
À l’heure où la préservation des écosystèmes du bassin du Congo devient une priorité absolue pour l’équilibre climatique mondial, Ruth Davis, représentante spéciale du Royaume-Uni pour la nature, plaide pour une réforme profonde des mécanismes de financement. L’objectif est de réduire les intermédiaires pour que l’argent bénéficie directement à ceux qui protègent la forêt au quotidien.
Dans les couloirs de la COP30, la voix de Ruth Davis résonne avec une conviction particulière. Pour la représentante britannique, l’efficacité de la lutte contre la déforestation en Afrique Centrale repose sur un pilier souvent négligé : la rapidité et la proximité du soutien financier. Au cœur de cette stratégie se trouvent les « Paiements pour Services Écosystémiques et Environnementaux » (PSE), un dispositif que l’Initiative pour la Forêt de l’Afrique Centrale (CAFI) souhaite propulser sur le devant de la scène.
L’urgence de l’action de terrain
Selon Ruth Davis, ces schémas de paiement représentent une avancée majeure pour la région. Elle explique avec enthousiasme : « Je pense que CAFI et les donateurs de CAFI sont vraiment enthousiasmés par les initiatives qui sont mises en avant concernant le paiement pour les services écosystémiques et environnementaux ».
L’intérêt de ces mécanismes ne réside pas seulement dans la protection de la biodiversité, mais aussi dans leur capacité à transformer l’économie locale. Pour Mme Davis, il s’agit d’un outil de développement social autant que d’un outil écologique. Elle précise :
« C’est tellement important parce que ces programmes permettent à l’argent d’aller directement aux gens, aux communautés sur le terrain. Ils peuvent faire une différence pour leur environnement, faire une différence pour les forêts, mais cela aide aussi à soutenir les vies et les moyens de subsistance ».
Réduire la bureaucratie pour plus d’impact
L’une des critiques récurrentes faites aux grands fonds internationaux est la lenteur administrative et la multiplication des structures intermédiaires qui absorbent une partie des ressources avant qu’elles n’atteignent leur destination. Interrogée sur la demande de partenaires comme la République Démocratique du Congo pour un accès plus direct aux fonds, Ruth Davis ne s’est pas dérobée.
Elle reconnaît que le système actuel doit évoluer pour répondre aux attentes des pays du bassin du Congo.
« Je pense que nous comprenons tous qu’il y a plus à faire pour s’assurer que l’argent qui transite par CAFI atteigne les endroits où il doit arriver plus rapidement », a-t-elle admis.
Cette évolution passe par un renforcement des capacités locales et une confiance accrue envers les institutions nationales. L’ambition est de créer un circuit court de la finance climatique :
« Une partie de cela implique de s’assurer que les institutions nationales, les ONG et les communautés aient accès à des programmes et participent à des programmes qui réduisent le nombre d’intermédiaires et permettent à cet argent de circuler vers l’avant ».
Un partenariat pour l’avenir
Pour la représentante britannique, le défi est collectif. CAFI ne doit plus seulement être un bailleur de fonds, mais un laboratoire d’innovations financières. Elle souligne que les projets pilotes actuellement en cours servent de test pour définir les standards de demain.
« Nous, chez CAFI, explorons les moyens par lesquels nous pouvons essayer de faire cela. Nous reconnaissons et comprenons qu’il s’agit d’un défi partagé entre nous tous », conclut-elle, rappelant que l’essence même de CAFI est de fonctionner comme un véritable partenariat entre nations donatrices et pays africains.
Alors que la pression sur les ressources forestières s’intensifie, le succès de cette transition vers un financement plus direct déterminera si les engagements pris lors des COP successives se traduiront par un changement réel pour les gardiens de la forêt.
De retour de Belém, Alfredo Prince NTUMBA










