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Ngiri-Ngiri et Bumbu, le naufrage programmé des avenues Assossa et Shaba

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Autrefois réputées pour la qualité de leurs infrastructures, les communes de Ngiri-Ngiri et Bumbu, situées au cœur du district de la Funa, font face à une menace d’enclavement total. Le constat est amer : les avenues Assossa et Shaba, véritables poumons économiques de cette partie sud de Kinshasa, se meurent dans l’indifférence glaciale des autorités.

Un spectacle de désolation « au vu et au su de tous »

Ce qui n’était, il y a quelques mois, que de simples fissures s’est métamorphosé en cratères béants. Circuler sur ces artères stratégiques relève désormais d’une mission impossible. L’asphalte a capitulé face à la boue et aux débris, créant des fossés où l’eau stagnante dicte sa loi aux piétons comme aux conducteurs.

Le plus exaspérant pour les riverains demeure la chronique d’une mort annoncée. Une route ne s’effondre pas en une nuit. Pourtant, malgré les alertes, les services publics ont laissé les nids-de-poule devenir des précipices.

L’asphyxie du panier de la ménagère

Les conséquences de ce délabrement dépassent le simple inconfort logistique ; elles frappent directement le portefeuille des Kinois. C’est notamment le cas de la hausse des prix. Ces avenues sont les voies naturelles pour l’approvisionnement de la capitale en denrées venant du Kongo-Central. « Quand les camions ne passent plus, les prix s’envolent. Ce n’est pas mathématique, » déplore un commerçant local.

A cela s’ajoute également le calvaire du transport « par morceaux » : Le trajet est devenu un puzzle coûteux. Les bus s’arrêtent net devant les zones impraticables, forçant les passagers à finir à pied ou à payer deux à trois courses supplémentaires pour contourner les obstacles.

L’ironie du « bureau climatisé »

Le contraste est saisissant. Ces zones sinistrées se trouvent à moins de cinq minutes de marche des maisons communales.

« Comment les bourgmestres peuvent-ils ignorer ces cratères qu’ils frôlent chaque jour ? Travaillent-ils pour leurs administrés ou profitent-ils simplement du confort de leurs bureaux et des taxes collectées ? », s’indigne un habitant de Ngiri-Ngiri.

Alors que les avenues Birmanie et 24 Novembre sont en chantier depuis plus de deux ans sans issue visible, l’agonie d’Assossa et Shaba sonne comme le coup de grâce pour le développement de ces communes populaires.

Sarah MANGAZA

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