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L’ANAPAC dresse un bilan positif à mi-parcours de l’Initiative pour la Conservation Inclusive (ICI)

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L’Alliance nationale d’appui et de promotion des aires et territoires du patrimoine autochtone et communautaire (ANAPAC RDC) a présenté, ce mardi 31 mars à Kinshasa, les résultats à mi-parcours du projet Initiative pour la Conservation Inclusive (ICI). Cet événement, organisé en marge de la Journée internationale des forêts et de la clôture du mois de la femme, met en lumière quatre années d’efforts dans les provinces de Nord-Kivu Kasaï et Mai-Ndombe.

L’autonomisation des femmes au cœur de la conservation

Le projet a permis des avancées significatives en matière d’inclusion et d’autonomie économique. Environ 15 comités de femmes ont été instaurés au sein de trois paysages bio-culturels. Ces regroupements gèrent de manière autonome des activités de culture (manioc, maïs, riz, arachide, haricots), d’élevage et de pisciculture.

Selon les organisateurs, ces initiatives des femmes autochtones et locales sont désormais enregistrées comme entités locales de développement auprès des secteurs, renforçant ainsi leur légitimité institutionnelle. La participation des femmes aux instances de décision a grimpé à 52,4 %, témoignant d’une réelle montée en puissance de leur leadership.

« Notre satisfaction porte aussi sur la prise de parole en public et la capacité de ces femmes à défendre ce qu’elles font elles-mêmes, sans accompagnement permanent », a souligné Monireh Kapuku Presilla, chargée des programmes à l’ANAPAC-RDC.

Vers une industrialisation et un soutien étatique accrus

Malgré ces succès, des défis subsistent pour garantir la pérennité des acquis. Chouchouna Losale, de la Coalition des femmes leaders pour l’environnement (CFLEDD), appelle le gouvernement congolais à s’approprier ces résultats : « Nous demandons à notre gouvernement de s’en approprier et de voir comment accompagner ces femmes productrices. Elles ont besoin d’un accompagnement adéquat pour développer le processus de transformation et de conservation de leur produit et permettre par conséquent à devenir auto dépendantes de leur alimentation et économie ».

Elle a par ailleurs plaidé pour le développement d’emballages écologiques pour valoriser les produits sur les marchés nationaux et internationaux, la sécurisation des femmes autochtones dans les zones secouées par les groupes armés, et le développement des infrastructures médicales pour les communautés pygmées.

Des impacts concrets et un appel aux partenaires

Le projet ICI ne se limite pas à la théorie ; il apporte un soutien matériel direct aux communautés. Des subventions allant jusqu’à 7 500 USD ont été octroyées aux comités, des houes, machettes et moulins ont été distribués pour accroître la productivité et alléger les tâches ménagères et agricoles.

L’ANAPAC estime avoir atteint 90 % de certains de ses objectifs. L’organisation exhorte désormais les partenaires techniques et financiers à renforcer les mécanismes de financement direct pour soutenir ces communautés qui, aujourd’hui, « volent de leurs propres ailes ».

La conservation de la biodiversité en RDC repose désormais sur un principe clair : elle ne peut être durable sans l’inclusion et l’amélioration des conditions de vie des peuples autochtones qui en sont les premiers gardiens.

Albert MUANDA

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