
Après des mois de grisaille et de douceur relative marqués par la saison sèche, le soleil kinois refait son apparition avec une intensité redoutable. Ce retour brutal de la chaleur et de l’humidité met les organismes à rude épreuve. Si la recherche de l’ombre et de la fraîcheur devient un réflexe pour tous, les professionnels de la santé tirent la sonnette d’alarme sur un risque majeur et souvent sous-estimé : la déshydratation.
Le piège du coup de chaud guette tout le monde. En période de forte chaleur, le corps humain déclenche un mécanisme naturel pour maintenir sa température interne à 37 °C, ce qui cause la transpiration. Mais cette régulation a un prix : elle entraîne une perte massive d’eau et de sels minéraux essentiels au bon fonctionnement de l’organisme.
Lorsque les apports en eau ne compensent pas ces pertes, l’engrenage de la déshydratation s’amorce. Les premiers signaux d’alerte apparaissent rapidement : une sensation de fatigue intense et inexpliquée ; des maux de tête récurrents et des vertiges ; une sécheresse buccale et des urines foncées ; une baisse de la concentration et une irritabilité.
Sans prise en charge rapide, la déshydratation sévère peut entraîner des complications graves, allant des calculs rénaux au coup de chaleur, une urgence médicale vitale caractérisée par une défaillance de la thermorégulation.
Qui sont les plus vulnérables ?
Si la chaleur accablante touche l’ensemble de la population, certaines catégories de personnes paient un tribut plus lourd. Il s’agit des enfants et des nourrissons car leur corps est composé d’eau à plus de 70 % et leur système de régulation thermique est encore immature ; les personnes âgées car avec l’âge, la sensation de soif s’atténue fortement. Elles peuvent être en déshydratation sévère sans même éprouver le besoin de boire.
Nous pouvons citer également les travailleurs de l’extérieur et vendeurs ambulants qui sont exposés directement au soleil et engagés dans des efforts physiques prolongés. Ils perdent plusieurs litres d’eau par jour.
Gestes barrières contre la chaleur : l’eau avant tout
Pour traverser cette période estivale sans mettre sa santé en péril, les médecins rappellent des consignes simples mais vitales. Ne pas attendre d’avoir soif pour boire. La soif est déjà le signe d’un début de déshydratation. L’idéal est de consommer au minimum 2 à 2,5 litres d’eau potable par jour.
Encore, faut-il rappeler que nous devons privilégier l’eau plate. En matière de boisson, il faut également éviter les sucreries, le café ou l’alcool, qui accentuent la perte d’eau en augmentant la diurèse. Un autre bon réflexe est de consommer des aliments riches en eau tels que les fruits et les légumes de saison (pastèques, concombres, oranges) qui constituent d’excellents compléments d’hydratation.
Par ailleurs, il est impérieux d’adopter les bons réflexes horaires. Il faut limiter les déplacements et les activités physiques intenses aux heures les plus chaudes de la journée, qui sont entre 11h et 15h.
Face à la remontée des températures à Kinshasa, l’accès à une eau saine et une hydratation régulière ne relèvent pas du simple confort, mais bien d’une priorité de santé publique. Un verre d’eau à portée de main reste aujourd’hui votre meilleur bouclier.
Sarah MANGAZA














