
La République démocratique du Congo est le troisième pays d’Afrique centrale à faire partie de l’initiative One Forest Vision, après le Gabon et le Congo. L’atelier de co-construction lancé à Kinshasa, ce mardi 31 mars 2026, marque le début de ce programme scientifique international qui vise à répondre aux défis environnementaux mondiaux.
« Le présent atelier de programmation RDC-France intervient à un moment décisif. Il doit nous permettre de co-construire des politiques publiques inclusives et efficaces, de structurer une nouvelle économie du climat créatrice d’emplois verts. L’ambition collective est claire : faire de l’environnement non pas une limite naturelle, mais un moteur de croissance durable, de cohésion géo-économique et de prospérité partagée », a déclaré la ministre de l’Environnement, Développement durable et Nouvelle économie du climat, professeure Marie Nyange Ndambo.
En effet, l’enjeu pour ce programme est de renforcer le réseau des chercheurs locaux en investissant dans la formation des doctorants, l’équipement des laboratoires, le développement des infrastructures de données et la mobilité scientifique afin que la RDC dispose à terme d’une expertise scientifique nationale forte, autonome et reconnue internationalement.
À en croire le représentant de l’Ambassadeur de France à Kinshasa, la France a à cœur d’accompagner les efforts de la RDC pour incarner pleinement son rôle de « pays solution » dans la transition écologique à l’échelle internationale.
« Notre action s’inscrit dans une vision stratégique partagée, cohérente avec les priorités nationales de la RDC et les grandes initiatives structurantes portées par ce pays. Mais aucune stratégie ambitieuse ne peut réussir sans une base scientifique solide. C’est précisément l’objectif de l’initiative « One Forest Vision » », a-t-il souligné.
Bien que le projet ait pris du retard par rapport à son lancement initial en 2023, une prolongation a été obtenue jusqu’en 2029.
« On a eu la chance en début d’année d’obtenir une prolongation, donc on a jusqu’en 2029 alors qu’initialement c’était sur 5 ans… Cette prolongation va nous permettre justement de pouvoir bien mettre en place les activités qu’on a imaginées en RDC », a précisé Camilla Lacroux, coordonnatrice adjointe de One Forest Vision Initiative.
Cet atelier de deux jours s’articule autour de trois tables rondes thématiques à savoir : Climat, eau et cycle du carbone – Écologie et conservation – Foresterie, agriculture et sciences-société.
Les travaux de Kinshasa devront permettre d’identifier des sujets de thèse qui feront l’objet d’appels d’offres qui seront lancé en septembe. « L’initiative One forest Vision représente un levier essentiel. Elle doit permettre de combler le déficit de connaissances scientifiques, de structurer les capacités nationales et d’ancrer la science au cœur de la décision publique », a plaidé Tosi Mpanu Mpanu, conseiler principal du chef de l’Etat au collège environnement.
À en croire les organisateurs, le projet phare de cette initiative en RDC est notamment la construction potentielle d’une « Tour à flux » dans les forêts claires des Miombo, dans le sud du pays. L’ambition finale est de définir une feuille de route claire pour les 3 à 5 prochaines années.
« L’ambition finale est de définir une feuille de route claire pour les 3 à 5 prochaines années en RDC, en abordant les besoins en infrastructures, en données et en équipements, tout en renforçant les partenariats scientifiques », a révélé Guillaume Lescuyer, expert scientifique.
L’initiative One Forest Vision a été lancée à la suite du One Forest Summit à Libreville en mars 2023, par le président français, Emmanuel Macron. Il bénéficie d’un financement de 15 millions d’euros (apportés par les ministères français de la Recherche et des Affaires étrangères) pour une durée prévue de 5 ans. Le programme s’articule autour de cinq piliers thématiques allant de l’étude du carbone forestier à la co-construction en sciences humaines et sociales (SHS).
Alfredo Prince NTUMBA










