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Les contraintes concrètes de la mise en œuvre du COSOP 2027-2032 analysées à fond

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Les consultations consacrées à l’élaboration du prochain Programme d’options stratégiques pour le pays (COSOP) du Fonds international de développement agricole en République démocratique du Congo (FIDA) ont pris fin ce mardi 10 mars 2026 à Kinshasa. Cette dernière journée technique et opérationnelle avait pour objectif de tirer pleinement parti des expériences de terrain de toutes les parties prenantes et des connaissances des réalités de mise en œuvre.

Une analyse minutieuse des contraintes de mise en œuvre et l’identification des principaux risques opérationnels ont été effectuées, après un travail de groupes. Des recommandations techniques réalistes et priorisées pour le futur COSOP ont été formulées, entre autres : le renforcement des chaînes de valeur agricoles en soutenant les cultures pérennes à forte valeur ajoutée et la production animale ; l’accès à des semences de qualité ; l’occupation par la jeunesse d’une place centrale dans les projets ; l’inclusion des femmes, même enceintes ; le renforcement du suivi et de l’évaluation ainsi que l’intégration des pratiques de résilience climatique.

« Ces échanges ont permis d’identifier non seulement ce que nous voulons faire, mais surtout comment le faire pour garantir des résultats durables à plus grande échelle. Les projets que nous mettons en œuvre sont des projets du Gouvernement de la RDC, financés par le FIDA et d’autres partenaires. » a déclaré la Directrice pays du FIDA, Martine Villeneuve.

Dans un contexte complexe comme celui de la RDC, la réussite des interventions dépend autant de la qualité de la stratégie que de la manière dont elle est mise en œuvre. Les parties prenantes ont tiré les leçons du passé, en fondant leur vision sur les expériences concrètes afin que ce COSOP porte les changements nécessaires pour le bénéfice des populations ciblées.

Passer du dire au faire, la redevabilité comme boussole

À l’issue des consultations, une séance de restitution des résolutions de ces deux jours de travaux s’est tenue en présence des Ministres de tutelle de la RDC, dans l’après-midi. « Ces consultations ont permis de consolider notre compréhension des principaux enseignements issus de la Revue d’achèvement du COSOP 2019–2026, d’analyser les défis structurels auxquels fait face le secteur agricole, et d’identifier les opportunités pour renforcer l’impact des interventions futures », a déclaré la Directrice pays du FIDA.

Malgré son potentiel colossal, capable de nourrir une grande partie du continent Africain, l’agriculture en RDC demeure d’une fragilité paradoxale, entravée par l’enclavement des zones rurales, le manque d’infrastructures de base et une dépendance persistante aux aléas climatiques et sécuritaires. L’État congolais occupe une position centrale, mais oscille entre des ambitions fortes et une capacité d’exécution limitée sur le terrain.

« Comme beaucoup de choses au Congo, c’est le manque de corrélation qui existe entre le potentiel (agricole, les forêts…) et la réalité. Pour changer cette balance et réduire cet écart, il est vraiment important que les coalitions d’acteurs se mettent ensemble pour travailler. C’est compliqué, ça prend du temps, mais rien ne se passera si l’État n’est pas au centre. » a indiqué Bruno Lemarquis, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général de l’ONU et Coordonnateur humanitaire en RDC.

Il a estimé que le FIDA a toute sa place dans cet écosystème de coalition d’acteurs pour réduire cet écart entre le potentiel et la réalité. Cependant, il est de la responsabilité du gouvernement d’activer des politiques publiques solides. « Cette vision se décline et se cristallise autour de deux piliers majeurs sur lesquels mon ministère travaille sans relâche : le schéma directeur du développement rural ; le plan de revitalisation du monde rural. » s’est engagé le Ministre d’État en charge du Développement rural, Grégoire Mutshail Mutomb.

À en croire Bruno Lemarquis, une étude lancée par la FAO, le PAM et le Ministère de l’agriculture il y a deux ans a pour but d’identifier le décalage entre les investissements et le manque d’impact en RDC. « On investit mais ça ne change pas la donne. Les politiques publiques doivent être activées pour s’attaquer à ces causes pour que tous les investissements qui sont prévus à travers le FIDA aient un impact sur les indicateurs. », a interpellé le Représentant du SG de l’ONU.

Une interpellation appuyée sur le cas concret du Kasaï. « Tous les investissements chiffrés en milliards de dollars dans le Kasaï n’ont pas eu un impact significatif sur la réduction de l’IPC3, c’est-à-dire qu’il y a un problème. Il faut savoir quelles sont les causes auxquelles on ne s’attaque pas, ensuite mettre autour de la table ceux qui sont responsables de ces causes. », a martelé Bruno Lemarquis.

Agriculture, moteur de demain : l’heure du décollage

Une recommandation déterminante pour le futur. Le Secrétaire général à l’agriculture a estimé que l’État a un très grand rôle à jouer dans la réussite de ce secteur, surtout pour ce qui est de l’encadrement des jeunes. « La délinquance est accrue parce que la jeunesse n’est pas encadrée. Le gouvernement peut faire un effort d’encadrer la jeunesse. Le FIDA peut appuyer une jeunesse responsable. » a souhaité Benjamin Toirambe.

Cela en appelle à l’implication de plusieurs secteurs. « Nous devons développer des stratégies avec le Ministère de la jeunesse. C’est ça qui produira des bons résultats sur le terrain. Puis, il ne faut pas qu’on mette tout sur la tête du FIDA. On doit négocier avec d’autres partenaires qui peuvent accompagner. » a-t-il insisté.

Le bailleur de fonds n’est pas un simple créancier. Il est la clé de voûte qui permet de passer de l’intention à l’action. Ces consultations vont se poursuivre avec les acteurs de terrain et les partenaires de la coopération internationale, afin d’alimenter la rédaction du nouveau COSOP. Ce processus sera suivi par une phase de validation avec les ministères concernés. Une validation nationale est prévue en septembre, et enfin une soumission au Conseil d’administration du FIDA en novembre prochain.

Sarah MANGAZA

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