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Antoine Tabou, « les communautés locales ne sont pas suffisamment impliquées dans l’adaptation climatique »

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Les communautés locales et les peuples autochtones de la République démocratique du Congo subissent les effets néfastes des changements climatiques. Cependant, ces victimes ne sont pas suffisamment impliquées dans la CDN (Contribution déterminées au niveau national), dans sa partie adaptation. Cette remarque est du directeur pays de l’AWF, Antoine Tabu. Il l’a fait savoir lors d’une interview accordée à Environews RDC à Dubaï, en marge de la COP28.

« Avec la CDN révisée de la RDC, il y a la partie adaptation où je trouve que les communautés locales ne sont pas suffisamment impliquées. Pour nous, qui travaillons sur le terrain, l’idéal serait que dans des occasions comme ça que l’on puisse lever des options pour dire quels sont nos rôles pour que les différents secteurs identifiés pour l’adaptation au changement climatique soient compris par le congolais lambda », a-t-il plaidé.

Le pays prend des engagements sur le plan international. Cependant, l’information reste très souvent au niveau national. Et pourtant, ceux qui font face aux effets néfastes des changements climatiques dans l’arrière-pays, ne sont au courant de rien. Selon ce cadre d’AWF, cette situation doit être améliorée si le pays veut réellement voir chaque maillons de la chaine jouer son rôle dans la lutte contre le changement climatique.

« Celui qui pratique l’agriculture n’est pas à Kinshasa, mais plutôt à Bongandanga, Basankusu, etc. On doit apporter la vraie information sur ce qu’on attend de lui en termes de réduction d’espace à cultiver en apportant les semences améliorées, les techniques culturales afin qu’on intensifie la production avec un peu d’espace. Voilà un certain nombre d’actions que nous attendons dans le paysage là où nous intervenons », a informé Monsieur Tabu.

L’AWF entend mener des actions de mobilisation des fonds au niveau national et international afin d’aider les communautés locales et les peuples autochtones victimes des effets néfastes des changements climatiques, à être dédommagés pour faciliter leur adaptation.

« Ce mois de novembre est le plus pluvieux que nous n’ayons jamais connu dans le paysage. Quand vous quittez Boende pour aller à Djolu, les routes sont submergées. Avec la montée du niveau des eaux, il y’a des dommages énormes et les paysans sont en train de connaître. Leurs champs sont submergés sous l’eau. Le travail à faire c’est de relever tous ces dommages causés, et voir comment les rapporter à un certain niveau pour qu’enfin les fonds rendus disponibles sur le plan international soient capturés et que ça arrive effectivement aux communautés. Voilà le travail que nous voulons faire », a-t-il plaidé.

En effet, dans cette démarche, l’AWF attend l’implication du gouvernement congolais aux différents niveaux. Le coordonnateur de l’environnement au niveau du secteur ou de chefferie devrait documenter tous les dommages et pertes que les communautés enregistrent, notamment les inondations, les sécheresses et tant d’autres effets causés par les changements climatiques.

Alfredo Prince NTUMBA

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