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Droits des autochtones en RDC, un atelier pour accorder les violons des réformes

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Alors que la loi n°22/030 marque une avancée historique pour les peuples autochtones pygmées, le défi de sa mise en œuvre reste entier face aux multiples réformes en cours en République Démocratique du Congo. Pour y répondre, un dialogue multipartite s’est ouvert ce jeudi 09 avril, à Kinshasa. L’objectif de cette rencontre, co-organisée par le gouvernement et les organisations APEM et FPP, est de s’assurer que l’avenir de la gouvernance foncière et environnementale intègre pleinement les droits de ces communautés vulnérables.

Pour les organisateurs, malgré les avancées constatées sur le terrain des reformes, des incohérences persistantes entre ces différents secteurs demeurent. Environ 1 million de personnes subissent toujours des marginalisations, des discriminations et des déplacements involontaires. Ces contradictions exposent les communautés autochtones à des risques de violations de leurs droits d’accès aux terres et aux ressources, tout en alimentant les conflits fonciers là où les affectations de terres se superposent.

« Notre pays avance sur plusieurs réformes sectorielles. Je peux citer la réforme foncière en cours, l’aménagement du territoire suffisamment avancé, et la réforme forestière aussi en cours, sans oublier aussi la création du Corridor vert Kivu-Kinshasa. En tant qu’organisation de la société civile, nous sommes préoccupés par la cohérence des réformes menées dans plusieurs secteurs », a précisé Blaise Mudodosi, coordonnateur de l’APEM.

Le secrétaire Général aux Affaires Coutumières, Augustin Mungini, a lors de son allocution de lancement de cet atelier, affirmé que le développement durable est impossible sans l’intégration de ces communautés. « La condition des autochtones pygmées requiert une attention assidue parce qu’ils sont considérés comme une communauté humaine vulnérable », a-t-il insisté.

En effet, les premières analyses de différentes réformes en cours démontrent un fossé qui subsiste entre la loi portant protection et promotion des droits des peuples autochtones et son application effective, illustré par le cas critique des communautés Batwa du Parc National de Kahuzi-Biega.

« La situation des communautés Batwa du Parc National de Kahuzi-Biega illustre avec acuité les défis auxquels nous sommes confrontés », a déclaré Djafari Ramazani, représentant de la CNDH. « La décision rendue par la Commission Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples […] interpelle notre responsabilité collective quant à la nécessité de concilier la conservation de la nature avec le respect des droits de l’homme ».

Réunissant environ 60 participants issus des ministères de l’Environnement, des Affaires foncières, de l’Aménagement du territoire, ainsi que des partenaires techniques et de la société civile, cet atelier doit identifier les lacunes juridiques et les points de tension entre les lois sectorielles, et harmoniser l’exigence du CLIP (Consentement Libre, Informé et Préalable).

Alfredo Prince NTUMBA

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