
L’Institut national de préparation professionnelle (INPP) et le projet Avenir du porté par le ministère de l’Agriculture et de la Sécurité alimentaire ont scellé une alliance visant à développer un réseau local dynamique et structuré au profit des entreprises locales et artisanales. Ce partenariat entend promouvoir l’agriculture et l’emploi vert, contribuer à la réduction de la pauvreté en milieu rural, ainsi qu’à soutenir la transformation durable de l’agriculture familiale en République démocratique du Congo. la cérémonie a eu lieu ce mardi 8 septembre, à Kinshasa.
« Cet accord novateur offre un cadre concret pour créer des emplois durables et décents. Notre objectif est clair : développer les compétences locales, techniques des responsables. Concrètement, cette convention pluriannuelle engage l’INPP dans la formation, l’incubation, l’accompagnement, ainsi que dans les suivis post-formation. Au-delà du geste technique, nous accompagnerons les apprenants dans la réalisation de leurs initiatives, qu’elles soient individuelles, en unité de production ou en coopérative », a déclaré le directeur général adjoint de l’INPP, Patrick Kayembe Nsumpi.
Le partenariat ouvre par ailleurs la voie à des projets visant directement la mise en place de mécanismes d’appui technico-financiers. Il sera précédé d’une formation des jeunes filles et jeunes garçons dans plusieurs provinces, notamment le Kongo Central, le Kwango, le Kwilu, le Maï-Ndombe, ainsi qu’à Kinshasa. Ces formations porteront sur les différents métiers verts, avec une orientation claire vers des solutions concrètes pour réduire la pénibilité du travail des agriculteurs et des agricultrices, tout en accroissant la productivité rurale.
« Le projet vise à coucher environ 450 000 ménages, soit 26 millions de personnes avec une attention particulière portée aux jeunes et aux femmes. Les actions s’organisent autour de plusieurs axes complémentaires dont l’amélioration de la production agricole, désenclavement des bassins de production et accès au marché. Le projet prévoit aussi d’appuyer 8500 entreprises et initiatives entrepreneuriales dans la production, la transformation, la conservation, la commercialisation et les services connexes à l’agriculture familiale», a renseigné le coordonnateur national du projet Avenir, Justinien Bacirongo Binyoma.
Le secrétaire général à l’Agriculture et à la Sécurité alimentaire, Benjamin Toirambe a souligné que cette initiative répond à un constat majeur : la RDC dispose de potentiels agricoles immenses, mais la faible mécanisation, l’accès limité aux équipements adaptés, la dépendance vis-à-vis des matériels importés et le manque d’un personnel qualifié réduisent encore la productivité des exploitations agricoles. Il a estimé que la stratégie vise à « relever le niveau de la production en quittant le manuel pour la mécanisation du système agricole ».
« Cette initiative serait renforcée au fur et à mesure que les résultats concrets seront visibles sur le terrain. À travers cette stratégie, le Ministre de l’Agriculture et Sécurité alimentaire, sous l’oppression de Madame la Première Ministre, Cheffe du gouvernement, a bien compris que pour atteindre durablement la sécurité alimentaire, il faut s’appuyer sur les 5 piliers majeurs parmi lesquels la mécanisation. L’acte posé aujourd’hui va aider à disposer d’outils adaptés afin que nos paysans puissent travailler de grandes étendues avec les outils qu’il faut », a-t-il indiqué.
Sur le plan organisationnel, il est prévu que l’INPP déploie une équipe de formateurs et d’experts en incubation, fabrication mécanique et en accompagnement à l’entrepreneuriat agricole. Pour garantir le succès de la collaboration, un comité technique conjoint réunira chaque trimestre les parties afin d’évaluer l’avancement des activités et de valider les étapes. L’INPP prévoit également d’assurer la mise en relation directe avec les institutions financières partenaires du projet Avenir afin de faciliter l’accès aux crédits et l’installation d’ateliers opérationnels.
« Ce sont 20 plans d’affaires qui sont également élaborés pour parvenir à cette fin. Le résultat attendu au terme du partenariat est de parvenir à 120 bénéficiaires formés de manière très pratique en soudure, métallurgie, ajustage et maintenance mécanique, avec des prototypes d’ateliers et des innovations testées en conditions réelles auprès des producteurs dans les champs », a précisé le directeur de formation, Idriss Mufuka.
Cette collaboration bénéficie d’un appui technique et financier, notamment du Fonds international pour l’économie agricole digitale, du Fonds pour l’environnement mondial et de l’Agence française de développement. Les parties se sont engagées au strict respect des politiques de sauvegarde, du respect de la transparence, de la tolérance face aux harcèlements et violences basées sur le genre, ainsi que de la protection de l’environnement.
Signalons que cette convention, qualifiée de novatrice, repose sur cinq piliers essentiels. Il s’agit notamment de la fabrication d’équipements agricoles adaptés, de la maintenance et de la réparation des outils agricoles, de la commercialisation des matériels de petite mécanisation agricole, ainsi que de l’incubation des jeunes filles et des jeunes garçons porteurs de projets ou d’idées de projets agricoles.
Albert MUANDA














