
Alors que la saison sèche touche à sa fin, un danger prévisible menace de nouveau plusieurs quartiers de Kinshasa. Faute de curage et d’assainissement préventif, le lit de la rivière Kalamu reste complètement obstrué par des montagnes d’immondices et de bouteilles en plastique. Une inertie qui fait craindre le pire à l’approche des premières grandes pluies.
Sous les ponts et le long des berges, le spectacle est affligeant : des masses compactes de déchets ménagers bloquent presque entièrement le passage de l’eau. En cas de fortes précipitations, cet encombrement empêchera l’écoulement naturel du ruissellement urbain, exposant les communes riveraines à des inondations éclair.
Les souvenirs douloureux des crues passées
Pourtant, le triste historique de la rivière Kalamu est connu de tous. Ses débordements répétés ont, par le passé, causé d’importants dégâts matériels, détruisant des habitations, érodant les chaussées et plongeant des milliers de familles dans le dénuement. Plus grave encore, ces crues soudaines ont déjà coûté la vie à de nombreux citoyens.
En plus du risque de noyade et de destruction d’infrastructures, la stagnation de ces eaux polluées transforme les zones environnantes en foyers infectieux. La prolifération des moustiques et le risque accru d’épidémies de maladies à transmission hydrique, comme le choléra et la typhoïde, font peser une menace sanitaire directe sur la population locale.
L’appel à une action immédiate
Face à ce péril imminent, la question brûle les lèvres des riverains : faudra-t-il une fois de plus compter des morts et constater des dégâts irrémédiables avant que les autorités compétentes ne décident d’agir ?
« J’habite le quartier Matonge. Nous sommes inondés à chaque forte pluie. Lorsque je vois la manière dont Kalamu est bouché, je me sens traumatisée au point de penser au déménagement, mais les enfants étudient dans une école du coin. Par conséquent, leur trouver une autre école sera très difficile d’une part et d’autre part, aller ailleurs impliquera des frais supplémentaires de transport. Du coup, le seul choix est de rester là pour le moment, en attendant le pire. » S’inquiète une riveraine de la Commune de Kalamu.
Un cri de détresse qui ne devrait pas être ignoré. Cela représente une urgence absolue. L’Hôtel de ville de Kinshasa devrait déployer des engins à déployer les engins pour dégager les points critiques de la rivière Kalamu avant l’installation définitive de la saison des pluies, pour limiter ou éviter les dégâts.
Parallèlement, des actions communautaires d’assainissement et une interdiction stricte de jeter des ordures dans le lit du cours d’eau doivent être appliquées, même en infligeant des sanctions aux récalcitrants, pour éviter des nouvelles catastrophes.
Sarah MANGAZA














