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Gestion des forêts en RDC, le défi de la souveraineté humaine au cœur de la nouvelle politique forestière

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Alors que les travaux de l’atelier de validation de la nouvelle Politique Forestière Nationale (PFN) s’ouvrent aujourd’hui 02 avril 2026, dans la capitale, un diagnostic sans concession vient rappeler que l’ambition environnementale de la République démocratique du Congo (RDC) se heurte à une faille structurelle majeure : la pénurie d’experts nationaux.

La nouvelle politique forestière est saluée comme un instrument stratégique indispensable pour instaurer une gouvernance cohérente et durable. Cependant, selon une analyse technique produite par l’organisation BK Connexion, le document actuel souffre d’une limite qui en entrave la portée réelle : elle peine à garantir une souveraineté pleine et entière dans la gestion des ressources, faute de moyens humains pour traduire la vision politique en actions concrètes.

Le constat est technique : sans plans d’aménagement forestier véritables outils de pilotage intégrant inventaires, diagnostics écologiques et zonages, la politique demeure largement théorique. Or, l’élaboration de ces plans exige une expertise de pointe en ingénierie forestière qui fait aujourd’hui défaut au pays.

Le cri d’alarme : moins de 4% d’experts à l’horizon 2025

Les chiffres avancés lors des réflexions menées par BK Connexion sont préoccupants. Au sein même du Ministère de l’Environnement, la proportion d’ingénieurs et de technologues forestiers n’était que d’environ 6% en 2022. En raison des départs à la retraite, ce taux devrait chuter sous la barre des 4% dès 2025.

Plus grave encore, une part significative des agents occupant des postes d’experts ne possède pas de formation spécialisée en foresterie, étant souvent issus de disciplines connexes comme l’agronomie ou la géographie. Ce déficit contraint l’État à une dépendance systématique envers l’expertise externe, réduisant ainsi sa capacité de pilotage souverain.

La piste du « Corridor éducatif » avec le Canada

Pour pallier cette crise de compétences, BK Connexion plaide pour un renforcement de la coopération internationale, particulièrement avec le Québec (Canada), reconnu pour son modèle de gestion scientifique et l’inclusion des communautés autochtones.

Des initiatives concrètes ont déjà été amorcées, notamment :

  • Un corridor éducatif destiné à former de jeunes Congolais en technologie forestière au Cégep de Rimouski.
  • Des projets de transfert de compétences dans la transformation des produits forestiers avec le SEREX.

En conclusion de son analyse, BK Connexion rappelle que « la souveraineté forestière repose avant tout sur la capacité d’un État à assurer un leadership national fort ». Pour que la politique validée ce jour à Kinshasa ne reste pas une lettre morte, le Ministère de l’Environnement est appelé à mettre en œuvre des mesures structurantes pour former une nouvelle génération d’ingénieurs et de technologues.

L’enjeu est de taille : transformer la RDC de simple réservoir de biodiversité en un gestionnaire autonome et performant de son immense patrimoine naturel.

La Rédaction

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