lieu et place des services techniques de l’Etat Congolais en matière de l’environnement ; la DIAF, la DGF,…. Et selon la société civile environnementale de la DRC, on doit éviter la manipulation et la politisation des questions techniques et administratives liées à la gestion des ressources forestières et invite Greenpeace Afrique à consulter le rapport de la DGF et de la DIAF avant de conclure.

La République Démocratique du Congo à travers le Ministre de l’Environnement, autorité concédante avait réattribué en date du 11/06/2020, quatre  concessions forestières à la société GROUPE SERVICES conformément à la loi  des contrats suivants :

  • CCF 010/20 du 11 Juin 2020, issu de la conversion de la Garantie d’approvisionnement n°030/CAB/MIN/AFF-ET/03 du 4 avril 2003 jugée convertible suivant l’arrêté ministériel n°4837/CAB/MIN/ECN-T/JEB/2008 du

 6 octobre 2008, dans la province du Mai-Ndombe ;

  • CCF 011/20 du 11 Juin 2020, issu de la conversion de la Garantie d’approvisionnement n°022/CAB/MIN/AFF-ET/03 du 4 avril 2003 jugée convertible suivant l’arrêté ministériel n°4837/CAB/MIN/ECN-T/JEB/2008 du

6 octobre 2008, dans la province du Mai-Ndombe ;

  • CCF 012/20 du 11 Juin 2020, issu du Contrat CCF n°005/11 du 04 Août 2011, issu de la Garantie d’approvisionnement n°002/CAB/MIN/AFF-ET/03 du 4 avril 2003 jugée convertible suivant l’arrêté ministériel n°4837/CAB/MIN/AFF-ET/01 du 31 Décembre 2001 jugée convertible suivant la notification n° 4837/CAB/MIN/ECN-T/JEB/2008 du 6 octobre 2008, dans la province du Mai-Ndombe ;
  • CCF 013/2020 du 11 Juin 2020, issu du contrat CCF n°002/2017 du 22 Mars 2017, issu de la conversion de la Garantie d’approvisionnement n°002/89 du 20 mars 1989 jugée convertible suivant l’arrêté ministériel n°4837/CAB/MIN/ECN-T/JEB/2008 du 6 octobre 2008, dans la province de Bas-Uele.

Comme vous pouvez le constater tous ces titres ont été jugés convertibles après la revue légale initiée par le Gouvernement de la République par le décret n° 05/116 du 24 octobre 2005 fixant les modalités de conversion des anciens titres forestiers en contrats de concession forestière.

Dès lors le quatre titres de GROUPE SERVICES ne sont pas des nouvelles attributions  telles que Greenpeace Afrique a tenté en vain de faire croire à l’opinion tant nationale qu’internationale lors de ses deux sorties médiatiques 

  • Du moratoire sur les concessions forestières en RDC.

Le moratoire instauré par l’arrêté /AF.F-E.T./194/MAS/02 du 14 mai 2002 portant suspension de l’octroi des allocations forestières, reste en vigueur jusqu’à la réalisation de trois conditions à savoir : la publication des résultats définitifs du processus de conversion y compris la résiliation effective des titres non convertis et l’adoption, sur base d’un processus consultatif d’une programmation géographique des futures allocations [2]à l’horizon de trois ans.

Donc les titres convertis en contrat de concession suite à la revue légale des anciens titres ne sont pas des nouvelles acquisitions. Celles-ci supposent une enquête publique préalable[3]à l’octroi des concessions forestières et la réalisation des inventaires forestiers par l’Etat or les actuels titres forestiers convertis et réattribués suivant la décision motivée du ministre en charge des forêts ne rentrent pas dans la catégorie de nouvelles allocations au sens du Code forestier de 2002. 

C’est par inattention avouée de créer la confusion dans l’opinion nationale et internationale et de nuire à GROUPE SERVICES, une société 100% congolaise que Greenpeace Afrique soutient et crie à longueur de la journée de la violation du moratoire sur les forêts. 

Une petite observation faite sur les différentes sorties médiatiques de Greenpeace, l’ONG parle de la violation du moratoire avec plusieurs sociétés, sans aucun rapport technique qui démontre cette violation, ni énumérée les différentes sociétés faisant l’objet de la violation du moratoire, mais elle ne site que GROUPE SERVICES et son Administrateur Gérant Monsieur André BOLUKA BOMOH LOKOLO, chose qui justifie une intention de diaboliser une société congolaise sur le marché national et international.  

  • De la réattribution des concessions forestières après le 01 Janvier 2019

Comme cela a été dit ci-dessus, les concessions forestières réattribuées à la société GROUPE SERVICE sont toutes passées par le processus de conversion des anciens titres forestiers en contrat de concession forestière dont la clôture des travaux est intervenue le 29 janvier 2011.  

La non-satisfaction de certains concessionnaires aux exigences d’aménagement forestier conformément à l’Arrêté ministériel n°034/CAB/MIN/EDD/03/03/BLN/2015 du 03 juillet 2015 fixant les procédures d’élaboration, de vérification, d’approbation, de mise en œuvre et suivi du plan d’aménagement d’une concession forestière, aux engagements de la République dans le cadre de l’initiative pour la forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) selon lesquels les concessions sans plan d’aménagement approuvé suivant les prescrits de la loi et de la règlementaire en vigueur seront restituées à l’Etat au plus tard le 1erjanvier 2019 ainsi que la lettre n°21/DGF/EDD/2020 sur la situation des titres forestiers en exploitation du bois d’œuvre, avait permis au Ministre en charge des forêts de prendre une décision de reprise des forêts par l’arrêté ministériel n°015/CAB/MIN/EDD/ CNB/MM/1/2020 du 02/06/2020 portant reprise par l’état congolais de certaines concessions forestières. 

La réattribution des quatre contrats ne représente pas une violation du moratoireinstitué en 2002 sur l’attribution de nouvelles concessions forestières industrielles, car les superficies des forêts attribuées à la société GROUPE SERVICE sont celles reprises dans la carte du domaine forestier[4]de la RDC sur les concessions forestières industrielles – publiée par WRI-World Ressources Institute de 2018. 

Les lieux où se trouvent les différentes concessions réattribuées à la société GROUPE SERVICE Sarl sont clairement indiqués et sont les mêmes tels que repris dans la carte retraçant la situation des concessions forestières depuis la fin officielle du processus de conversion en 2014 à ce jour.

L’adjudication n’ayant pas encore eu lieu jusqu’à ce jour, les titres attribués à la société GROUPE SERVICE l’ont été sur base de la décision motivée de l’autorité concédante sur pied de l’article 86 du Code forestier de 2002.

  • De la légalité des 04 concessions forestières de GROUPE SERVICES.

Les concessions forestières sont légalement acquises conformément à la loi portant Code forestier de 2002 et à ses mesures d’application. Le moratoire n’a pas été violé vu que les quatre concessions forestières sont comptées parmi celles ayant été converties à l’issu du processus de conversion des titres forestiers et ne sont pas issues de nouvelles affectations, puisque celles-ci n’existent pas encore (adjudication).

Il est clairement prouver que les 4 titres ont été obtenus dans le respect du nouveau code forestier et ses textes règlementaires en vigueur en RDC , ils ont été signés et scellés par l’autorité concédante qui est le Ministre de l’environnement et Développement Durable, représentant attitré de la RDC en cette matière.

La localisation de ces quatre concessions dans l’atlas forestière de la RDC reste la même et n’entraine aucune confusion ni doute. 

  • Conclusion

Que dire enfin !  

De même la confusion que tente d’entretenir l’ONG Greenpeace autour de ces quatre concessions forestières de GROUPE SERVICES, une société congolaise sérieuse qui s’inscrit dans la démarche de la Responsabilité Sociale et Environnementale (RSE),  se soucie de concilier la gestion durable des forêts congolaises, le développement socio-économique des communautés locales et de contribuer à la lutter contre la pauvreté et les inégalités sociales que fait face les populations riveraines et particulièrement celle du Mai-Ndombe constitue la volonté délibérée de priver les populations, les provinces et l’Etat congolais le bénéfice de ses ressources, notamment:

  • des recettes de la taxe de la superficie de concession pour contribuer au développement économique dans la province;
  • de réalisation des obligations de l’exploitant forestier des clauses sociales de cahier des charges avec la communauté (construction des écoles, centres de santé, aménagement des routes et autres) et la création de l’emploi rémunérateur dans le milieu rural pour améliorer les conditions de vie des populations riveraines ;
  • des paiements de la taxe fiscale et para fiscale ;
  • la gestion rationnelle et durable de ses ressources forestières derrière une exploitation forestière conformément au NCF.

Qui se soucie réellement des forêts de la RDC et de l’amélioration des conditions de vie des populations riveraines, à vous de conclure. 


[1]La loi n°011/2002 du 29 août 2002 portant Code forestier en République Démocratique du Congo autorise l’attribution des forêts de gré à gré (Art. 86)

[2]  C’est avec les futures allocations que l’attribution des concessions se fera par adjudication, car l’Etat en ce moment

[3]  Après la levée du moratoire, les forêts feront au préalable l’objet d’une enquête publique au préalable par l’Etat avant tout octroi des concessions, au sens de l’Arrêté ministériel n°024/CAB/MIN/ECN-T/15/08 du 7 août 2008 fixant la procédure d’enquête publique préalable à l’octroi des concessions forestières.

[4]WRI, Carte du domaine forestier de la RDC-situation au 30 avril 2018.

Conservation : Première visite de travail du Commandant du CorPPN dans le parc National d’Upemba

En mission officielle de dix jours dans le Haut-Katanga, au Parc national de l’Upemba, et à la tête d’une délégation de l’ICCN/CorPPN, le Commandant du CorPPN, le Général-Major Massi Bamba Albert, a échangé avec les autorités provinciales notamment le Gouverneur de Province et le Président de l’Assemblée Provinciale ainsi que les membres du Conseil de Sécurité Provinciale dont le Commandant de la 2e zone de défense des FARDC, le Commandant de la 22e région militaire des FARDC, le Commissaire Provincial de la PNC, Auditeur militaire de la Garnison de Kipushi, le Directeur Provincial de l’ANR, le Directeur Provincial de la DGM en vue du renforcement de la collaboration avec la Direction Provinciale de l’ICCN.

Cette mission du CorPPN conduite par son Commandant du 11 au 21 avril 2021 a eu pour principal objectif l’appui à la gouvernance du parc national de l’UPEMBA afin de raviver les relations parc-populations riveraines et différents services étatiques impliqués dans la sécurisation des aires protégées et prendre contact avec les autorités politico administratives, militaires et coutumières pour une meilleure appréhension des enjeux.

C’est dans l’optique de renforcer la collaboration et le rapprochement avec différents services étatiques qu’une réunion des membres du Conseil de Sécurité du Territoire de Mitwaba s’est tenue à Mitwaba avec la délégation du Commandant du CorPPN et le Directeur Provincial de l’ICCN Katanga, Robert MUIR, afin d’assurer l’effectivité de l’interopérabilité des structures impliquées dans la sécurisation des aires protégées. Cette réunion était le lieu pour le directeur provincial de L’ICCN Katanga de les rassurer sur la volonté de l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature de faire du parc national de l’UPEMBA un moteur de l’économie verte et stimuler ainsi le développement des communautés riveraines.

Et d’une manière générale, il s’observe une réelle ignorance des lois notamment la loi n  14/003 du 14 février 2014, qui certes n’a pas été suffisamment vulgarisée par l’ICCN, et qui constitue le socle de la règlementation des activités au sein et en dehors des aires protégées.

A Kipushi, il y avait également la remise des effets saisis dans le parc (armes et munitions) au commandant du corPPN conformément aux dispositions de l’article 83 de la loi 14/003 du 11 février 2014 relative à la conservation de la nature.

Après la présentation des civilités aux autorités du Haut-Katanga et les différents contacts entrepris au Chef-lieu de la capitale provinciale, la délégation s’est rendue, par la suite, à Kipushi pour assister à une audience dans laquelle comparaissait un éco-garde accusé de l’assassinat d’un jeune homme alors qu’il était en plein patrouille. Juste après, la délégation du Corps pour la Protection des Parcs Nationaux s’est rendue à Kyubo, à Mitwaba, à Lusinga et à Musabila où des réunions importantes ont été tenues.

Durant ces rencontres, le Commandant du CorPPN a encouragé les populations riveraines à collaborer avec l’ICCN en présentant un cahier des charges de cette collaboration. Il a ainsi illustré cette idée par le développement durable remarquable au Nord-Kivu, fruit d’une bonne collaboration entre la population riveraine, le Parc national des Virunga et l’ICCN.

La présence de la délégation du Commandant du CorPPN a été l’occasion de palper du doigt les réalités sur terrain et de tirer au clair les accusations dont font l’objet les dirigeants du Parc National de l’Upemba et plus particulièrement les éco-gardes.

Et à Lusinga, au siège du parc national de l’Upemba, le Commandant du CorPPN et Chef des éco-gardes, le Général-Major Albert MASSI BAMBA a rappelé à ses hommes leur mission qui consiste en la sécurisation des aires protégés en trois points à savoir la discipline, la formation et l’amour du travail et ce à travers une parade qui a permis aux gardes de ce parc de la province cuprifère à se sentir en confiance.

Cette mission du Commandement CorPPN dans le Haut-Katanga a été l’occasion pour le numéro un de cette structure de rassurer les communautés riveraines du Parc National de l’Upemba qu’il n’avait jamais été vendu, contrairement aux rumeurs rependues par des personnes mal intentionnées et détracteurs du Directeur Provincial et Chef de Site du PNU, Robert MUIR, agent public de l’Etat congolais bien qu’étant un expatrié.

Enfin, le Commandant du CorPPN et son adjoint en charge de l’Administration, Finances et logistique, le Commandant Benoit KISUKI ont, tout au long de cette descente, expliqué dans les moindres détails aux autorités administratives et aux populations riveraines le bien-fondé de la bonne gouvernance du parc national de l’Upemba et ont ainsi martelé sur la nécessité de la sensibilisation de tous les membres des populations riveraines de pouvoir observer l’application des lois du pays en matière de la conservation de la nature et plus particulièrement de la gestion des aires protégées .

Cette loi N° 14/003 du 11 février 2014 en rapport avec la conservation de la nature en République démocratique du Congo, stipule que les aires protégées sont inviolables et inaliénables.

Ferha NTUMBA

Foncier : Une plateforme des acteurs congolais pour l’accès à la terre voit le jour en RDC

Désormais, le secteur foncier de la République démocratique du Congo peut compter avec la Stratégie nationale d’engagement. Une plateforme multi acteurs consacrée par les parties prenantes réunies à Kinshasa, le 20 avril. 

« On peut affirmer aujourd’hui que la plateforme de la SNE existe. Elle s’appelle d’ailleurs, la Plateforme des acteurs congolais pour l’accès à la terre.  Ces acteurs ont toujours avancé avec la stratégie nationale d’engagement avec nos objectifs et les résultats planifiés. Aujourd’hui, ils n’ont fait que formaliser cet engagement »,a précisé Angélique Mbelu, facilitatrice de cette plateforme.

Dans un contexte dominé par des conflits fonciers récurrents, représentant près de 80% de procès dans les cours et tribunaux, la plateforme SNE entend se mobiliser pour barrer la route aux conflits similaires dans le futur. Pour cela, elle compte beaucoup sur les différentes réformes en cours en RDC, notamment celle de l’aménagement du territoire et celle du foncier.

 « Nous ne travaillons pas directement sur l’arbitrage des conflits en cours. Mais nous travaillons à ce que les conflits dans le futur ne viennent pas apparaître. En définissant les pratiques de l’administration au nouveau des zones rurales, cela permettra de diminuer les causes de ces conflits », a-t-elle ajouté.

Cette structure qui réunit le secteur privé, les partenaires techniques et financiers, les acteurs étatiques et ceux de la société civile se veut un cadre de concertation sur les questions spécifiques au foncier dans tous les secteurs ayant une incidence sur la terre.

« Cette action ne sera pas isolée pour les membres de la société civile uniquement. Nous serons obligés de marcher côte à côte dans une même vision sur les questions foncières avec tous ceux en charge de ces questions. Notamment, ceux qui sont dans l’aménagement du territoire, dans la réforme foncière, et les services étatiques. Ensemble nous allons avoir une seule voie au lieu d’y aller en ordre dispersé ». A déclaré Annie Mbombo, membre de la SNE

Pour les partenaires techniques et financiers, la SNE se présente aujourd’hui comme une interlocutrice valable. A travers cette plateforme, il sera donc facile de partager les informations et autres données restées souvent inaccessibles.

« L’un des problèmes le plus essentiel c’est l’accès au foncier. La plateforme dans le cadre de cette stratégie sera un réceptacle des problèmes et un lieu où les solutions seront identifiées », a informé Wally Diouf, chargé de programme au FIDA.

Notons par ailleurs qu’après cette étape de la consécration, les portes de l’adhésion à cette plateforme restent ouvertes à tous les acteurs intéressés par les questions foncières en RDC, voulant contribuer à l’amélioration de la gouvernance et adoptant les principes de la plateforme SNE.

Alfred NTUMBA

Foncier : Vers la consécration de la plateforme de la Stratégie Nationale d’Engagement 2019-2021 en RDC

En République démocratique du Congo, les parties prenantes engagées dans les questions du foncier se sont retrouvés à Kinshasa pour mener des réflexions autour de l’institution de la Stratégie Nationale d’Engagement (SNE) pour la période 2019-2021. L’atelier de présentation de la SNE a été lancé ce lundi 19 avril. Il devra durer deux jours.

« Cette initiative qui fait appel à toutes nos organisations mérite notre attention. L’autorité coutumière est disposée à faire partie de l’acte constitutif de la SNE et y donner de l’énergie nécessaire », a indiqué Mfumu Difima, autorité coutumière.

L’objectif général de cet atelier national est de consacrer l’engagement des acteurs nationaux dans la Plateforme et de valider les actions de la Stratégie Nationale d’Engagement (SNE), afin de permettre aux membres de se l’approprier. 

« Au niveau de la SNE, nous avons une diversité qui marque sa particularité. Nous n’allons pas nous limiter à la seule politique foncière. La SNE va travailler à mobiliser tous les acteurs autour d’autres questions qui touchent à la terre et aux communautés », a précisé Espérance Nyota, membre de la SNE.

Notons que la deuxième journée de cet atelier sera consacrée notamment à la signature de l’acte constitutif de la SNE, et à la formulation de ses principes. La Coalition Internationale pour l`accès à la Terre (ILC) est une alliance mondiale des organisations œuvrant à garantir un accès équitable à la terre et à la sécurisation des droits fonciers des groupes vulnérables. 

Alfred NTUMBA

Sommet Biden sur le Climat : Et si Tshisekedi capitalisait la loi sur les pygmées de la RDC

Les 22 et 23 avril se tiendra le Sommet des Dirigeants sur le Climat convié par le Président Joe Biden. Le Président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi est l’un des 40 dirigeants mondiaux conviés à cette rencontre. Le choix de la RDC à ce sommet est justifié par son importance en matière de lutte contre les changements climatiques, notamment par ses forêts, qui constituent la deuxième plus grande forêt tropicale du monde et jouent un rôle crucial dans la régulation du climat, aussi bien sur le plan régional que global.

Suite à l’annonce du retour des Etats-Unis dans l’Accord de Paris, cette rencontre a pour objectif de « souligner l’urgence – et les avantages économiques – d’une action climatique plus forte », selon les termes de la Maison Blanche. 

Une oppotunité également pour le Président Tshisekedi de mettre en lumière son engagement de voir les communautés locales et peuples autochtones jouer un rôle de premier plan dans la préservation des forêts primaires, des tourbières, de la biodiversité, pour lutter contre les changements climatiques, tout en favorisant un développement durable.

 « Ce sommet mondial est une opportunité d’affirmer le rôle de leader de la République Démocratique du Congo dans la lutte contre les changements climatiques. Mais de quelle manière ? Le Président Tshisekedi mettra-t-il les peuples autochtones pygmées au-devant de la scène internationale ?Se félicitera-t-il de l’avancée historique que constitue la récente adoption par les députés nationaux d’une loi sur les droits des peuples autochtones, et du potentiel de cette loi dans les efforts du Chef de l’Etat et de son Gouvernement en matière de climat et de développement durable ? »,s’interrogent certains acteurs et associations des droits pygmées.

Une occasion majeure pour le Président Tshisekedi de souligner l’importance capitale de mettre à profit l’interdépendance entre préservation des forêts primaires et développement durable, et d’affirmer la volonté de la République Démocratique du Congo de faire de cette interdépendance une orientation stratégique nationale, transversale, intersectorielle.

Un engagement politique qui se traduit en avancée historique

En 2020, le Chef de l’Etat s’engageait à « sécuriser juridiquement les terres et terroirs ancestraux des Autochtones Pygmées sous forme de grandes réserves naturelles, écologiques et communautaires, selon la volonté et sous le contrôle de ces peuples ». Le 7 avril dernier, l’Assemblée Nationale a adopté à la quasi-unanimité la loi sur les droits des peuples autochtones pygmées.

Le président de l’Assemblée nationale de la RDC au sortir du vote de loi. sur les pygmées.

Un évènement historique qui vient appuyer l’engagement du Chef de l’Etat, et qui pourrait permettre de voir les peuples autochtones pygmées jouer un rôle de premier plan dans la préservation des forêts primaires du pays et la lutte contre les changements climatiques.

Une avancée historique en RDC qui doit être saluée et appuyée par la communauté internationale

Sécuriser les droits des peuples autochtones sur les terres et les ressources qu’ils possèdent, occupent ou utilisent traditionnellement, conformément à la lettre de cette nouvelle loi, est l’une des mesures les plus rentables pour préserver les forêts tropicales.

A la veille des Conférences des Parties de 2021, ces développements positifs en RDC appellent à des engagements clairs et concrets de la part des décideurs de ce monde. D’une part pour garantir les droits à la terre et aux ressources des peuples autochtones dans les accords internationaux sur le climat et la biodiversité, mais aussi garantir la sécurisation de ces droits dans la pratique. Et d’autre part, pour assurer un appui politique, technique, financier cohérent et conséquent aux modèles de préservation et de gestion durable communautaires des écosystèmes forestiers.

Le Président Tshisekedi choisira-t-il de mettre à profit le Sommet convié par le Président des Etats-Unis pour faire montre de son engagement sur cette question, mais aussi de sa volonté de mobiliser les autres dirigeants sur la nécessité de placer aussi bien les peuples autochtones que les autres communautés locales dépendantes des forêts au centre des initiative et efforts visant à préserver les forêts tropicales et leur biodiversité ?

Une incohérence qui doit être corrigée

Un récent rapport de la Rainforest Foundation Norway montre que dans les pays tropicaux, la sécurisation des droits à la terre et la gestion forestière des peuples autochtones et communautés locales (PACL) n’ont reçu au cours des dix dernières années qu’une part minime du financement des bailleurs internationaux. Cela équivaut à moins d’un pour cent de l’aide publique au développement pour l’atténuation et l’adaptation aux changements climatiques sur la même période.

Le rapport présente également un résumé de la littérature scientifique sur les effets de la sécurisation des droits à la terre et de la gestion forestière des PACL sur la protection des forêts, montrant pourquoi il s’agit de mesures efficaces et indispensables pour faire face aux crises du climat et de la biodiversité. Des recommandations sont adressées dans ce sens aux bailleurs et aux autres acteurs sur comment augmenter et canaliser les financements plus efficacement.

Un plaidoyer pour un développement durable, qui dépend du climat et de la biodiversité

Sécuriser les droits à la terre et aux ressources des peuples autochtones pygmées ne permettrait pas seulement à ces peuples de continuer à jouer leur rôle de gardiens des forêts primaires. Cela contribuerait également à jeter des bases solides pour leur propre développement durable, dans le respect de leurs connaissances, cultures et aspirations traditionnelles.

Le développement durable de la RDC, pour le bénéfice des générations présentes et futures, dépend directement de la préservation des forêts tropicales et de leur biodiversité.

La rédaction

Le vaccin Astra Zeneca sera bel et bien administré aux congolais à partir de ce lundi 19 avril 2021

La problématique de la vaccination contre la Covid-19 demeure la question de l’heure en République Démocratique du Congo. Le Ministre de la Santé, Dr Eteni Longondo a annoncé, le début de la vaccination ce 19 avril au cours d’une réunion de la Task Force présidentielle du 13 avril à Kinshasa.

D’aucuns se demandent pourquoi le Gouvernement s’obstine à vouloir vacciner la population avec un vaccin qui est refusé ou suspendu dans d’ autres pays, après avoir causé des maladies graves dans certains organismes. Pour la Directrice du Programme Elargi de Vaccination PEV, un travail de sensibilisation des cibles est en train d’être fait. 

« Beaucoup de rumeurs ont été diffusées à travers les réseaux sociaux et la stratégie c’est donner la bonne information, sensibiliser et répondre aux questions pour un changement de comportement, le 1er comportement ayant été développé sur base des fausses informations. Nous allons commencer par vacciner la population de Kinshasa et nous allons étendre la vaccination dans les autres provinces, une semaine ou dix jours plus tard », a-t-elle déclaré au cours d’une conversation accordée vendredi 16 avril à Environews.

Arrivé en RDC le 02 mars par l’intermédiaire de Covax en partenariat avec la coalition pour les innovations en matière de vaccin, AstraZeneca ne cesse d’être sujet à controverses. 

Prévue initialement le 15 mars, la campagne de vaccination contre la Covid-19 a été suspendue par mesure de précaution. Cela suite aux rapports de cas de formation des caillots sanguins chez des personnes qui ont été vaccinées dans d’autres pays, notamment le Danemark, la Norvège, l’Islande, l’Estonie, la Lettonie, l’Autriche, l’Italie, la Bulgarie et le Luxembourg, Selon un communiqué de presse rendu public par le Ministre de la Santé le 13 mars 2021. La majorité de personnes interrogées par Environews à Kinshasa a affirmé ne pas être prête à recevoir ce vaccin.

Pendant que les autres pays comme la France continuent à enquêter sur l’Astra Zeneca, l’Organisation Mondiale de la Santé OMS avait déclaré la semaine dernière qu’il devrait continuer à être utilisé. A quoi vont servir les résultats des enquêtes ?  La population congolaise va-t-elle adhérer facilement à la vaccination pendant que les rumeurs sur la mauvaise composition de ce vaccin continuent à être à la une ? Pourquoi n’avoir pas commencé par une campagne de vaccination minutieuse pour effacer le doute ? Qu’en est-il du Manacovid ou de l’Articovid, deux produits locaux qui ont démontré leur capacité à combattre efficacement la Covid-19 ?

Tous nos efforts pour joindre les Dr Eteni Longondo et Jean Jacques Muyembe Tamfum en vue d’obtenir des réponses à ces questions ont été vains.

Sarah MANGAZA

Environnement : Eve Bazaiba, l’heure du casting a sonné !

Près de cinq jours après la publication du gouvernement Sama Lukonde, les prouesses d’heureux nommés laissent peu à peu la place au casse-tête. Chaque membre du gouvernement cherche à constituer son équipe de Warriors juniors de l’ombre qui peuvent l’aider à réussir la lourde mission qui l’attend. 

Mais hélas, la tâche est aussi plus rude que l’on peut bien s’imaginer. D’une part, les ministres sont censés composer avec le quota des partis politiques auxquels ils appartiennent. Et de l’autre, s’en tenir au devoir du résultat sur base duquel, ils seront jugés.

Cette deuxième option est beaucoup plus complexe car elle renvoie aux choix des compétences, qui parfois ne se retrouvent pas dans son parti politique. Comment concilier les exigences de son appartenance politique et l’efficacité du travail ? L’équation est à double inconnus.  

L’heure n’étant pas notre allié ! La semaine prochaine, si tout marche comme prévu, ce gouvernement des Warriors devra être investi. Alors dans les différents QG l’on se bouscule pour avoir droit au chapitre. 

Dans tout ça, le maître du jeu reste le membre du gouvernement. Car au finish, c’est lui qui devra répondre. Toute chose restant égale par ailleurs, si le casting est biaisé, la suite le serait aussi. Diantre ! Pour un secteur aussi technique que sensible, Eve Bazaiba a le choix entre réussir ou échouer lamentablement. 

De bons profils

Eve Bazaiba tombe dans un domaine qui a vu plusieurs ministres avant lui couler comme une pierre dans l’eau. S’entourer des bonnes personnes pourrait constituer une clé de réussite de son mandat à la tête de ce ministère élevé au rang de vice primature. Des hommes et des femmes compétents et capables d’apporter leurs expertises aux côtés de la Vice-Premier ministre chargée de l’Environnement existent, mais il faut bien les trouver. 

Cependant, ces pièces rares ne se retrouvent souvent pas dans les partis politiques, et surtout au MLC (Mouvement de Libération du Congo) où Eve Bazaiba a occupé de très hautes fonctions.

Elle doit creuser dans l’administration environnementale pour dénicher des perles, qui ne vont surtout pas l’induire dans les erreurs répétitives du passé, comme cela a été le cas de ses prédécesseurs.

Un bon casting aiderait à dénicher ces compétences. Toutefois, elle devra y ajouter une bonne dose de rigueur pour relever le défi, et aussi veiller à ce que les conseillers ne lui fassent ombre. C’est aussi ça la complexité de ce casting. 

Une bonne communication 

Au-delà des aspects politiques, techniques et administratifs de ce ministère, Eve Bazaiba doit se trouver un très bon conseiller en communication environnementale. A la tête de ce secteur, la langue de bois n’a absolument pas de place. Tout doit être clair, limpide et diplomatique. Car, les enjeux sont de taille.

Au niveau national, Bazaiba doit apprendre à faire face à des résistances parfois qui ne disent pas leurs noms. Tandis que l’extérieur attendra d’elle une voix officielle d’une interlocutrice en qui il faut faire confiance. Alors, tout est communication ! Mais, il faut la modeler à la hauteur des attentes. Surtout loin des déclarations politiques d’autres fois, qui aujourd’hui semblent la coller à la peau.

Une bonne diplomatie

Le secteur de l’environnement transcende les clivages continentaux. Chaque partie y joue pour gagner. La RDC dont le potentiel environnemental n’est plus à démontrer, éprouve cependant d’énormes difficultés à développer ses communautés. Un contraste qui nécessite une thérapie de choc. 

Pour y arriver, il faut mobiliser les moyens financiers et techniques. C’est à ce niveau qu’une diplomatie bien pensée et bien ficelée peut apporter une solution efficace et durable. Pour cela, Eve Bazaiba se doit d’y travailler avec des expertises qu’elle peut identifier dans l’administration ou en dehors de celle-ci.

Surtout ne pas se fier aux apparences, car le secteur qu’elle va gérer ne pardonne pas. Tous les projecteurs sont désormais fixés sur elle. 

Nous y reviendrons dans notre prochain édito.

Alfred NTUMBA