
Les organisations et coalitions actives dans ce secteur ont, dans une note rendue publique ce mardi 12 mai, dénoncé les irrégularités constatées dans le processus de délocalisation d’environ 900 ménages du village Kabombwa, initié à la suite de la pollution causée par l’usine à chaux de l’entreprise Tenke Fungurume Mining (TFM). Ce communiqué adressé à la première ministre, Judith Suminwa, a été émis ce mardi 12 mai pour attirer l’attention du gouvernement congolais sur une situation jugée préoccupante : un conflit opposant la communauté de Kabombwa à l’entreprise Tenke Fungurume Mining (TFM), filiale du Groupe CMOC, dans la province du Lualaba.
« Plusieurs familles affirment avoir reçu des compensations insuffisantes et inéquitables, ne permettant pas l’amélioration de leurs conditions de vie. Elles dénoncent également l’absence de sites de réinstallation adéquats, le non-respect des engagements sociaux, le manque d’accompagnement socio-économique pour la restauration des moyens de subsistance ainsi qu’un manque de transparence dans les indemnisations », peut-on lire sur ce document, signé par les organisations membres.
Cette lettre ouverte à la première ministre crie à l’urgence. Au-delà du caractère opaque et manifestement disproportionné du processus de délocalisation mené, les acteurs de la société civile se sont dits préoccupés par un environnement, un contexte social et des conditions sanitaires qu’ils jugent dramatiques liés aux activités minières de la même entreprise TFM.
Ces militants indiquent que plusieurs cas de pollution de l’air, de l’eau et des sols ont été documentés par diverses organisations de la société civile. « Il y a des preuves scientifiques à l’appui : ces cas de pollution entraînant ainsi de graves impacts sanitaires au sein des communautés locales. Malgré les nombreuses alertes, plaintes et dénonciations formulées tant par les communautés affectées que par les organisations de la société civile, et en l’absence de réponses appropriées de la part des parties concernées, certaines familles, confrontées à une situation de précarité persistante, ont été contraintes de retourner sur le site de Kabombwa en date du 20 avril 2026, faute d’alternatives viables », ont-ils souligné.
Le document précise que onze personnes ont été arrêtées le 1er mai 2026 à la suite d’une plainte de TEM et sont détenues au cachot du parquet près le tribunal de paix de Fungurume. Trois ont été libérées, mais huit restent détenues sept hommes et une femme tous membres de la communauté de Kabombwa.Selon les signataires, cette situation suscite de vives inquiétudes, notamment à cause d’allégations d’usage excessif de la force, d’intimidation et des contestations autour de la procédure judiciaire, susceptibles d’aggraver les tensions.
Face à ce qui est présenté comme une crise naissante à Fungurume, les organisations demandent l’urgence de renforcer les mécanismes de prévention des conflits dans le secteur extractif. Elles estiment que la paix sociale et la confiance entre acteurs ne peuvent être garanties sans justice, transparence et respect des droits humains.
Les organisations membres ont appelé le gouvernement à œuvrer à la libération des huit membres de Kabombwa, à favoriser une désescalade immédiate des tensions et éviter tout recours excessif à la force, à mettre en place un cadre de dialogue inclusif entre autorités, TEM, communautés et société civile et à réformer les mécanismes de gestion des délocalisations pour plus de transparence et de participation citoyenne. Elles plaident pour une approche fondée sur le dialogue et le respect des droits fondamentaux afin d’éviter l’aggravation de la crise et de restaurer un climat de confiance.
Albert MUANDA










