
Mayaka Wissam Gustave a soutenu avec la « mention plus grande » distinction, son mémoire de Diplôme d’Études Approfondies (DEA) à l’Université Pédagogique Nationale (UPN) de Kinshasa, le samedi 7 mars 2026. Son travail scientifique ouvrent de nouvelles perspectives sur la gestion forestière en RDC à travers le prisme de l’éco-communication.
Devant un jury prestigieux composé de professeurs de l’UPN, de L’UNISIC, et de l’UNIKIS, Mayaka Wissam Gustave a défendu sa recherche intitulée : « L’étude éco-communicationnelle de la dynamique des représentations sociales autour de la concession forestière de Bolomba ». Le verdict a été sans appel.
L’étude réalisée autour de la concession de conservation de l’entreprise KFBS a permis d’explorer comment les populations locales des secteurs de Bolomba et de Lusanganya perçoivent et interagissent avec la forêt dans la province de l’Équateur. Les résultats de terrain mettent en lumière un double levier de protection notamment la force des traditions considérée comme des croyances, savoirs et pratiques ancestraux qui favorisent la conservation. Et la conscience juridique qui elle, est une connaissance réelle des cadres réglementaires du secteur forestier congolais par les acteurs locaux.
« L’observation a révélé que la population adopte des attitudes et des stéréotypes tant pour la protection de la forêt que pour le respect des cadres juridiques », a souligné l’auteur lors de sa présentation.
Cette œuvre scientifique de 199 pages est structurée en quatre chapitres, en plus de l’introduction et de la conclusion générales. Le premier chapitre explique et opérationnalise les concepts clés, tandis que le deuxième explore les théories de la communication processuelle et de la communication engageante, dans une perspective de théorisation ancrée de la communication forestière à Bolomba. Le troisième chapitre présente le champ forestier et le cadre juridique, s’inspirant de la théorie du champ de Pierre Bourdieu.
« La démarche inductive s’est avérée pertinente en guise d’observation minutieuse des faits et des acteurs dans leurs contextes naturels, afin d’identifier les modèles dans les faits observés et de formuler les hypothèses. C’est pourquoi le quatrième chapitre met l’accent sur l’explication de l’ethnographie de la communication et de l’analyse de contenu, envisagée comme démarche méthodologique de la recherche doctorale en perspective », a précisé l’auteur.
Loin de s’arrêter en si bon chemin, Mayaka Wissam Gustave projette déjà sa recherche doctorale. Son ambition ? Analyser la communication forestière des communautés locales sous l’angle des « énoncés mystico-sociaux ». Il soutient que les représentations de la forêt ne sont pas le fruit du hasard, mais dépendent de facteurs anthropologiques, socio-économiques et environnementaux profonds.
Auteur de plusieurs articles scientifiques, études socio-économiques et un ouvrage collectif, MAYAKA Wissam Gustave s’intéresse à des questions telles que la communication des projets, la gouvernance forestière, les crédits carbones, le changement climatique, le développement durable, la construction des significations, la communication socio-éducative, et la dynamique socio-culturelle. De 2009 à ce jour, il est Chef de Travaux au Département des SIC de l’Université Pédagogique Nationale et occupe actuellement le poste de membre puis Coordonnateur Adjoint chargé des projets au sein de l’ONG Action Massive Rurale (AMAR), une structure de la société civile œuvrant dans le secteur environnemental en République Démocratique du Congo.
Albert MUANDA










