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Centrale de Kakobola, entre urgence inaugurale et alertes d’experts

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Le dossier de la Centrale Hydroélectrique de Kakobola (10,5 MW) prend une tournure politique et technique majeure. Alors qu’une correspondance officielle du Cabinet du Chef de l’État, datée du 19 mars 2026, instruit le Ministre des Ressources Hydrauliques et de l’Électricité de procéder à l’inauguration officielle, des voix d’experts s’élèvent pour dénoncer une précipitation potentiellement dangereuse.

Dans une lettre signée par le Directeur de Cabinet Anthony Nkinzo Kamole, la Présidence de la République souligne l’importance « stratégique » de cet ouvrage pour la province du Kwilu. Le document précise que le Ministre est désigné pour couper le ruban en marge de la 13ème  session de la Conférence des Gouverneurs. Pour sa part, le Chef de l’État prévoit de procéder au lancement ou à la mise en service lors de son passage à Kikwit.

Le Cri d’alarme de l’expert : « Une coquille vide ? »

Cependant, l’enthousiasme officiel est tempéré par les critiques acerbes de l’Ingénieur Idris Mufuka Kudiye, expert en systèmes énergétiques. Dans une alerte intitulée « Inauguration précipitée », il interpelle les décideurs sur plusieurs zones d’ombre techniques et administratives.

L’ingénieur soulève des questions critiques sur la viabilité de l’ouvrage/ il s’agit des failles techniques, évoquant la présence de malfaçons dans le génie civil et absence de protection contre la foudre. Monsieur Mufuka évoque également l’instabilité opérationnelle précisant que « la centrale n’aurait jamais réussi à fonctionner plus de deux heures consécutives et n’a subi aucun test de mise en charge concluant ».

A cela s’ajoute également la sécurité et gestion. Le réseau de distribution vers Gungu, Idiofa et Kikwit ne respecterait pas les normes de sécurité, tandis que l’opérateur de gestion et le tarif du kilowattheure demeurent inconnus.

Recommandations pour un éclat durable

Face à ce risque de « simple coquille vide », une série de recommandations urgentes a été formulée pour garantir que l’investissement public ne soit pas vain.

Les mesures de court terme préconisées incluent :

  1. Audit Indépendant : Une inspection urgente par un tiers pour valider la solidité des installations.
  2. Marche Industrielle : Conditionner l’inauguration à un test de performance continu de 48 heures minimum.
  3. Cadre Réglementaire : La signature immédiate d’un arrêté fixant un tarif provisoire et la désignation claire d’un gestionnaire (SNEL, ANSER ou privé).

À long terme, les experts insistent sur la nécessité d’un budget d’exploitation (OPEX) permanent pour assurer la durée de vie des turbines, estimée à 40 ans, et sur l’obtention d’un certificat de conformité de l’Autorité de Régulation du secteur de l’Électricité (ARE).

« Une inauguration réussie n’est pas celle du ruban coupé, mais celle d’une lampe qui reste allumée durablement dans chaque foyer du Kwilu », arappele l’ingeneur Mufuka.

Le gouvernement choisira-t-il la symbolique politique de l’inauguration immédiate ou la prudence technique pour garantir la sécurité des populations ? Le futur énergétique du Kwilu se joue dans les prochains jours.

Affaire à suivre…

Alfredo Prince NTUMBA

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