
Alors que la première goutte d’eau de la saison des pluies s’est abattue sur la capitale dans la nuit du lundi au mardi 8 septembre 2026, le soulagement face à la fin de la poussière de la saison sèche d’une part et la rareté de l’eau d’autre part, laisse rapidement place à une inquiétude familière.
Dans plusieurs quartiers de la ville-province de Kinshasa, le retour des précipitations réveille le spectre fâcheux des inondations et des embouteillages monstres, la faute à un problème récurrent et jamais résolu : le bouchage critique du réseau de drainage. Le constat sur le terrain est amer.
La longue période de la saison sèche, qui constituait pourtant le moment propice et idéal pour effectuer des travaux d’assainissement et de curage préventif à grande échelle, n’a pas été pleinement exploitée. Certes, quelques artères principales ont vu leurs collecteurs être débouchés par endroits, mais d’immenses tronçons de la ville ont été tout simplement laissés à l’abandon.
Même l’OVD sous l’emprise des immondices
Symbole criant de cette incurie : la situation touche jusqu’aux infrastructures de l’Office des voies et drainage (OVD). Il suffit d’observer les abords et les tronçons sous la responsabilité théorique de l’établissement public pour constater que plusieurs de ses propres caniveaux débordent déjà de sable, de bouteilles plastiques et de déchets ménagers compactés par le temps.
Si la régie elle-même subit cette obstruction sans parvenir à maintenir ses ouvrages au sec, le doute s’installe quant à la capacité globale de la ville à faire face aux trombes d’eau annoncées. Dans les quartiers populaires comme dans certaines zones résidentielles, les conséquences d’un tel retard d’entretien ne feront pas attendre.
La population kinoise s’attend à un risque accru d’inondations résidentielles causé par l’eau de ruissellement, ne trouvant aucun exutoire dans des conduits obstrués. Elle envahira inévitablement les chaussées puis les habitations. La circulation sera ensuite paralysée car les grandes artères se transforment en rivières de boue qui paralyseront le trafic routier, en multipliant les embouteillages déjà étouffants de la capitale.
Ceci conduira à des risques sanitaires majeurs car la stagnation des eaux usées combinée aux montagnes d’immondices favorisera la résurgence de maladies d’origine hydrique et du paludisme. Une situation qui aggrave la pauvreté des ménages qui ne bénéficient pas de soins de santé gratuits.
Alors que les nuages se font de plus en plus menaçants au-dessus de la ville-province, les Kinois retiennent leur souffle. L’absence d’une stratégie d’assainissement anticipée et continue durant la saison sèche risque une fois de plus de se payer au prix fort. Il y a urgence à déployer des équipes de secours et de curage d’urgence avant que les pluies torrentielles ne plongent à nouveau Kinshasa dans le chaos.
Sarah MANGAZA














