
Santé : Ebola en Ituri, entre défis sécuritaires, infodémie et gestion des camps de déplacés
La situation humanitaire et sanitaire des personnes déplacées de guerre a fait partie des points inscrits à la Conférence de Presse stratégique tenue ce vendredi 29 mai 2026, en Ituri. Consacrée à la riposte contre la Maladie à Virus Ebola (MVE) qui sévit actuellement dans cette province de la République Démocratique du Congo.
Cette rencontre a permis de faire la lumière sur les efforts déployés sur le terrain, mais aussi sur les lourds obstacles qui freinent les équipes médicales. Face aux inquiétudes persistantes, le Gouverneur de la province de l’Ituri, le Général Johnny Luboya, a tenu à rassurer l’opinion publique nationale et internationale.
Selon lui, l’insécurité ne rend pas la riposte impossible car il s’agit d’une crise localisée et non généralisée. « Lorsqu’on parle de la situation sécuritaire dans l’Ituri, il y a des axes spécifiques qui sont sujets à problème. Ce n’est pas toute la province », a-t-il insisté, affirmant que les opérations sanitaires se déroulent convenablement dans la majeure partie du territoire.
L’infodémie : Le véritable fléau de la riposte
Pour le Gouverneur de la province de l’Ituri, le principal frein à l’action humanitaire ne vient pas des armes, mais de la désinformation. Le Général Johnny Luboya a fermement déploré la propagation de fausses rumeurs qui installent la psychose et bloquent l’aide.
« Il y a un grand problème en Ituri : l’infodémie. Elle repousse les partenaires, les empêchant d’apporter l’aide humanitaire d’une part, et de venir en aide aux malades touchés d’autre part », s’est-il indigné. Le Ministre de la Santé a quant à lui donné un exemple concret au sujet de la désinformation, en appelant à la prudence.
« A Kinshasa il y a eu un cas d’une dame qui avait saigné du nez et qui a été filmé pour partager l’information qui est allé dans tous les sens. Mais nous, en l’examinant, sachant que la personne n’a eu aucun contact dans les zones à risque avons conclu qu’il ne s’agissait pas du virus d’Ebola. Donc, prudence avant de partager une telle information.» A-t-il interpellé.
Pour sa part, le Ministre de la Communication et des Médias, Patrick Muyaya, qui a organisé cet échange, a interpellé les professionnels des médias. Il les a invités à s’approprier la question avec rigueur afin de diffuser des informations fiables et essentielles pour sensibiliser les populations aux mesures barrières.
« Que les journalistes fassent leur travail, mais en évitant d’être des « nionsologues » (des pseudo-experts qui prétendent tout savoir). Ils doivent se documenter et recourir aux équipes de riposte en donnant la parole aux spécialistes et personnes habilitées », a-t-il martelé.
Le casse-tête sanitaire des camps de déplacés
L’autre grand défi de cette épidémie réside dans la gestion des camps de déplacés, des zones à haute promiscuité où le virus peut se propager rapidement. Le Ministre de la Santé Publique, Hygiène et Prévoyance Sociale, le Dr Roger Kamba, a exposé la complexité de la prise en charge dans ces sites de transit où les conditions d’isolement sont complexes.
« Dans ces endroits, nous devons prioriser la détection précoce des personnes présentant des symptômes pour les orienter immédiatement vers les centres de prise en charge. C’est un défi complexe qui regroupe des problématiques alimentaires, d’hygiène et de communication. Ce sont des cas extrêmement compliqués », a conclu le Dr Roger Kamba.
Sarah MANGAZA












