
L’organisation Solidarité pour la promotion des Femmes autochtones (SPFA), a officiellement présenté, ce mercredi 23 septembre à Kinshasa, les résultats marquant la fin de la phase pilote de son projet de sécurisation foncière au service du climat et de la gestion forestière.
Financé par UK International Development via le gouvernement britannique, le programme déployé de juillet 2024 à 2026 dans la province de l’Équateur, en République démocratique du Congo visait à sécuriser les droits et les espaces traditionnels des peuples autochtones pygmées et des communautés locales, tout en renforçant la conservation communautaire de la biodiversité. Un accent particulier été mis que la lutte contre la pauvreté et le changement climatique das la zone du projet.
Selon les informations communiquées lors de la présentation, les activités ont été concentrées dans neuf villages. Le projet a cartographié 27.021,63 hectares dans les groupements Bosanga NTomba et NTomba-Nkole.
« En dehors de cela, nous avons produit neuf cartes des limites ; et ces cartes ont été validées par les deux communautés voisines. Nous avons aussi produit neuf croquis cadastraux, ainsi que les PV de validations des limites signées par six représentants des communautés bénéficiaires du projet contresignés avec six autres représentants de la communauté voisine. Au total, c’est 40 PV qui ont été signés », a expliqué Bonheur Bolia, technicien SIG de la SPFA et chef de projet de la Sécurisation foncière.
Depuis le mois de janvier 2023, la SPFA travaille à sécuriser les droits de ces communautés autochtones. Sur le terrain, la cartographie participative a joué un rôle central dans la délimitation des confins et la prévention des conflits entre communautés. Dans la dynamique issue du projet pilote, 1 636 ménages ont été couverts par les données socio-économiques et foncières. En outre, 7 conflits de limites ont été traités et résolus grâce à un processus de médiation.
Cette réussite a été rendue possible par le Mécanisme de résolution alternative des conflits (MARC), appliqué dans la zone du projet, et capitalisé tout au long de la mise en œuvre des activités.
« Les approches MARC prennent en compte toutes les questions dans la globalité. Nous avons les acteurs qui se trouvent dans la zone du projet : les chefs coutumiers, les notables, les leaders d’opinion comme les pasteurs, les religieux, les infirmiers, les fonctionnaires qui ont une influence. Toutes ces personnalités ont été consultées comme parties prenantes et comme acteurs importants dans ce processus de MARC et de résolution des conflits. Il y avait des conflits qui dataient des années 60, mais à travers la mise en œuvre des activités du projet, nous avons pu obtenir la résolution de ces conflits », a déclaré Dédé Mola, chargé de programme au sein de l’ong solidarité pour les femmes autochtones (SPFA).
Lors des échanges, plusieurs membres des communautés ont indiqué que cette démarche a modifié leurs réalités quotidiennes, notamment en termes de connaissance du terroir, de règlement des différends et de participation aux décisions.
Un notable du groupement Ntomba Nkole, Bakuba fidèle n’a pas manqué de saluer l’accompagnement reçu : « Grâce à l’intervention de la SPFA et de la Cadastra Foundation, nous avons pu retrouver une partie de nos terres qui avait été confisquée par le village Mooto. Nous avions essayé à plusieurs reprises de résoudre ce conflit au niveau du secteur mais nos démarches n’avaient pas abouti. Cette partie de notre terre était déjà considérée comme une terre perdue. Grâce à l’accompagnement, le dialogue a été facilité et nous avons finalement pu la retrouver. Pour notre communauté, c’est une grande satisfaction.»
Le document de synthèse du projet rapporte que sur 12 670 habitants, environ 40 % des femmes ont été recensées parmi les bénéficiaires directs de la collecte de données. La prise en compte du genre et la participation des femmes autochtones ont aussi été soulignées par les partenaires et experts dans les phases d’appropriation, de sensibilisation et de renforcement des capacités.
Cadastra Foundation et CONAREF ont été cités comme partenaires, en lien avec le service du cadastre, ainsi qu’avec les autorités coutumières et administratives. À ce propos, la CONAREF a indiqué vouloir intégrer les enseignements tirés de l’expérience « dans le panier d’élaboration des plaidoyers ».
Sur le plan méthodologique, le partage d’expériences avec certaines organisations environnementales a également donné lieu à des critiques et ajustements, afin d’améliorer la pertinence des approches. Il a été précisé que les livrables, notamment les cartes de limites, les procès-verbaux (PV) de validation, et les croquis cadastraux ont été remis aux communautés comme documentation participative. Cette démarche ouvre la voie vers une perspective de titre juridique et vers l’application concrète de la loi, selon les indications fournies lors de la rencontre.
Albert MUANDA














