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Grâce à CHEM CHEM Congo l’eau coule, et la vie reprend pour les déplacés de guerre

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La crise humanitaire qui frappe l’est de la République Démocratique du Congo, et notamment le Nord-Kivu, rend l’accès à l’eau potable un défi vital pour des milliers de personnes déplacées. Face à cette situation critique, l’ONG Chem Chem Congo a réalisé une prouesse logistique et technique majeure : elle a réussi à faire jaillir à nouveau l’eau dans deux réservoirs stratégiques, offrant ainsi un accès direct et durable aux camps de Kanyaruchinya et Muja.

Un effort colossal qui a impliqué la pose de près de 7,5 kilomètres de conduites (3 886 mètres vers Kanyaruchinya, au nord de Goma, et 3 550 mètres vers Muja, dans le territoire de Nyiragongo). À Muja, l’acheminement a nécessité de traverser des terrains accidentés et des rochers volcaniques, pour connecter enfin les populations à cette ressource indispensable. Là où les camions citernes ne suffisaient plus, et où l’eau était un grand luxe, le rétablissement de ce flux apporte marquant un recul significatif des maladies hydriques et le retour d’une vie digne.

« Nous avions vraiment manqué l’eau. Se laver était devenu un grand luxe. » A confié Bahati Jean-Marie, bénéficiaire du camp de Muja. « Voir cette eau, c’est vraiment un miracle ! La diarrhée nous a enfin lâchés. Nous en avions tout le temps. Nous recourons aux méthodes ancestrales : attendre qu’il pleuve pour récupérer l’eau sous une montagne, après qu’elle ait ruisselé ; Au cas où il ne pleut pas, retirer l’eau d’écorce de bananiers. » A ajouté Sifa Sebuke, une bénéficiaire du camp de Kanyaruchinya.

Le rétablissement de l’accès à l’eau potable ne représente pas seulement une victoire logistique, mais surtout un soulagement immédiat et profond pour les familles des camps de Kanyaruchinya et de Muja. Le Directeur des Opérations à Chem Chem Congo explique le contexte difficile dans lequel l’entreprise a travaillé lors de la prise de Goma, mais son équipe était sur le terrain, déterminée à faire couler l’eau.

« Certains obus tombaient à quelques mètres de nous. Pourtant, il fallait continuer malgré la peur. C’est le sens du devoir. Il fallait être fort physiquement, mentalement et émotionnellement car, des vies qui n’avaient plus rien dépendaient de nous. Résultat : une distribution stable et continue d’eau potable pour des milliers de personnes déplacées. L’eau continue d’arriver. Les infrastructures sont entretenues. Deux projets, deux urgences, un seul objectif : sauver des vies. Plus de 7 kilomètres de conduites ont été posées. » A déclaré Serge Bashonga.

L’achèvement de la connexion des réservoirs de Kanyaruchinya et de Muja par Chem Chem Congo dépasse la simple réalisation d’un projet d’infrastructure. En acheminant 7,5 kilomètres de conduites à travers des défis topographiques, l’ONG a restauré un droit fondamental et a prouvé qu’une action ciblée pouvait avoir un impact humanitaire massif et immédiat.

 « Aujourd’hui, quand je vois l’eau couler sur nos bornes fontaines ; les enfants et les femmes remplir leurs bidons sans marcher des kilomètres ou attendre sous le soleil, je me dis que tous ces risques et stress en valaient la peine. Ce que nous avons accompli à Kanyaruchinya et à Muja est une preuve de résilience, de courage collectif et d’amour pour la vie. » Serge Bashonga

Plus qu’une goutte, un Modèle de résilience et d’espoir pour tous

À chaque étape, des stagiaires en ingénierie sont accompagnés et formés sur le terrain. C’est une manière concrète de préparer les jeunes à devenir des leaders, porteurs de solutions durables et d’innovations locales. Une transmission de savoir-faire technique sur les politiques et les solutions locales face aux enjeux climatiques et hydriques du futur.

C’est une façon pour Chem Chem Congo de s’aligner dans la nouvelle stratégie jeunesse de l’AMCOW, une organisation intergouvernementale africaine créée par les ministres africains chargés de l’eau, en 2002. Elle encourage l’intégration des jeunes dans toutes les dimensions du secteur de l’eau : conception, mise en œuvre et gouvernance.

« Impliquer les jeunes professionnels est une responsabilité. Chaque projet que nous réalisons est une occasion de les former et de leur permettre de transformer leur savoir en expérience réelle. Cette stratégie reconnaît que les défis de l’eau et de l’assainissement en Afrique ne pourront être relevés sans la créativité, l’énergie et l’innovation de la jeunesse. » A indiqué le Chargé des Opérations. Chose qui n’a pas laissé les stagiaires sans voix. « Mon rôle était la fusion des tuyaux, » A confié l’Ir Divine Thasi. « Au-delà des connaissances apprises à l’Université, j’ai appris beaucoup de choses à Chem Chem Congo, » A ajouté l’Ir Aimable ; tous stagiaires de Chem Chem Congo.

Chem Chem signifie « source » en Swahili. Dans ce contexte, Chem Chem Congo s’impose comme un modèle de résilience et d’espoir pour l’ensemble de la région. Elle souligne le rôle essentiel des acteurs locaux dans la réponse aux crises de déplacements. L’eau qui coule désormais est le symbole d’une vie qui reprend ses droits, en posant les bases pour une dignité et un avenir plus serein pour les populations déplacées du Nord-Kivu.

Sarah MANGAZA

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