
Alors que la République Démocratique du Congo cherche à s’imposer sur la scène internationale comme un « pays solution » face au changement climatique, la réalité sur le terrain s’avère bien plus sombre pour ceux qui protègent la nature. Dans un communiqué de presse rendu public ce 18 septembre 2026 (N°014/2026/Se/ACEDH-RDC), l’Alerte Congolaise pour l’Environnement et les Droits de l’Homme (ACEDH) dénonce une hausse inquiétante de la persécution, des menaces et des poursuites judiciaires abusives visant les activistes environnementaux et leaders communautaires.
Discours officiels face à la réalité du terrain
La RDC a mis en place la première grande aire protégée communautaire du pays, intitulée le «Couloir Vert Kivu-Kinshasa». Cet outil stratégique vise à préserver des écosystèmes exceptionnels, lutter contre le réchauffement climatique et promouvoir une économie verte au bénéfice des populations locales.
Cependant, l’ACEDH souligne un paradoxe saisissant. Pendant que les autorités vantent leurs efforts pour le climat, les citoyens qui luttent au quotidien pour préserver la biodiversité, les droits fonciers et forestiers subissent une pression constante. L’organisation avertit que si ces pratiques abusives persistent, elles risquent de « faire disparaître l’espoir national et international » porté par ce projet majeur.
« Au cours de l’année 2026, l’ACEDH a documenté 23 cas de poursuites judiciaires et extra-judiciaires abusives (souvent qualifiées de poursuites-bâillons) à l’encontre de défenseurs de l’environnement, de peuples autochtones et de leaders communautaires opérant dans et autour du Couloir Vert », renseigne le communiqué e l’organisation.
Selon les données du rapport, les cas se répartissent à travers plusieurs provinces du pays. La province de la Tshopo vient en tête avec 29 % des cas, Maniema : 13 %, Haut-Uélé : 13 %, Nord-Kivu : 13 %, Bas-Uélé : 8 % , Mongala, Sud-Ubangi, Équateur, Kinshasa et Kongo-Central : 4 % chacun.
Par ailleurs, le rapport pointe une instrumentalisation alarmante de l’appareil d’État. L’ACEDH dénonce le fait que la police, l’armée et le système judiciaire soient fréquemment utilisés par des exploitants miniers et forestiers pour intimider ou réduire au silence les voix critiques. Au lieu de protéger les citoyens, certaines institutions publiques finissent par se transformer en « bourreaux ».
Ces dérives engendrent la peur, la méfiance des communautés vis-à-vis des projets de conservation et une perte de confiance généralisée envers les institutions.
« Une conservation qui suscite la peur et l’injustice risque de perdre l’adhésion de ceux qui sont appelés à en être les premiers acteurs et bénéficiaires », prévient le communiqué de l’ACEDH.
Afin de préserver l’intégrité du Couloir Vert Kivu-Kinshasa et de protéger la vie des défenseurs des droits humains, l’ACEDH recommande de diligenter des examens rigoureux et indépendants des cas de poursuites abusives signalés. Garantir le strict respect des droits humains et des garanties judiciaires pour tous les activistes, Appeler les sociétés des secteurs extractif et foncier au strict respect des normes internationales relatives aux droits humains.
Précieuse NGALULA
















