
La République démocratique du Congo s’attèle à l’élaboration de sa politique forestière, et la du son code forestier (2002), Félix Lilakako, expert en droit de l’environnement et président de l’ONG JUREC (Juristes pour l’Environnement au Congo), tire la sonnette d’alarme. Selon lui, le futur code forestier doit impérativement s’adapter aux enjeux climatiques contemporains, notamment en clarifiant la question des crédits carbone, des droits des peuples autochtones et tant d’autres.
Vers des concessions forestières « mixtes »
Pour l’expert, l’évolution législative doit permettre une gestion plus flexible des massifs forestiers. Il propose l’instauration de concessions dites « mixtes », où le titulaire pourrait concilier exploitation durable et conservation.
Cette mutation s’accompagne d’une réflexion sur la durée des contrats. Actuellement fixée à 25 ans, Me Lilakako suggère de l’allonger pour donner aux forêts le temps de devenir de véritables outils de lutte contre le changement climatique : « Pourquoi ne pas passer à 50, 75 ou 99 ans ? », s’interroge-t-il.
Clarifier le statut des peuples autochtones
Un autre point crucial soulevé concerne l’inclusion des peuples autochtones. L’actuel code forestier, vieux de 23 ans, reste flou sur la définition des « pygmées », contrairement à la législation spécifique protégeant ces populations.
Félix Lilakako insiste sur la nécessité d’aligner le nouveau code forestier avec ces avancées juridiques. Il plaide pour une définition sans détour de ces peuples afin de garantir leurs droits aux côtés des communautés locales.
Un impératif face aux défis démographiques et technologiques
La mutation technologique et l’explosion démographique imposent aujourd’hui des réformes profondes. En tant que « pays solution » et poumon de l’Afrique, la RDC doit moderniser son cadre légal pour mieux gérer ses émissions de gaz à effet de serre et préserver sa biodiversité.
Le Ministère de l’Environnement et du Développement durable, actuellement engagé dans l’élaboration de ces nouveaux documents de politique forestière et du code forestier, est donc invité à intégrer ces thématiques émergentes — crédit carbone, tourbières, concessions de conservation — pour bâtir une législation robuste et visionnaire.
Nehemy DANGBA










