
Plus de 5 000 cas confirmés, plus de 2 300 décès et 55 zones de santé touchées. Trois mois après le début de l’épidémie d’Ebola, la République démocratique du Congo fait face à une propagation rapide du virus Ebola Bundibugyo, malgré une riposte déployée par les autorités sanitaires. Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a présenté ces chiffres mardi 18 août 2026, lors d’un briefing de presse coanimé avec le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya.
« Au bout de 3 mois, nous avons à ce jour un peu plus de 5 000 cas confirmés, un peu plus de 2 300 décès, ce qui nous fait à peu près 47 % », a déclaré Roger Kamba.
Selon le ministre, l’épidémie actuelle permet de mieux comprendre les particularités du virus Ebola Bundibugyo, notamment par rapport au virus Ebola Zaïre, déjà responsable de plusieurs épidémies en RDC.
« Ce virus nous apprend beaucoup de choses, parce que nous sommes partis avec l’assertion qu’Ebola est Ebola, donc Ebola Bundibugyo égale Ebola Zaïre. Nous apprenons également qu’il y a des nuances qui expliquent la situation dans laquelle nous sommes aujourd’hui », a-t-il expliqué.
Roger Kamba souligne notamment la vitesse de propagation du Bundibugyo. Il compare la situation actuelle à la grande épidémie du virus Zaïre de 2018, où, selon lui, la riposte n’avait commencé que trois mois après l’apparition du premier cas. « Pendant ces trois mois, le virus Zaïre a contaminé peu de gens », a-t-il indiqué.
À l’inverse, le Bundibugyo a contaminé environ 5 000 personnes en trois mois, malgré une riposte rapide. Le nombre de laboratoires est notamment passé de zéro à 20 en environ deux mois, tandis que la capacité d’accueil est passée de zéro à 600 lits.
« Ça montre que la riposte a été très rapide et très vigoureuse, que le virus s’est répandu malgré cela très vite », a déclaré le ministre.
Malgré sa propagation rapide, le virus Bundibugyo reste, selon Roger Kamba, moins létal que le virus Zaïre, dont certaines épidémies avaient enregistré des taux de décès compris entre 60 et 80 %.
55 zones de santé touchées
Le ministre a également expliqué que le ministère applique une politique de transparence dans la communication des données. Une zone de santé est considérée comme touchée dès qu’un seul cas y est enregistré.
« Nous avons décidé au niveau du ministère de la Santé de la transparence la plus totale en disant : un cas égale une épidémie », a-t-il précisé.
Ainsi, les 55 zones de santé annoncées comme touchées correspondent aux zones où l’épidémie a été détectée, même lorsqu’un seul cas y est enregistré.
Les autorités sanitaires poursuivent la riposte, notamment à travers le renforcement des capacités de diagnostic et de prise en charge.
Serge NGALAMULUME












