
En République démocratique du Congo, les cancers de la femme constituent un défi de santé publique de plus en plus préoccupant. Chaque année, près de 15 000 nouveaux cas sont enregistrés, rappelant l’ampleur d’une maladie qui continue de toucher des milliers de familles, souvent dans le silence, la peur et parfois dans un contexte de diagnostic tardif. C’est dans cet optique que la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka a procédé au lancement de la Première Table Ronde Nationale sur la Lutte contre les Cancers de la Femme. Cette cérémonie organisée ce mercredi 13 mai par le ministère de la Santé publique a marqué une étape majeure dans la structuration de la riposte nationale.
« Au-delà de sa portée institutionnelle, cette initiative envoie également un message politique fort : la santé de la femme n’est ni un sujet secondaire ni une question périphérique. Cette femme est au cœur des droits fondamentaux, la justice sociale et de la dignité humaine. Nous voulons par cette campagne rappelé que la santé de la femme est un droit inaliénable, protégé par la Constitution et garanti par l’action publique », a indiqué la Cheffe du Gouvernement, replacant la lutte contre les cancers féminins dans le cadre plus large de la responsabilité de l’État.
En RDC, la lutte contre les cancers féminins se heurte encore à plusieurs obstacles : faible recours au dépistage, insuffisance d’équipements spécialisés, difficultés d’accès aux traitements, inégalités territoriales et manque d’information dans de nombreuses communautés.
« La tenue de cette première concertation nationale traduit donc la reconnaissance d’une urgence, mais aussi la volonté d’y répondre avec méthode. Cette rencontre marque une étape importante dans la volonté de structurer une réponse nationale plus forte, plus cohérente et plus équitable face aux cancers féminins. L’ambition portée par cette table ronde est claire : faire émerger une stratégie intégrée de prévention, de dépistage et de prise en charge, capable de répondre aux réalités du pays », a renseigné le ministère de la Santé.
La perspective d’une déclaration de Kinshasa vient donner à cette dynamique une portée supplémentaire. Elle pourrait servir de cadre d’engagement commun pour renforcer la riposte contre les cancers féminins sur l’ensemble du territoire national, améliorer la coordination des acteurs et promouvoir un accès plus équitable aux soins dans les coins et recoins du pays.
Briser le silence, encourager le dépistage, lutter contre les peurs, améliorer l’orientation des patientes et renforcer les structures de prise en charge sont autant de défis qui appellent une mobilisation collective. Dans un pays où de nombreuses femmes arrivent encore tardivement dans le parcours de soins, souvent faute d’information ou de moyens, la sensibilisation joue un rôle déterminant. Certains médecins présents à ces assises ont insisté sur la nécessité de transformer la parole institutionnelle en actions concrètes.
« Cette table ronde ouvre pour nous une nouvelle phase. Une phase dans laquelle la RDC affirme sa volonté de mieux prévenir, mieux dépister et mieux soigner. Une phase dans laquelle la santé des femmes devient davantage une priorité nationale assumée. Une phase, surtout, où la parole institutionnelle cherche à se transformer en actions concrètes au bénéfice des Congolaises », a déclaré le docteur Bernard Phambu.
Cette table ronde a également été marquée par un moment hautement symbolique : la désignation de la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi comme « Marraine Rose » 2025-2026. D’après le ministère de la santé publique, ce titre vient saluer un engagement constant en faveur de la santé de la femme et de l’enfant, tout en renforçant la mobilisation nationale autour de la prévention, de la sensibilisation et de l’accès aux soins.
Albert MUANDA










