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Politique forestière nationale, les provinces font entendre leur voix

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Le Groupe de travail Climat REDD+ Rénové et l’ONG CODELT ont présenté la synthèse des contributions de la société civile pour la nouvelle version de la Politique Forestière Nationale (PFN). Ce document final intègre désormais des amendements majeurs issus des provinces, visant à corriger les lacunes de la version précédente. C’était au cours d’un atelier organisé ce vendredi 27 mars, à Kinshasa.

Pour Augustin Mpoyi, conseiller technique de CODELT, l’urgence est manifeste. Le Code forestier actuel date de 2002, soit quatre ans avant la Constitution de 2006. « Il fallait intégrer les enjeux émergents », explique-t-il, soulignant que la loi seule ne suffit pas ; c’est tout le cadre réglementaire forestier qui doit être passé au crible pour s’aligner sur les nouvelles orientations stratégiques.

Selon lui, la version initiale structurée en quatre parties a été réorganisée en sept axes afin d’offrir un document plus cohérent : un état des lieux, un diagnostic thématique permettant d’appréhender la situation existante, puis la partie stratégique qui décline vision, orientations et priorités.

 « Ces deux organisations ont pu conduire un processus intensif et participatif d’amélioration de la politique forestière nationale. La PFN n’est pas seulement un document technique : c’est une vision collective pour la gestion durable des forêts congolaises, visant à améliorer la gouvernance, renforcer la protection des droits des communautés et stimuler un développement économique compatible avec la préservation des écosystèmes », a soutenu le représentant du FGMC, Christian Kalinde.

Grâce à une concertation multipartite, des enjeux cruciaux comme le marché du carbone forestier et les droits des peuples autochtones ont été intégrés. Le coordonnateur national du GTCRR, Guy Kajemba, a insisté sur l’importance d’intégrer dans le document les points de vue des industriels du bois, des communautés locales et des peuples autochtones (notamment via l’ANAPAC).

«Nous luttons dans l’ensemble de notre travail pour que les droits des communautés locales et autochtones soient pris en charge. Sans oublier les questions d’actualité, mais qui n’étaient pas très bien ressorties », a-t-il déclaré, ajoutant que des sujets comme la foresterie communautaire et le carbone, jusque-là insuffisamment traités, ont été mieux mis en avant.

Les réformes proposées visent aussi à corriger plusieurs lacunes relevées dans la version antérieure : l’absence d’objectifs chiffrés, le manque d’harmonisation avec d’autres politiques sectorielles, la faible prise en compte des intérêts de la société civile et des communautés, ainsi que l’absence d’un plan opérationnel budgétisé et d’un dispositif de suivi-évaluation.

Le projet « Appui à l’Amélioration de la Politique Forestière Nationale par la Société Civile » est mis en œuvre par le GTCRR en collaboration avec le CODELT. Soutenu par l’Union européenne (via l’EFI) et le Royaume-Uni (programme FGMC), le projet a pour objectifs entre autres de transformer la PFN en un véritable projet de société pour la gestion durable des forêts congolaises.

La version amendée de la PFN devrait être soumise à un atelier national de validation prévu en avril, avant la mise en place des mesures d’application et l’adaptation du Code forestier à la nouvelle politique. Les acteurs de la société civile espèrent qu’une adoption effective ouvrira la voie à une gouvernance forestière plus inclusive, transparente et durable en République démocratique du Congo.

Albert MUANDA

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