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Clôture du mois de la femme au Café Safi, entre arômes locaux et ambitions « Made in DRC »

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​« C’est fort ! » se sont exclamées à l’unanimité les jeunes femmes entrepreneures réunies autour du café Safi pour clôturer le mois dédié aux droits des femmes, ce mardi 31 mars 2026 à Kinshasa. Une rencontre inspirante entre actrices du changement pour échanger sur la productivité de la femme et la nécessité de décomplexer l’entrepreneuriat local en République démocratique du Congo.

​Loin des célébrations festives habituelles, c’est une réflexion de fond qui a animé ce moment d’entretien. Au cœur des débats, la valorisation de la culture et des produits africains comme leviers de croissance et d’identité.

« C’est pour parler de l’entrepreneuriat féminin en Afrique et dans la capitale congolaise, les défis des femmes, mettre en avant l’entrepreneuriat, valoriser les produits locaux et encourager les femmes à entreprendre à long terme. » A déclaré Joselyne Tshumba, Directrice de Lyne, une entreprise de maroquinerie qui met en avant l’élégance africaine.

Briser le complexe d’infériorité et rendre à la RDC sa couronne de saveurs

​Pour ces entrepreneures, la réappropriation de l’estime de soi est le premier pas vers une économie forte. ​« On tend à nous faire croire que tout ce qui vient de l’Occident incarne la beauté et le luxe, tandis que ce qui est Africain serait de moindre qualité. Pourtant, nous dégustons ici le Café Safi, cultivé en RDC. Il rivalise fièrement avec les marques importées. C’est un complexe d’infériorité qui nous a été imposé. En tant que femmes, il est de notre devoir d’aider nos enfants à s’en libérer. » A insisté Joslyne Tshumba.

L’une des convives a également souligné l’importance de changer le regard porté sur la production locale, en vantant le mérité du café Safi. « Contrairement aux cafés que j’ai eu à goûter, je sens que c’est vraiment traditionnel, avec un goût original. » S’est réjoui Shekinah Saya, DG du restaurant Chez les Westafs.

Pour les autres, le Café Safi est une saveur qui ravive les souvenirs. « J’ai grandi dans le café. Ma tante en faisait une campagne à Ubangui. Tout le quartier venait en boire. Alors, Safi ravive les souvenirs d’enfance. » S’est remémorée Bella Kasongo, Entrepreneure.

Redéfinir le luxe africain

​Le débat a également porté sur la perception du luxe. Si l’attrait pour le prestige est réel, les participantes ont insisté sur le fait que la richesse des matières premières congolaises suffit à créer l’exception.

« Pourquoi attacher systématiquement le luxe à l’Occident ? » s’est interrogée Shekinah Saya. « Nous possédons des essences de bois nobles et magnifiques. Il suffit de les transformer avec rigueur et raffinement pour qu’elles reflètent le luxe que nous recherchons. » A-t-elle ajouté.

​Toutefois, un défi de taille demeure : l’accessibilité. Bien que l’intérêt pour les produits locaux grandisse, le coût de production reste souvent un frein. Pour y remédier, les entrepreneures préconisent une approche basée sur l’autonomie et le développement des ressources telle qu’investir dans l’agriculture et le reboisement pour multiplier les revenus et réduire les coûts de transformation.

​​Cet échange au Café Safi rappelle que l’émancipation de la femme congolaise passe inévitablement par son affirmation économique et la promotion d’un héritage culturel transformé en valeur ajoutée, à l’image du café Safi. « Je trouve que c’est trop original avec un goût naturel. Ce n’est pas comme d’autres cafés qui donnent l’impression d’avoir des produits mélangés. C’est très bon le café Safi ! » S’est exprimée Joslyne Tshumbe.

Pour rappel, le Café Safi est une variété du petit-kwilu, de la famille robusta, cultivée sur les terres fertiles de la forêt du Mayombe, dans la province du Kongo central. C’est une œuvre d’une entrepreneure de la RDC, Régine Tika, avec une ampleur significative sur la scène internationale.

​Sarah MANGAZA

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