
Le ministère de la Santé publique, hygiène et prévoyance sociale a indiqué avoir contribué à la construction de 300 centres de santé de proximité, achevés en l’espace d’une année, sur les 700 centres prévus dans le cadre du PDL-145T. Ces réalisations ont été rendues publiques par le ministre de la Santé, Roger Kamba, au cours de l’exercice de redevabilité tenu ce jeudi 10 septembre, à Kinshasa, à l’occasion de l’an 1 du gouvernement Suminwa 2.
Dans son allocution à la télévision nationale, le ministre a expliqué que l’objectif principal de ces infrastructures est de rapprocher les soins des populations, en dotant les centres d’équipements leur permettant de fonctionner comme de véritables structures de soins de niveau intermédiaire.
« Nous avons tout de suite compris qu’il était important de renforcer ces installations pour les soins de santé. Nous avons en ce jour 300 centres déjà achevés et en cours d’équipement. L’objectif est de rapprocher les soins des populations, avec des centres conçus et équipés pour fonctionner comme de véritables petits hôpitaux, capables notamment de prendre en charge les accouchements compliqués et certains actes de petite chirurgie », a déclaré Roger Kamba.
Modernisation des hôpitaux de référence
Poursuivant son bilan, le ministère a souligné la réhabilitation ou la construction des hôpitaux généraux de référence dans plusieurs provinces. À Kinshasa, le CHU ex-Mama Yemo fait notamment l’objet d’une transformation, avec trois nouveaux bâtiments, afin de compléter le site et porter sa capacité à 800 lits.
Le ministre a également rappelé que plusieurs programmes de santé, dont certains offrent des prestations presque gratuites, commencent à produire des résultats concrets sur le terrain. À ce titre, la gratuité de la maternité a été consolidée dans le but de réduire les charges des familles.
Lutte contre Ebola : une situation sous contrôle, selon le ministère
Le ministre Roger Kamba a par ailleurs fait état des efforts déployés pour endiguer la 17ème épidémie à virus Ebola. Selon les informations communiquées, six zones seraient touchées jusqu’à ce jour et les équipes poursuivent les opérations de contrôle.
Sur le compte officiel du ministère de la communication et médias de la RDC, « il est mentionné que l’épidémie touche 6 provinces et 61 zones de santé, avec 6 843 cas confirmés, 833 patients en isolement ou en hospitalisation, 1 611 guéris et 3 310 décès, pour une létalité de 48,4 %. Le suivi des contacts est annoncé à 86,5 %, et aucune nouvelle zone n’aurait été affectée durant les dernières 24 heures. Par ailleurs, 21 patients auraient été déclarés guéris au cours de cette journée du 10 septembre».
Le ministère de la Santé et l’Institut national de santé publique indiquent consacrer une attention particulière à l’analyse de la situation épidémiologique nationale, ainsi qu’au renforcement de la préparation et de la réponse aux incidents en cours, notamment en cas de maladie à virus Ebola, de choléra ou encore de Mpox.
Vaccins et traitements en perspective : plusieurs candidats en phase d’essai
Face à l’urgence sanitaire, le pays dispose du vaccin nécessaire pour démarrer des campagnes de prévention ciblées. Le ministère a salué l’engagement des partenaires pour leur appui logistique et médical.
En parallèle, plusieurs vaccins candidats étaient déjà en développement aux États-Unis, au Canada, au Royaume-Uni et à Singapour, avec le soutien de la coalition pour les innovations en matière de préparation aux épidémies (CEPI). Un nouvel acteur s’est ensuite ajouté à la dynamique : un projet piloté par l’entremise de l’Égypte et du groupe pharmaceutique Minapharm, annoncé avec une enveloppe pouvant atteindre 16,5 millions de dollars de la CEPI, selon un communiqué conjoint.
Toutefois, les autorités et experts appellent à la prudence : l’efficacité et la performance de ces vaccins ne pourront être confirmées qu’avec les résultats des essais cliniques. Les premières évaluations ne sont pas attendues avant sept à neuf mois.
« Les données précliniques que nous observons sont prometteuses. Cependant, on ne sait jamais si cela se traduira par une démonstration de l’efficacité des médicaments ou des vaccins tant que l’on n’aura pas obtenu les résultats des essais cliniques », a confié le directeur par intérim du programme Recherches et Développement de l’OMS, Vasee Moorthy sur le compte X (ex twitter) de cette organisation.
« Nous avons pu démarrer les essais plus rapidement. Cela s’explique par les progrès prometteurs réalisés dans nos méthodes de recherche et développement, car les protocoles ont été rédigés avant le début de l’épidémie. C’est précisément le changement de cap que s’efforce d’adopter toute la recherche sur les épidémies : anticiper au maximum », a-t-elle poursuivi.
En attendant la campagne de vaccination de ces vaccins spécifiques, l’OMS recommande la mise en œuvre d’un essai clinique de phase 3 avec Ervebo, vaccin homologué contre la souche Zaïre du virus Ebola. Les experts indiquent ne pas encore savoir s’il protège efficacement contre la souche Bundibugyo, tout en notant que des données de laboratoire et d’études sur animaux suggèrent une possible protection.
Parallèlement aux vaccins, des traitements sont également en cours de développement. Parmi les pistes mentionnées figurent des anticorps monoclonaux et des antiviraux produits à partir de clones issus de la souche Bundibugyo : notamment Remdesivir des États-Unis et MBP 134 de la Belgique.
L’objectif, selon les autorités, reste de renforcer le plateau technique tout en maintenant des soins accessibles à la population, afin que l’amélioration des infrastructures et des équipements s’accompagne d’un meilleur accès à des soins de qualité. Le ministère souligne que la RDC s’engage résolument vers la couverture santé universelle. Cette dynamique se poursuit à travers le développement des hôpitaux de référence et des hôpitaux universitaires dans tout le pays.
Albert MUANDA










