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L’avenue de l’Université, entre agonie routière et désastre sanitaire

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Depuis un an, l’avenue Université, dans son tronçon compris entre le rond-point Ezo et l’avenue Kikwit sombre dans l’oubli. Autrefois l’une des axes stratégiques de la ville capitale congolaise, cette artère est devenue le symbole de l’insalubrité urbaine à Kinshasa, au grand dam des riverains des Communes de Kalamu et Ngaba.

​Ce qui devait être une solution de mobilité est devenu un calvaire quotidien. Poubelles à ciel ouvert, déblais abandonnés, eaux stagnantes et caniveaux saturés composent désormais le décor désolant de l’avenue de l’Université. Ce spectacle d’abandon, qui s’étend jusqu’au rond-point Ngaba, se déroule sous le regard impuissant ou indifférent des autorités urbaines.

« C’est depuis une année que cette route se détruit progressivement, sans intervention des autorités. Au départ, nous pensions à des travaux de réhabilitation avec les pierres déposées, mais rien n’a suivi », témoigne un riverain.

​Face à l’absence de services de voirie, les populations locales, ainsi que les commerçants des marchés et chambres froides environnants, ont transformé la chaussée en un dépotoir anarchique. « Chaque matin, nous découvrons de nouveaux tas d’ordures. Dès qu’il pleut, le quartier est inondé et les odeurs deviennent insupportables », déplore un commerçant local.

Un échec technique et des travaux en suspens

​La dégradation amorcée il y a plus d’un an, semble résulter d’une combinaison fatale : une conception initiale défaillante et l’absence totale de systèmes d’évacuation des eaux de pluie. La colère des riverains cible également la conduite des chantiers. La société Socimex est notamment pointée du doigt par certains habitants pour avoir déposé des déblais et des pierres sur la chaussée sans jamais finaliser les travaux.

« On nous avait laissé espérer une réhabilitation, mais ces pierres n’ont servi qu’à entraver davantage la circulation », fustige un habitant des environs.

Urgence sanitaire et silence radio

​Aujourd’hui, les conséquences dépassent le simple cadre du transport. La mobilité est réduite. Les véhicules ont déserté l’axe, laissant les motards et les piétons s’aventurer seuls dans ce bourbier. Outre cet aspect, les risques sanitaires de la prolifération des déchets expose les quartiers Pinzi et Agricole à une recrudescence de cas de typhoïde et de paludisme.

« C’est vrai que la malaria est fréquente à Kinshasa mais avec elle situation, elle est presque devenue notre quotidien. Cette saleté constitue un véritable habitat de moustiques. Mes enfants et moi sommes testés positifs régulièrement. Mais, quoi que l’on puisse dire, qui va nous écouter ? Nous vivons avec. » A déploré une riveraine sous couverte d’anonymat.

​Malgré les rumeurs d’un projet ambitieux visant à élargir la voie en quatre bandes, le terrain reste désespérément vide d’engins de chantier. Entre frustration et sentiment d’abandon, les Kinois attendent désormais un signal fort des autorités municipales pour restaurer cet axe vital et assainir leur environnement de vie.

​Tous les efforts de Environews RDC pour entrer en contact avec l’autorité compétente de l’entreprise Socimex sont restés vains.

Nehemy DENGBA, Stagiaire

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