
Face à la dégradation alarmante d’un des joyaux écologiques les plus précieux de la République Démocratique du Congo, le gouvernement passe à l’offensive. Une importante délégation mixte ministérielle, conduite par la ministre de l’Environnement et professeure Marie Nyange Ndambo, est arrivée ce mardi 1ᵉʳ septembre à Muanda pour évaluer d’urgence la situation critique du Parc Marin des Mangroves.
Cette descente sur le terrain fait suite aux conclusions préoccupantes de plusieurs missions d’enquête menées conjointement par les ministères de l’Environnement et du Tourisme. Les rapports font état d’actes répétés de spoliation foncière, d’occupations illégales de terres protégées, ainsi que de pollutions graves menaçant directement la survie de cet écosystème littoral fragile.
Un écosystème vital pour la sécurité alimentaire
Lors de son intervention devant les autorités locales et les acteurs environnementaux, la ministre a rappelé l’importance stratégique et biologique capitale des mangroves. Bien au-delà de leur rôle de puits de carbone et de couverture forestière, ces zones humides constituent une zone de frayère indispensable à la reproduction de nombreuses espèces halieutiques.
« Si nous perdons cet écosystème, nous perdrons des espèces de poissons que l’on ne pourra plus jamais retrouver dans nos assiettes. Nous sommes venus pour nous enquérir personnellement de cette situation préoccupante », a déploré la ministre Marie Nyange Ndambo.
La dégradation ou la destruction de cet habitat menace directement l’approvisionnement en produits de la pêche et la sécurité alimentaire des populations riveraines.
Ponte des tortues marines menacée
Outre la pression foncière, le parc fait face à des formes destructrices de pollutions. Les nuisances sonores et lumineuses aux abords des côtes perturbent gravement les sites de ponte des tortues marines, une espèce menacée qui trouve refuge sur les plages du parc.
Face à ces menaces, les autorités réaffirment leur volonté d’agir de manière globale. La ministre a confirmé que la protection de ces zones critiques est désormais intégrée aux grandes orientations de la politique forestière nationale récemment adoptée.
La professeure Marie Nyange a tenu à adresser un avertissement ferme aux auteurs de ces infractions. « Toutes ces questions de pollution sont plus détaillées dans le Code forestier en cours de révision, qui instaure des dispositifs légaux et opérationnels stricts visant à sanctionner rigoureusement toute violation des normes environnementales. Nous mettrons en place toutes les dispositions pour non seulement nous protéger, mais aussi sanctionner tous ceux qui violent ces normes. »
En réitérant la détermination du Gouvernement à protéger l’ensemble des aires protégées du pays, cette mission conjointe marque le début d’une traque juridique contre les spoliateurs et destructeurs de l’environnement au Kongo-central.
Depuis Muanda, Alfredo Prince NTUMBA















