
Le Groupe de travail forêts (GTF-RDC) a officiellement lancé, ce lundi à Kinshasa, son initiative de vulgarisation, de diffusion et de capitalisation du document de la Politique forestière nationale. Portée par la société civile environnementale avec l’appui de Rights and Resources Initiative (RRI) et d’autres partenaires, cette démarche vise à rendre accessible un texte stratégique majeur pour l’avenir environnemental du pays. À cette occasion, un document condensé de 80 pages a été remis officiellement au Directeur général des forêts, en présence des délégués des différentes organisations parties prenantes.
Le GTF-RDC a ainsi opté pour une édition au format A5, plus maniable et simplifiée. L’objectif premier de cette initiative est de briser les barrières techniques afin que chaque acteur puisse s’approprier le texte.
« Nous avons d’abord voulu rendre ces documents accessibles pour toutes les parties prenantes afin de faciliter cette vulgarisation, peu importe les formes que cela peut prendre après (scènes, documents illustrés) », a expliqué Ngoy Isikimo Bienvenu, coordonnateur national du GTF-RDC.
Le coordonnateur a également souligné que la satisfaction de la société civile réside dans la prise en compte des droits humains : « Le document de politique prend en compte une très bonne provision des questions des droits des communautés locales et des peuples autochtones. La phase qui va suivre consiste à vulgariser le document dans son ensemble, mais aussi à mettre l’accent sur ces questions de droits et de promotion. »
Un pari gagné pour la gouvernance verte en RDC
Cette campagne s’inscrit en droite ligne de la vision du gouvernement congolais, portée par le ministère de l’Environnement, du Développement durable et de la Nouvelle économie du climat (MEDD/NEC). Pour les autorités, l’adoption de cette politique nationale le 21 juillet 2026, fruit d’un consensus national et d’un élan patriotique, représente une victoire historique.
Le Directeur général des forêts du MEDD/NEC, Djengo Bosulu Frédéric, n’a pas caché sa satisfaction quant aux retombées de cette synergie :
« C’est un sentiment d’agréable insatisfaction [une fierté qui pousse à faire plus] et ça nous tient toujours au cœur. Cela démontre les effets de la collaboration que nous avons voulue. Pour la première fois, notre pays s’est doté de cette politique forestière nationale et c’est parti pour une gestion durable et rationnelle de nos ressources forestières. »
Le directeur Bosulu Frédéric a rappelé l’urgence socio-économique de cette réforme : « L’objectif est que la forêt contribue essentiellement au développement socio-économique du pays. Il ne faut pas toujours parler des pays polluants. Les peuples autochtones, et même les gouvernements, ne profitaient pas des retombées. L’important motif de l’élaboration de cette politique est de gérer directement les forêts pour lutter contre la pauvreté et le changement climatique. »
Complémentarité et inclusion, des piliers de la stratégie
À en croire le coordonnateur du GTF-RDC, durant le processus de co-création, cette structure a veillé à maintenir une approche complémentaire avec l’action publique en se focalisant sur trois repères majeurs :
- L’harmonisation avec les droits des communautés locales et des peuples autochtones ;
- L’alignement sur les stratégies nationales et internationales de la biodiversité et de la résilience climatique ;
- La coordination intersectorielle avec les secteurs du foncier, de l’aménagement du territoire et des ressources en eau.
Cette dynamique découle d’un projet intense mené de janvier à décembre 2025, structuré autour de cinq activités phares, dont des séminaires de mise à niveau et des consultations approfondies.
« C’est l’occasion pour le GTF-RDC de matérialiser les engagements pris, avec un accent particulier sur les consultations des différentes catégories d’acteurs, dont les femmes, les jeunes, les administrations sectorielles, les universités, le secteur privé et la société civile », a précisé Ngoy Isikimo Bienvenu.
Cap vers la « démocratisation » et la traduction en langues nationales
Grâce à un micro-projet de renforcement des capacités, le GTF-RDC a pu transformer le texte officiel en une brochure simplifiée. L’étape suivante s’annonce encore plus proche du terrain. Sans dévoiler l’entièreté de sa stratégie, le groupe de travail prévoit de traduire prochainement le document dans les quatre langues nationales de la RDC.
Il s’agira de « démocratiser » ce domaine hautement technique afin que chaque citoyen, là où il se trouve, comprenne sa partition dans la mise en œuvre effective de cette nouvelle politique forestière nationale.
Albert MUANDA














