
L’ONG Actions pour la promotion et protection des Peuples et espèces menacés (APEM) a officiellement présenté, ce vendredi 18 septembre à Kinshasa, les résultats marquant la fin du projet régional de lutte contre la criminalité environnementale transnationale. Financé par la France à travers le ministère de l’Europe et des Affaires étrangères (Fonds Équipe France / FSPI), ce programme déployé de 2024 à 2026 au Cameroun, au Gabon et en RDC visait à renforcer la protection du massif forestier et à lutter contre les atteintes aux droits environnementaux. En RDC, les actions se sont concentrées dans les territoires de Kabare, Kalehe et Idjwi au Sud-Kivu.
« Le projet a permis de sélectionner 40 leaders communautaires, d’identifier 212 défenseurs environnementaux dans 7 territoires et la ville de Bukavu, de former 16 journalistes et blogueurs dont 6 femmes issues de 16 médias, de réunir 27 structures au sein du réseau des défenseurs du Sud-Kivu, et de former 46 leaders communautaires sur la législation forestière et 43 leaders et membres de la société civile en gestion des projets », révèle le document de l’APEM.
A l’en croire, les actions menées ont permis de renforcer significativement la protection de la forêt et la défense des droits des communautés grâce notamment à l’atteinte des résultats tels que l’établissement des connexions durables entre les défenseurs de terrain, les organisations de la société civile, les professionnels du droit et les autorités nationales compétentes.
En même temps, des rapports de cas et des démarches de plaidoyer ciblées ont été conduits auprès des décideurs pour dénoncer les abus et exiger l’application de la loi. Les acquis, bonnes pratiques et outils développés tout au long du projet ont été documentés et diffusés pour assurer leur pérennité et leur réplication.
A en croire le coordonnateur national de l’APEM, Blaise Mudodosi, au-delà de la surveillance et de la dénonciation des infractions, l’initiative s’est appuyée sur le soutien économique direct aux populations locales afin d’offrir des alternatives durables aux activités destructrices de l’écosystème.
« Ce sont des micro-subventions qui ont été mises en place pour appuyer des projets des communautés. Ceci aide à faire face aux problèmes de lutte contre le changement climatique. Le projet a aidé les vendeurs des makala, les commerçants de la viande de brousse et des exploitants des bois du parc à se convertir. Aujourd’hui, ils sont en train de faire les cultures maraîchères, l’élevage des poules, des caprins etc. », a-t-il déclaré.
Selon les bénéficiaires directs dudit projet, les activités menées sur le terrain ont notamment favorisé l’autonomisation des jeunes et des femmes, renforcer des capacités de cohabitation pacifique entre les groupes, et surtout particulièrement entre les peuples autochtones pygmées et d’autres groupes communautaires.
Au-delà des chiffres présentés, incluant le nombre de personnes formées et les structures unies, un plaidoyer stratégique a été mené au niveau du gouvernement provincial. Ce plaidoyer a conduit le gouverneur de la province du Sud-Kivu à prendre un arrêté historique interdisant l’exploitation des minerais, du bois et de la braise dans le Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB).
Pour la pérennisation des acquis de ce projet, l’ONG APEM compte sur le volontariat des leaders communautaires. L’organisation prévoit la continuité des opérations bien que les contraintes sécuritaires posent un problème majeur dans la zone. Toutefois, l’organisation rappelle que les acteurs qui veulent utiliser ce réseau pour des objectifs de protection du paysage du Parc National de Kahuzi-Biega pourront s’en servir afin de maintenir ces avancées.
Albert MUANDA














