
La situation alimentaire demeure préoccupante en République démocratique du Congo. L’analyse de l’insécurité alimentaire aiguë couvrant la période de janvier à juin 2026 en République démocratique du Congo relève que près de 26,5 millions de personnes se trouvent en besoin urgent d’assistance alimentaire à travers le pays. Ces chiffres alarmants ont été rendus publics par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA) ce mardi 19 mai 2026.
« L’analyse révèle que 23 % de la population analysée fait face à une insécurité alimentaire aiguë élevée. Parmi ces personnes, 22,9 millions sont classées en Phase 3 de l’IPC (Crise), tandis que 3,6 millions se trouvent en Phase 4 (Urgence), un niveau particulièrement alarmant », ont relevé les statistiques officielles.
L’analyse note notamment une aggravation de l’insécurité alimentaire au Sud-Kivu et en Ituri, alors qu’une baisse significative est observée au Nord-Kivu et dans le Tanganyika. Dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et du Tanganyika, plus de 9,9 millions de personnes restent en Phase 3 ou plus. Le rapport précise que 7,2 millions de personnes sont en situation de crise alimentaire, alors que 2,7 millions vivent une situation d’urgence alimentaire.
La crise alimentaire en RDC est le résultat direct d’une instabilité chronique et multifactorielle. Le document alerte sur la baisse de la production agricole et les perturbations des circuits commerciaux qui aggravent les déficits de consommation alimentaire, tout en favorisant une hausse des cas de malnutrition, notamment chez les enfants en bas âge.
Selon OCHA RDC, l’intensification de l’insécurité et des conflits armés continue de provoquer des déplacements massifs de populations et de perturber gravement les moyens de subsistance des ménages.
«Les populations affectées subissent des pertes importantes de revenus, un accès réduit aux marchés ainsi qu’une forte hausse des prix des denrées alimentaires de base» ont ils prévenu.
Les ONG locales, les communautés locales et les notables se disent profondément désemparés face à la lenteur de la réponse internationale et craignent une catastrophe sanitaire imminente dans les zones les plus isolées. Malgré une légère amélioration globale par rapport aux projections établies en septembre 2025, la situation reste critique dans plusieurs zones de l’Est du pays.
Sur le plan humanitaire, les interventions menées en 2026 ont permis d’atteindre en moyenne 1,1 million de personnes dans les quatre provinces ciblées par cette mise à jour. Toutefois, près de 3,8 millions de personnes restent encore sans assistance, malgré les besoins identifiés dans le cadre du Plan de réponse humanitaire 2026 (HNRP).
Signalons que cette situation est présentée comme l’une des crises humanitaires les plus sévères de la planète actuelle. Le déficit de financement des agences humanitaires sur le terrain menace d’interrompre les distributions de vivres d’ici les prochains mois si aucune aide d’urgence n’est débloquée par les bailleurs de fonds.
Albert MUANDA










