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Inondations à la Place de la Victoire, un calvaire total après 30 minutes de pluie

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La ville-province de Kinshasa s’est muée en un paradoxe qui ne finit plus d’exaspérer les Kinois. La mythique Place de la Victoire, véritable cœur battant de la capitale, se transforme en marécage urbain à la moindre averse. Ce fut encore le cas ce vendredi 2 avril 2026, où une pluie soudaine a paralysé la métropole congolaise.

Un carrefour à l’abandon

Il suffit de trente minutes de pluie pour que ce nœud névralgique s’immobilise sous le regard, tantôt impuissant, tantôt indifférent, des autorités. Ce n’est plus une simple intempérie : c’est un rendez-vous cyclique avec l’insalubrité. Dès les premières gouttes, la chaussée s’efface sous des eaux stagnantes et fétides, contraignant piétons et chauffeurs à une « gymnastique » périlleuse pour circuler.

Pourtant, la force de la nature n’est pas la seule en cause ; c’est avant tout une défaillance humaine. Fait frappant : la Maison Communale de Kalamu ne se situe qu’à cinq minutes de ce chaos.

Le cocktail du blocage : déchets et plastiques

Le diagnostic est connu de tous, du vendeur ambulant au technicien de voirie : les caniveaux sont obstrués. Transformés en décharges à ciel ouvert, les collecteurs d’eau saturent sous le poids d’immondices mal gérées.

« Nous interpellons les autorités depuis des mois, mais rien ne bouge vraiment. On a l’impression que la Place Victoire est abandonnée à son triste sort », déplore une commerçante du secteur.

Ce qui indigne le plus les usagers, c’est la simplicité apparente des remèdes. Pour rendre à la Place de la Victoire sa fluidité, deux leviers suffiraient : un curage systématique et une opération de nettoyage en profondeur pour libérer durablement les conduits. Cependant, le civisme reste le maillon faible :

« En mars, mon chef a financé le curage de ces caniveaux. L’eau circulait normalement. Mais les mauvaises habitudes ont la peau dure : les gens continuent de jeter leurs déchets dans les conduits, et tout est à nouveau bouché », s’indigne un boutiquier dont les marches servent désormais de refuge aux piétons fuyant la chaussée inondée.

L’économie de la débrouille

Dans ces eaux noirâtres et nauséabondes, poser le pied au sol sans se salir est devenu impossible. Profitant de la situation, des jeunes du quartier ont transformé le calvaire des autres en gagne-pain. « Nous avons placé ces pierres pour aider les gens à traverser au sec. En retour, ils doivent payer 500 FC pour emprunter notre « pont » », expliquent-ils sans détour.

L’urgence d’une restauration de l’autorité

Si les travaux techniques ne suffisent plus, c’est que le mal est profond : il faut restaurer l’autorité de l’État. Pour que cet endroit redevienne vivable, il devient impératif d’imposer des sanctions sévères contre le jet de déchets et d’organiser une gestion rigoureuse des ordures ménagères et industrielles.

Au-delà des discours sur la modernisation, la situation de la Place de la Victoire reste le symbole d’une gestion urbaine « qui prend l’eau ». Combien de « petites pluies » faudra-t-il encore avant que la salubrité publique ne devienne une priorité absolue ? Environews RDC continue de s’interroger.

Sarah MANGANZA

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