
À l’occasion de la Journée internationale des forêts, célébrée ce samedi 21 mars, sous le thème mondial « Les forêts et les économies », la Ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle Économie du Climat, professeure Marie Nyange Ndambo a délivré un message fort. Elle invite à un changement de paradigme. Passer d’une économie d’extraction à une économie de régénération, plaçant le patrimoine forestier congolais au centre de la survie de l’humanité.
Avec plus de 155 millions d’hectares de forêts tropicales, le pays abrite le deuxième plus grand massif forestier tropical au monde après l’Amazonie. Cette forêt représente bien plus qu’une étendue d’arbres. Elle stocke des milliards de tonnes de carbone, agissant comme le premier « poumon vert » de la planète.
La forêt congolaise est un bouclier naturel qui protège les sols contre l’érosion et garantit les cycles de l’eau essentiels à l’agriculture. Elle est en même temps un réservoir de vie abritant une biodiversité exceptionnelle et fournit des moyens de subsistance à des millions de congolais, dont les peuples autochtones.
Vers une « bioéconomie forestière »
Dans son allocution, la Ministre a souligné que la forêt constitue une richesse stratégique dont la valeur dépasse les indicateurs économiques classiques. A l’en croire, la forêt n’est plus à la périphérie de l’économie, elle en est le socle indispensable.
« Investir dans la forêt, ce n’est pas une dépense. C’est un investissement stratégique pour la vie. Chaque dollar investi est une assurance vie pour l’humanité », a précisé la ministre de l’EDD-NEC.
Ce nouveau modèle, appelé bioéconomie forestière, propose de produire tout en préservant, rompant ainsi avec les modèles passés basés uniquement sur l’extraction des ressources.
Des actions concrètes face aux pressions
Malgré son importance, la forêt congolaise subit des menaces croissantes : expansion agricole non maîtrisée, exploitation illégale et dépendance au bois-énergie. Face à ces défis, la RDC a lancé des initiatives structurantes : Le Couloir Vert Kivu-Kinshasa considéré comme un modèle de développement intégré alliant restauration des paysages et création d’opportunités économiques.
A cette initiative présidentielle vient s’ajouter le programme « La forêt, c’est nous », une initiative visant à faire des communautés locales les premiers gardiens et bénéficiaires de la gestion forestière.
Nonobstant ces initiatives, le pays renforce sa crédibilité à travers ses Contributions Déterminées au niveau National (CDN) dans le cadre de l’Accord de Paris.
Un chemin entre Économie et Écologie
La RDC prouve aujourd’hui qu’un autre chemin est possible, où le développement ne se fait pas au détriment de la conservation. En protégeant ses forêts, le pays sécurise non seulement son économie nationale, mais aussi l’avenir des générations futures.
Comme l’a rappelé la Ministre en conclusion, l’avenir du pays et du monde ne se trouve plus dans ce que l’on retire du sol, mais dans ce que l’on est capable de régénérer.
Alfredo Prince NTUMBA










