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AICED alerte sur l’usage de bouteilles plastiques comme combustible pour la cuisson des pains

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Les acteurs de la société civile environnementale regroupés au sein de l’Appui aux initiatives communautaires de conservation de l’environnement et de développement durable (AICED) ont, dans un plaidoyer adressé aux autorités de la RDC, alerté sur une mauvaise pratique observée dans la ville de Goma : l’usage de bouteilles plastiques comme combustible pour préparer les pains.

Dans leur correspondance, l’organisation demande une prise de mesures urgentes afin de protéger la santé des populations et de préserver l’environnement, notamment face aux risques liés à la pollution atmosphérique et au rejet des cendres.

« Nous avons l’honneur de vous transmettre l’esprit de notre lettre dont l’objet est mis en exergue. Monsieur le Maire de la Ville de Goma, cette pratique est dangereuse pour la santé et l’environnement de vos administrés et pour l’ensemble de la ville. En tant que membres pour la défense de l’environnement par la communauté et pour la lutte contre la pollution, nous avons pensé bien agir et en urgence dans le cadre de contribuer à la lutte contre la pollution plastique. Nous avons remarqué que certains fabricants de pains utilisent les bouteilles plastiques comme combustible », a déclaré le directeur exécutif national, Faustin Nyebone.

Selon les enquêtes menées sur le terrain par ces acteurs, la combustion des bouteilles plastiques libère des fumées hautement toxiques dans l’atmosphère, avec des conséquences directes sur la santé des communautés et sur l’environnement.

Des fumées toxiques et des risques sanitaires graves

Voici les substances toxiques libérées dans la fumée pendant la combustion de ces bouteilles plastiques : 

  • Les hydrocarbures aromatiques polycycliques : classés cancérogènes pour l’homme, avec une capacité reconnue à induire le cancer du poumon,
  • Les radicaux libres persistants dans l’environnement : accélèrent le vieillissement cellulaire et augmentent le risque de développer certaines maladies chroniques,
  • Les particules fines de carbone (élémentaire et organique) : irritent les voies respiratoires, provoquent des problèmes respiratoires et augmentent le risque de maladies chroniques, notamment les maladies cardiovasculaires et les cancers.

Les entreprises locales, les acteurs du secteur et la population sont également prévenus de la formation, par cette pratique, d’espèces réactives de l’oxygène, capables de provoquer un stress oxydatif, mécanisme central dans le développement de maladies respiratoires.

« L’étude mentionne l’action de certaines substances telles que :  le DTT (dithiothréitol), pouvant irriter les voies respiratoires, l’acide chlorhydrique (HCl) caustique pour les voies respiratoires », a révélé l’étude.

Des substances responsables de troubles respiratoires

Une autre préoccupation soulevée concerne la gestion des cendres issues de la combustion. D’après les défenseurs de l’environnement, ces cendres seraient tout aussi nocives : elles polluent les sols sur les sites où elles sont jetées.

« La combustion du plastique se transforme en cendre très toxique, notamment les dioxines, substance chimique la plus nocive pour l’être humain qui soit connue », ont insisté les enquêteurs. Toujours selon leurs constats, parmi les éléments chimiques dégagés figurent notamment :  le formaldéhyde (HCOH), allergène puissant à l’origine de l’asthme ; l’oxyde de plomb II (PbO) et l’oxyde de cadmium II (CdO). L’inhalation répétée de ces substances pourrait provoquer une bronchite chronique chimique.

Les acteurs de l’AICED estiment que cette pratique doit cesser sans délai et appellent les autorités à prendre des mesures fortes.

« Nous pensons que vous allez impliquer dans cette pratique suicidaire consistant à brûler les bouteilles plastiques pour préparer les pains par certains boulangers, et même à interdire officiellement la combustion des plastiques (sachet, bouteille) après le balayage au niveau du ménage ou après les travaux communautaires : le salongo», ont renseigné les enquêteurs.

Pour les défenseurs de l’environnement, agir contre cette pratique constitue une riposte efficace afin de protéger la santé de la population, car la santé est un facteur du développement. Ils estiment également que, dans le cadre de la gestion des déchets plastiques, l’action contribuerait à rehausser l’image de la ville de Goma, l’une de belles et touristiques de la RDC.

Albert MUANDA

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