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Des défenseurs des droits environnementaux outillés sur l’exercice de leur métier et le plaidoyer efficace

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Une dizaine de défenseurs des droits environnementaux venus du Nord et Sud-Kivu ont été renforcés en capacités sur la manière d’exercer leurs activités en faveur de communautés et de l’environnement. Ces hommes et femmes ont également bénéficié des connaissances sur comment mener un plaidoyer efficace devant aboutir à des résultats escomptés. C’était lors d’un atelier de deux jours organisé à Bukavu du 11 au 12 octobre 2023.

Cette activité s’inscrit dans le cadre du projet renforcer la protection des défenseurs environnementaux en Afrique qui vise à renforcer les capacités des défenseurs et des communautés locales à plaider en toute sécurité pour une plus grande protection de l’environnement au niveau national et régional.

« Ce projet est exécuté en province du Nord-Kivu. Nous avons voulu réunir certains défenseurs à Bukavu, et certains d’autres qui viennent du grand Nord et de Kinshasa. A l’issue de cette formation, nous avons relevé plusieurs défis et failles. Les plaidoyers réussis nécessitent que le défenseur puisse avoir la maîtrise et le courage de rechercher les textes juridiques, et bien documenter les vrais problèmes en matière environnementale », a indiqué Me Diane Gaku, coordonnatrice du projet à l’Association du Barreau américain (ABA-ROLI).

Durant les deux jours, les participants à cet atelier ont renforcé leurs compétences notamment sur les notions standards de plaidoyer, sur les stratégies, les plans et campagnes d’un plaidoyer efficace aux niveaux local, national, et international. Un accent particulier a été mis sur la sécurité physique, et l’amélioration des connaissances sur les questions de protection face aux contentieux environnementaux et fonciers collectifs.

« Les défenseurs des droits environnementaux font face à plusieurs menaces, surtout dans cette partie du pays. La meilleure approche est de les outiller sur les mécanismes protecteurs de leurs droits au regard des lois nationales et internationales et surtout pour savoir quel type de plaidoyer ils peuvent initier pour assurer une sécurité optimale dans l’exercice de leurs activités », a renseigné André Hilaire Kashikisha, facilitateur de cet atelier.

A l’en croire, la violation de chaque loi écologique doit être rattachée à la violation de la constitution en son article 53. Le recours aux instruments juridiques existants en RDC doit constituer le fondement de tout plaidoyer en faveur de l’environnement ou des communautés.

« On avait peut-être peur d’affronter les violations environnementales par le fait qu’il y a certaines choses qui nous manquaient, comme les textes en rapport avec la protection de l’environnement, et la protection du défenseur de l’environnement. Ce sont des fondamentaux qui nous ont été transmis lors de cette formation », a déclaré Denise Musoka de la Dynamique des femmes des mines (Masisi).

Point de vue partagé également par Me Erick Kambale, défenseur des droits de l’environnement au sein de l’ACEDH basée à Goma.  « Dans chacune de nos organisations nous menons des plaidoyers. Souvent on les mène sans savoir sur quoi s’appuyer, et quelle stratégie mettre en place pour avoir des résultats efficaces. Avec cette formation, on vient d’avoir certaines précisions sur comment nous devons nous comporter pour mettre en place un plaidoyer », s’est-il facilité.

L’atelier de Bukavu lance le jalon d’un processus devant mener à mettre en place une plateforme de partage de connaissances entre les défenseurs des droits environnementaux, et le réseautage entre les acteurs de différents pays dans lesquels ce projet est exécuté, notamment la RDC, l’Ouganda et la Tanzanie.  

« En protégeant l’environnement, nous devons savoir quoi faire et où le faire. Plusieurs défenseurs de l’environnement font face aux défis du monitoring des politiques, des lois et de ceux qui détruisent l’environnement. A travers cette formation, nous voulons leur donner des connaissances sur comment engager les communautés, le gouvernement et les différents initiateurs des politiques variées dans les secteurs de l’environnement au niveau national et régional », a précisé Violah Ajok, gestionnaire principal du programme ABA en Afrique de l’est. « Nous espérons travailler ensemble, partager nos connaissances afin de relever les défis de la protection de l’environnement en mettant en place un réseau de partage d’informations ».

 Depuis Bukavu, Alfredo Prince NTUMBA

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