
Dans le cadre de la riposte contre la 17ᵉ épidémie d’Ebola, l’Institut national de santé publique de la République démocratique du Congo (INSP-RDC) a clôturé une série de formations destinées aux prestataires de santé et aux acteurs communautaires afin d’intensifier la prévention. Cette initiative s’inscrit dans la stratégie de renforcement des capacités locales menée par l’INSP, à travers les programmes COUSP et SGI-MVE. L’objectif est d’améliorer la qualité de la riposte et de mieux protéger les communautés exposées. La cérémonie de clôture de ces sessions a eu lieu le dimanche 21 juin à Bunia, chef-lieu de la province de l’Ituri.
« Il était plus qu’urgent de constituer des cellules qui vont jouer un grand rôle au sein de la population et auprès des différentes communautés. Il faut que le message de lutte, les mesures et les consignes parviennent à tous les habitants des zones touchées. C’est de cette façon que nous allons mettre fin à cette 17ᵉ épidémie d’Ebola. Nous leur avons rappelé la lourde responsabilité qui pèse sur leurs épaules », peut-on lire dans le communiqué de l’INSP.
Cette formation stratégique a concerné 129 prestataires de santé issus de 22 structures sanitaires relevant des zones de santé de Bunia et de Rwampara, avec l’appui d’International Medical Corps. Selon le ministère congolais de la Santé, cette initiative contribue à améliorer la détection précoce, à favoriser une réponse rapide et à renforcer la protection des communautés affectées en Ituri.
« Durant ces assises, les participants ont renforcé leurs compétences, notamment en prévention et contrôle des infections, en surveillance épidémiologique, en prise en charge des cas, en laboratoire et en communication des risques. Ils constituent désormais une équipe bien outillée sur les notions apprises et prête à intervenir en cas de besoin », a rassuré le ministère de la Santé.
Mobilisation pour intensifier la prévention
La formation a également bénéficié à 215 acteurs communautaires. Les capacités de ces hommes et de ces femmes ont été renforcées en matière d’engagement communautaire, ciblant notamment les leaders locaux, les associations féminines, les relais communautaires, les responsables religieux, les points focaux et les tradipraticiens.
« Cette épidémie d’Ebola peut encore être maîtrisée, mais plus nous attendons, plus la marge de manœuvre se réduit. Il est urgent de renforcer le diagnostic, la surveillance, l’accès aux soins et l’engagement communautaire », a indiqué Kate White, de Médecins Sans Frontières (MSF).
Désormais mieux outillés, ces acteurs contribueront à la sensibilisation des communautés, à la lutte contre les rumeurs, au renforcement de la surveillance communautaire et à la promotion des mesures de prévention contre la maladie à virus Ebola.
MSF alerte : Ebola n’est pas la seule urgence sanitaire
Pour MSF, Ebola ne constitue pas la seule urgence sanitaire en RDC. L’organisation souligne que la malnutrition, le paludisme et la rougeole représentent également des besoins urgents, mais qu’ils demeurent en « stand-by » en raison de l’épidémie.
« Le besoin urgent de médicaments se fait sentir ici en Ituri. Nous avons des enfants en situation de malnutrition, des cas de rougeole, ainsi que des maladies des mains sales. Les femmes enceintes sont confrontées à des situations difficiles en termes d’hygiène et d’alimentation. Nous appelons les décideurs à agir pour la bonne cause afin de sauver des vies. Que les mesures sécuritaires s’intensifient et que la population fasse confiance aux soignants. La spéculation selon laquelle l’épidémie d’Ebola serait une maladie réintroduite pour exterminer la population est fausse », a martelé Maria Mashako, coordinatrice médicale de MSF en Ituri.
Ces différentes actions sont menées par le gouvernement congolais à travers son ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et de la Prévoyance sociale, avec l’appui technique et financier du département d’État américain, via le projet Epic mis en œuvre par FHI360.
Les statistiques disponibles renseignent que la 17ᵉ épidémie d’Ebola a enregistré un nombre de cas et de décès qui reste à analyser au regard de l’évolution de la riposte. Les autorités et leurs partenaires poursuivent leurs efforts afin de stopper la transmission et d’améliorer l’accès aux soins dans les zones concernées.
Albert MUANDA













