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Les défenseurs environnementaux se réunissent autour d’un « Pacte de protection mutuelle »

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La cité côtière de Tchomia en Ituri se veut le symbole de la résistance écologique et sociale en République Démocratique du Congo. Sous l’impulsion de l’ACEDH et du FDAPID, des centaines de citoyens se sont unis ce ludi 13 avril, autour d’un « Pacte de protection mutuelle », marquant un tournant dans la gouvernance des ressources naturelles de la province.

Selon les organisateurs, le lac Albert n’est pas qu’une simple étendue d’eau partagée avec l’Ouganda ; il est le cœur battant de l’économie locale. Pourtant, entre menaces sécuritaires, pressions foncières et projets d’exploitation pétrolière, cet écosystème est aujourd’hui en péril. C’est pour répondre à ces défis que le projet « Climat propice au travail pour les défenseurs de l’environnement en RDC », soutenu par l’Open Society Foundations (OSF), a réuni les forces vives de la région.

Une mobilisation sans précédent

L’événement a frappé par sa représentativité. Des pêcheurs de la FECOPELA aux commerçants, en passant par les éleveurs, les agriculteurs et les chefs coutumiers, c’est toute la structure sociale de l’Ituri qui a répondu à l’appel.

Au centre des échanges : le Pacte de protection mutuelle. Ce document vise à créer un bouclier de solidarité entre les peuples autochtones, les communautés locales et ceux qui risquent leur vie pour défendre la terre et l’eau.

Le moment fort de la journée a été la prise de parole des jeunes et des femmes. Loin d’être de simples spectateurs, ils ont exigé une place centrale dans la gestion des ressources. Leurs revendications se sont articulées autour de trois piliers non négociables notamment, la fin de l’impunité pour les prédateurs de ressources, un accès total aux informations d’intérêt public, et une participation citoyenne réelle dans les décisions foncières et halieutiques.

« Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous refusons que l’exploitation pétrolière se fasse au détriment de nos droits et de notre environnement », a martelé une représentante des femmes actives dans la filière pêche.

Malgré la gravité des enjeux, l’ambiance est restée festive. Des danses culturelles ont rythmé la rencontre, rappelant que la protection de l’environnement est indissociable de l’identité des peuples de l’Ituri. Cette démonstration d’unité est un message clair : la diversité culturelle est un levier de protection collective contre les menaces extérieures.

L’activité s’est conclue par un appel à l’action immédiate. Les participants ont formulé des recommandations concrètes pour que l’élan de Tchomia ne s’arrête pas aux rives du lac mais que la sensibilisation soit portée dans les 97 camps de pêche du lac Albert. Ils ont insisté sur  le renforcement de l’assistance légale pour les défenseurs de l’environnement souvent harcelés, et la création des réseaux de protection communautaire face aux intimidations.

Alfredo Prince NTUMBA

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