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L’Afrique face à l’urgence climatique, plaidoyer de Claude Nyamugabo pour une « transition juste » et souveraine

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Alors que les rapports scientifiques sur le dérèglement climatique se multiplient, l’analyse de Claude Nyamugabo Bazibuhe, ancien ministre de l’Environnement et développement durable de la RDC met en lumière une injustice fondamentale : l’Afrique, qui contribue le moins aux émissions mondiales de CO2 (seulement 3 à 4 %), subit de manière disproportionnée les conséquences de l’inaction globale.

L’auteur qualifie l’inertie des pays industrialisés de « responsabilité que beaucoup s’accorde à penser comme criminelle », soulignant le paradoxe entre l’ambition des accords internationaux et l’absence de mise en œuvre contraignante. Malgré le principe de « responsabilités communes mais différenciées » établi par la CCNUCC, les négociations climatiques sont minées par le non-respect des engagements, la complexité de la géopolitique, et les désaccords sur la nature et la réparation des préjudices (les « pertes et dommages »).

Lutter contre la « fracture énergétique »

Cette injustice climatique s’ajoute à une « fracture énergétique » interne au continent. Plus de 600 millions d’Africains n’ont toujours pas accès à l’électricité, et le continent est confronté à une pression démographique, des lacunes en infrastructures, et des vulnérabilités accrues (sécheresses, inondations).

Cependant, l’Afrique dispose d’un atout majeur : un potentiel abondant en énergies renouvelables (solaire, éolien, hydraulique). La question n’est plus seulement de s’adapter, mais d’opérer une Transition Juste et souveraine.

La Justice au cœur du développement

L’Union africaine, notamment à travers l’Initiative pour les énergies renouvelables en Afrique (AREI), a inscrit cette transition dans une perspective de développement économique. La « Transition Juste » doit servir de principe fondamental pour combler le déficit d’accès à l’énergie et garantir une distribution équitable des bénéfices socio-économiques.

Les objectifs sont clairs :

1.  Accès Universel : Électrifier les zones rurales grâce à des solutions hors réseau.

2.  Décarbonations : Investir massivement dans le renouvelable pour moderniser et décartonner l’offre énergétique.

3.  Souveraineté économique : S’assurer que cette transition génère des co-bénéfices, notamment en développant une capacité africaine de fabrication de technologies vertes, pour créer des emplois et ne pas être exclu de la chaîne de valeur mondiale.

L’analyse conclut que les gouvernements africains ont la responsabilité de créer des conditions institutionnelles pour ancrer les ambitions de cette transition dans une justice procédurale et sociale. L’enjeu n’est pas uniquement écologique, mais fondamentalement politique, économique et humain : il s’agit de garantir la dignité humaine et le bien-être des peuples africains face à la menace la plus préoccupante de notre époque.

Alfredo Prince NTUMBA

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