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Marché Gambela, quand l’assiette des kinois côtoie l’insalubrité

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Le marché Gambela, autrefois fleuron du commerce kinois et véritable « grenier de la capitale », se meurt sous une chape d’insalubrité. Situé dans la commune de Kasa-Vubu, ce centre névralgique de l’approvisionnement alimentaire offre aujourd’hui un visage indigne, où la survie économique semble avoir pris le pas sur la santé publique.

Entre montagnes d’immondices, eaux croupies et paradoxes fiscaux, le constat est sans appel : l’hygiène est devenue une option facultative au cœur du deuxième plus grand marché de Kinshasa. Comme si la vie quotidienne dans la « ville-province » exigeait désormais un pacte avec la crasse. Vendre à tout prix, certes, mais à quel prix sanitaire ?

Un marécage urbain permanent

Quiconque s’aventure aujourd’hui dans les allées de Gambela est frappé par un contraste saisissant : la vitalité du commerce s’exerce au milieu d’un chaos fangeux. La boue semble y avoir élu domicile de façon permanente, défiant les saisons sèches. Qu’il pleuve ou que le soleil brille, le sol refuse de sécher, emprisonnant vendeurs et clients dans un bourbier sans nom.

Lors des averses, la situation vire au drame. Le marché se métamorphose en un lac de boue impraticable où chaque pas devient un pari risqué contre l’enlisement. Sans une paire de bottes solidement chaussées, circuler devient une lutte pour la dignité, compliquant autant les transactions commerciales que le respect des usagers.

De l’étal au vecteur de maladies

Un marché devrait être un sanctuaire de fraîcheur pour les denrées alimentaires. Hélas, Gambela s’est installé dans un décor de désolation. Les étals de légumes et de viandes se dressent à quelques centimètres seulement de rigoles obstruées et de déchets en décomposition.

Ce n’est plus seulement un lieu d’échange, c’est un redoutable vecteur de germes. L’image de la nourriture vendue à même le sol, dans un environnement saturé de poussières et d’odeurs nauséabondes, soulève une question de sécurité nationale : que mange réellement le Kinois ?

Le paradoxe de la taxe : l’argent du désordre

Le sentiment d’abandon est d’autant plus frustrant qu’il côtoie une pression fiscale constante. D’un côté, les vendeurs s’acquittent quotidiennement de diverses taxes et redevances auprès des autorités du marché. De l’autre, l’investissement en retour pour l’assainissement et l’entretien des infrastructures brille par son absence totale.

« Nous payons pour vendre, mais nous vendons dans la crasse. C’est à se demander où va l’argent des collectes si nous devons nous-mêmes dégager les ordures pour installer nos marchandises », déplore une vendeuse sous couvert d’anonymat.

Un appel à l’action

L’état de décomposition du marché Gambela n’est pas une fatalité, mais le signe d’une démission administrative. Pour restaurer la sécurité alimentaire et la dignité des Kinois, une intervention d’urgence de l’Hôtel de Ville est nécessaire. Il en va de la santé de milliers de foyers qui dépendent de ce « poumon » commercial pour leur survie quotidienne.

Sarah MANGAZA

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